Journée des droits de l’homme: l’ambassadeur de l’UE en communion avec des aide-ménagères

Dans le cadre de cette célébration de la Journée des droits de l’homme, qui coïncide avec le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Ambassadeur de l’Union européenne, Alain HOLLIVILLE, a effectué une visite au Centre d’accueil pour jeunes filles en détresse ‘’Bamunan, Espoir et vie’’. C’était en présence de la représentante du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, KANOUTE Hawa DOUMBIA ; du directeur exécutif de l’ONG GRADEM (Groupe de recherche action droits de l’enfant Mali), Antoine AKPLOKAN…

Dans ses mots de bienvenue, le directeur de l’ONG GRADEM a vivement remercié l’ambassadeur de l’UE pour les efforts déployés dans le cadre de la promotion et la défense des droits de l’homme au Mali. Il a également remercié la coopération allemande pour le développement (BMZ) et l’ONG Kinderrechte Africa e.V, qui ont financé la construction du Centre de protection pour enfants.

M. AKPLOKAN a noté que ces derniers mois, les témoignages recueillis permettent de constater que le regard porté sur les aide-ménagères a évolué, tout au moins pour celles qui ont eu l’occasion d’être accompagnées par les associations/ONG ou de se former avant d’aller en emploi. Certains des témoignages des aide-ménagères, rapportés par le directeur exécutif de l’ONG GRADEM, sont les suivants : « grâce à la formation, nous avons maintenant un bon salaire. Depuis la formation, les relations avec la patronne sont bien meilleures et quand mon enfant a été malade et que j’ai dû m’absenter plusieurs mois, à mon retour ma patronne m’a reprise. Avant la formation, je travaillais sans repos jusqu’à 23h. Maintenant j’ai des moments de repos et un jour de repos hebdomadaire. Avant on était insultées, maltraitées, on n’avait pas d’horaires et pas de repos, maintenant tout a changé ».

Antoine AKPLOKAN a précisé que ces améliorations enregistrées ne veulent pas dire que tout va bien. Il a noté que ces changements ne concernent que les aide-ménagères qui ont eu l’occasion de se former. Le responsable de l’ONG GRADEM a déploré qu’il n’existe ni de structures formelles de placement d’aide-ménagères, ni de politiques gouvernementales de placement à l’emploi des jeunes filles aide-ménagères au Mali.

A son tour, l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Alain HOLLIVILLE, a affirmé qu’avec le soutien de l’UE, entre 2016 et 2018, le Centre ‘’Bamunan, Espoir et vie’’ a accueilli beaucoup de filles aide-ménagères mineures de Bamako victimes d’abus. Selon Alain OLIVIER, ce projet mis en œuvre par l’organisation de la société civile Kinderrechte Africa (KIRA) et son partenaire au Mali GRADEM, avait pour objectif d’améliorer les conditions de travail de ces jeunes filles aide-ménagères mineures, tout en leur offrant des perspectives d’avenir et de développement personnel.

Il a souligné qu’un réseau de protection a été constitué dans le cadre de ce projet et devrait réussir à perdurer au-delà de la période de mise en œuvre, afin d’offrir un soutien durable aux jeunes filles aide-ménagères.

« Aujourd’hui, l’Union européenne et ses Etats membres se joignent aux Nations unies et à de nombreux autres acteurs pour appeler les Etats et les citoyens à défendre les droits de l’homme, à l’occasion de la journée des droits de l’homme 2018. Ce combat n’est jamais acquis, ni gagné nulle part, que ce soit dans l’Union européenne ou au Mali. Il n’existe pas de paradis des droits de l’homme sur cette terre. Mais il existe des pays où il est plus aisé de faire valoir ses droits, particulièrement lorsqu’on est en situation vulnérable, comme les jeunes filles que nous rencontrons aujourd’hui », a affirmé Alain HOLLIVILLE.

La représentante du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, KANOUTE Hawa DOUMBIA, a affirmé que l’exode des enfants est de plus en plus encadré par différentes initiatives de l’Etat, de la société civile et des ONG pour plus de respect des droits des enfants à vivre en famille, à avoir une éducation, à être protégé contre les violences, les abus, les pires formes de travail…

Elle a souligné que la mise en œuvre du projet a permis la formation de 305 acteurs en droit de l’enfant travailleur ; la diligence dans le traitement des dossiers des jeunes filles victimes, par la brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance ; l’accompagnement de Wildaf à travers la mise à disposition d’avocats, la bonne collaboration entre les différentes structures…

Cette visite a été également l’occasion, pour l’Ambassadeur de l’Union européenne, d’échanger à bâtons rompus avec les aide-ménagères mineures bénéficiaires et les différents partenaires de mise en œuvre. Il a posé une série de questions aux filles, sur les avantages qu’elles tirent de leur séjour dans le Centre et ce qu’elles comptent faire une fois de retour chez elles.

Comme résultats engrangés par le projet, l’on retient entre autres, un Recueil sur les droits des enfants travailleurs au Mali ; 262 jeunes filles aide-ménagères accueillies/prises en charge dans le centre spécialisé ‘’Bamunan, Espoir et vie’’, 235 acteurs de protection formés et sensibilisés sur les droits et devoirs ; un réseau d’assistance constitué par 11 organisations pour coordonner et renforcer les efforts et faire du plaidoyer pour l’amélioration des conditions de travail, 2.161 jeunes filles aide-ménagères accompagnées par le projet dans 20 espaces d’éducation, les 4 structures de placement et les 18 grand-logeurs partenaires du projet qui ne placent plus d’enfants de moins de 15 ans à l’emploi domestique.

PAR MODIBO KONE

Source : aBamako

aBamako

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