Loi d’entente nationale: les 51 organisations exigent au retrait du projet

51 Organisations de défense des droits humains et associations de victimes ont organisé une conférence de presse, ce mardi 11 décembre, à la Maison de la presse, suite à l’annulation de leur marche pacifique. La conférence s’est tenue à la Maison avec comme thème, le Retrait du projet de la loi d’« Entente nationale » sur la table de l’Assemblée nationale.

La conférence était animée par Moctar MARIKO, président de l’AMDH en présence de Salif FOFANA représentant de Amnesty internationale ; Aminai MAIGA, Présidente du Conseil National des Victimes et de plusieurs participants.

Selon le conférencier, c’est par souci d’éviter la violence et de préserver la sécurité des marcheurs qu’ils ont décidé d’organiser une rencontre avec la presse pour partager leur préoccupation. Le président a rappelé que les organisations sont les acteurs du mouvement démocratique et au-delà participent pleinement à l’avènement d’un État de droit respectueux des valeurs universelles et se disent engagées dans leur mission et leur noble combat, celui de la défense des droits de l’homme. Les organisations regrettent que de telles pratiques soient faites pendant que le monde entier célèbre le 10 décembre en commémoration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Selon le conférencier, la rencontre avait pour but d’éclairer les organes de la presse, les acteurs de la vie civile que le projet de loi d’entente nationale que les députés s’apprêtent à voter est un projet mal inspiré, car ne prenant pas en compte les préoccupations des victimes. Les intervenants ont spécifié que le texte de ladite loi a été élaboré sans l’implication ni la consultation des organisations de défense des droits de l’homme et des victimes eux-mêmes. Toute chose qui, selon Me MARIKO, est contraire à l’esprit des pratiques et textes internationaux en la matière. Par conséquent, il a exhorté les autorités à surseoir au processus et à engager des consultations sur ledit projet de loi. Il a spécifié également que ces textes ne pourraient permettre l’entente nationale, sinon la réconciliation et la paix, en ignorant les victimes et en bafouant leurs droits. Pour preuve, poursuit le conférencier, les réparations prévues par le projet de la loi sont très limitées, si les victimes ne sont pas exclues des réparations.

« On peut imaginer que cette approche sera même incompatible avec les recommandations de la CVJR qui a mené des consultations auprès des victimes », a soutenu Moctar MARIKO. Aussi, le projet est-il muet quant au sort qui sera réservé aux victimes des crimes considérés comme trop graves (jusqu’à quel niveau l’auteur d’un crime peut-il bénéficier d’un armistice ?) Il (le projet de loi d’Entente nationale) est aussi muet sur le sort des victimes « de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, les viols et tout autre crime réputé imprescriptible », a dit le conférencier.

En définitive, les organisations appellent tous les citoyens à prendre connaissance du texte et à se mobiliser contre son adoption. Elles interpellent l’Assemblé nationale, les députés afin qu’ils mesurent l’ampleur de la gravité des conséquences du texte pour la justice et la réconciliation. Les organisations ont fait des propositions au gouvernement, aux députés et à la Communauté internationale allant dans le sens de :

Différer l’adoption du projet de loi dit « d’entente nationale » tel que rédigé actuellement ; l’implication, la consultation et la prise en compte des préoccupations des associations de victimes ; l’abrogation de l’arrêter illégal et injustifié du Gouverneur ; l’engagement d’un dialogue direct entre les députés et les associations de défense de droits humains…

Par Almamy Malicki SYLLA

Source : aBamako

aBamako

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