Contre l’agression d’un de leur collègue : Toute la presse malienne se donne la main pour condamner et réclamer justice

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La Maison de la presse a accueilli, ce lundi 3 décembre 2018, une assemblée générale de tous les acteurs de l’information et de la communication du Mali dans le but de faire savoir leur indignation face à l’agression, la nuit du jeudi 29 novembre dernier, de Monsieur Elhadji Hamidou Touré, journaliste du site d’information « Malimedia.com », par un officier de l’armée malienne. Cela fait suite à la publication sur un détournement de fonds au sein de la Commission-vérité- justice et réconciliation (CVJR) dans lequel le nom de l’officier est cité. Cette assemblée s’est passée en présence de tous les patrons de la presse et des responsables des associations de promotion et de protection des professionnels des médias.

La question de la liberté de la presse ne cesse d’être un sujet préoccupant dans un pays qui a de la peine à panser complètement les plaies laissées par les différentes crises sécuritaires répétitives que vit le pays depuis 2012 et la division jamais enregistrée au sein des différentes couches politiques et civiles, suite à la dernière élection présidentielle de notre pays.

Après la disparition du journaliste de l’organe d’investigation « Le SPHINX », Birama Touré, dont l’affaire n’avance pratiquement pas au niveau de la justice, malgré la célébration des cérémonies funéraires par la famille du journaliste disparu, les récentes répressions de manifestations au cours desquelles beaucoup de journalistes ont été violés dans l’exercice de leur fonction ; l’outrage et la séquestration récents des droits du nommé Salif Diarra, journaliste du site « Mali Actu » dans des circonstances non encore précises ; la comparution le 29 novembre dernier de Boubacar Yalkoué, directeur de publication du quotidien « Le pays » devant le tribunal suite à une plainte de la Cour constitutionnelle ; voilà que la liste continue de s’allonger avec cette nouvelle agression sur la personne de Elhadji Hamidou Touré par le colonel Makalou, responsable de la CVJR, un organe censé apaiser le cœur de ceux dont les droits ont été violés durant cette période d’injustice.

Telles sont, entre autres, des situations qui dépassent les professionnels des médias. C’est pourquoi, au cours de leur assemblée générale, ils ont dit « trop c’est trop », et « plus jamais » de tels actes à l’encontre d’un journaliste au Mali.

Si lors de la rencontre de samedi dernier avec les responsables de la Commission-vérité justice et réconciliation (CVJR), ces derniers avaient proposé une solution à l’amiable, les confrères du journaliste victime ont dit niet à toute forme de solution amiable et veulent que cette affaire soit un exemple pour tous ceux qui se cachent derrière le pouvoir pour agir n’importe comment. Monsieur Touré est revenu sur les faits dans le but d’éclairer les journalistes sur ce qui s’est passé car il commençait à y avoir différentes interprétations négatives de la situation.

Quant à Dramane Alou Koné, président de la Maison de la presse et Bassidiki Touré, président de l’ASSEP, ils ont annoncé toutes les démarches effectuées par les différentes associations de la presse malienne en vue de soutenir Monsieur Touré dans ces moments difficiles. Ils disent avoir approché toutes les organisations nationales et internationales de défense et de protection des droits des journalistes pour leur accompagnement afin que justice soit rendue. Actuellement, une plainte est introduite au niveau de la Brigade d’investigation de la gendarmerie nationale.

Ramata Diaouré, représentante de « Reporters sans frontière » dira que cette pratique était inimaginable dans un pays comme le Mali. Elle se dit prête à accompagner toute initiative visant à lutter contre les violations de la liberté de la presse au Mali et dans le monde. L’ensemble de la grande famille des journalistes se dit engagé pour défendre les journalistes victimes de telles violations de la liberté d’expression. Enfin, un appel a été lancé pour s’unir derrière Salif Diarra de Mali-Actu qui doit comparaitre devant la Cour d’appel, aujourd’hui, mardi 4 décembre.

Issa Djiguiba et Djénéba Touré stagiaire

Source : aBamako

aBamako

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