Projet de loi d’entente nationale au Mali : Un processus pour laver propre les actes terroristes !

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C’est préconisé par le fameux et incontournable Accord et le pouvoir a déjà saisi l’Assemblée nationale pour le voter. Le processus est enclenché et les députés sont dans le “Kôlè” pour tisser la nouvelle étoffe juridique. Le projet de loi a pour objectif le retour de la paix par le lavage de tous les crimes terroristes de la rébellion ainsi que des rebelles. Avant de les intégrer dans les forces de défense et de sécurité ou les financer pour insertion socioéconomique.

Entre parenthèses, le projet a ses détracteurs qui estiment qu’en plus de l’impunité garantie, on impose la présence du bourreau à la victime. Tous ceux qui ont plusieurs fois retourné les armes de l’armée contre l’armée reviennent encore pour la prochaine fois. Retour au sujet. On part du principe que la Minorité Touareg a subi l’oppression, l’arbitraire et l’injustice. Que donc tout ce qu’elle a commis comme crime n’était pas le crime pour le crime, mais le crime pour la dignité, la justice et défense des droits inaliénables. De la légitime défense en un mot. Ce principe est consigné noir sur blanc dans tous les documents internationaux sur la crise malienne.

C’est ainsi que pas plus que la semaine dernière, le patron de la Minusma a encore rappelé ceci : la Minusma n’est pas venue combattre le terrorisme (mais pour la stabilisation). Normal : pour les NU et consort, les MNLA, HCUA, MAA, GATIA, MSA et autres ne sont pas des terroristes. Ce sont des « Groupes Armés ». Armés par obligation pour leurs droits. Amberi Ag Rhissa, théoricien du MNLA, qui a commis l’indicible (il est soupçonné d’avoir attiré Claude et Ghislaine chez lui pour les livrer à leurs tueurs) : « On était indépendantistes par la force des choses. On nous a tordu la main ».

Mandela et ses défenseurs ne disent pas autre chose : nous avons été obligés de passer par la terreur. Yasser Arafat, un autre ancien poseur de bombe ne dit pas autre chose. Pareil pour l’IRA irlandais, l’ETA basque, le GSPC algérien, Action Directe (France), la Cellule communiste Combattante belge, la Bande à Bader allemand, la Brigade rouge italienne, Green Peace, etc. Tous justifient la terreur par le même principe : la fin justifie le moyen.

Du coup, être terroriste est une question de considération et de classement. Cela dépend de qui fait le classement. Ben Laden ne s’est jamais considéré comme un terroriste. D’ailleurs au Mali, personne n’a eu autant de succès que lui. Ses photos, posters et autocollants ont été les articles les plus vendus sur le marché. Les motos, les voitures, les sacs, les murs des salons, les vêtements, les ateliers et salons…Ben Laden était incontournable.

C’est quand les fanatiques d’AQMI sont venus tuer que les gens ont arraché les effigies du plus célèbre des Ben. Il faut que les élites africaines divorcent d’avec les idées « prêt-à-porter » (« kala ka dlo ») des citoyens ordinaires pour vraiment approfondir la réflexion. C’est ça qui leur est demandé. Certes les Africains n’ont pas les moyens de la recherche systématique et de financer les think tank. Mais les élites peuvent faire le maximum et ensuite alimenter sainement les citoyens ordinaires pour les faire progresser.

Le niveau de nos échanges sur les réseaux sociaux est affligeant. Les niveaux sont les mêmes. Et ceux qui ont un niveau passent leur temps dans des joutes qui laissent les petits niveaux perplexes. On peut se valoriser sans pour autant être obligé de dévaloriser les autres. Et attendre que les autres proposent quelque chose pour détruire d’un mot (c’est faux ! Menteur ! Tu n’es qu’un salaud, etc.), ça n’est pas ça qui va nous faire avancer. La France n’est responsable de rien !

A.Tall

Source : aBamako

aBamako

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