“Gilets jaunes”: l’exécutif va détailler ses mesures après une décrue de la mobilisation

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Édouard Philippe doit préciser les modalités des mesures en faveur des “gilets jaunes”, après une forte baisse de leur mobilisation samedi qui fait espérer au gouvernement une sortie de crise. Avant que ne s’engage la concertation pour apaiser la colère sur la durée.

Dans un entretien au quotidien Les Echos, “le Premier ministre va détailler le calcul et les modalités exactes” des gestes annoncés par Emmanuel Macron, dont la hausse de 100 euros sur les revenus au niveau du Smic, a rapporté dimanche sur LCI la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

Même si plusieurs appels à un acte VI circulent sur les réseaux sociaux pour samedi prochain et même vendredi, jour des 41 ans d’Emmanuel Macron, l’apaisement était palpable dimanche en régions.

Une manifestation à Clermont-Ferrand a rassemblé 900 personnes environ (contre 750 le 1er décembre et 1.500 la semaine dernière) et s’est déroulée dans le calme, les “gilets jaunes” locaux appelant à reconduire la mobilisation le week-end prochain.

En Vaucluse, pas de mot d’ordre pour le week-end prochain. Les “gilets jaunes” vont “réfléchir à des actions qui ne vont pas gêner la population”, comme dans l’Aube, et se retrouveront lundi pour élire des représentants.

A Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), une trentaine d’irréductibles équipés de tronçonneuses et très remontés contre Emmanuel Macron consolidaient toutefois leur cabane en bois près d’une ancienne concession automobile.

– CRS à la campagne –

Si tous les ronds-points ne seront pas évacués en un jour, le gouvernement ne cache pas son soulagement. “Les combats sont finis, le débat c’est maintenant”, a souligné sur France 3 le président de l’Assemblée Richard Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron, sans exclure l’envoi de “CRS ou de gendarmes à la campagne” pour “libérer l’espace public”.

Une source policière fait valoir que les déblocages se poursuivront “au cas par cas”. Mais l’objectif est clair, selon la source: la question des ronds-points sera traitée.

Un nombre de manifestants divisé par deux (66.000), moins de blessés, d’interpellations et de voitures qui brûlent: après un mois de blocages, des centaines de milliers de personnes dans les rues et des scènes d’insurrection, la journée de samedi a marqué, selon Jérôme Sainte-Marie, sondeur à Pollingvox, “la fin d’un cycle de mobilisation”.

Signe d’encouragement pour l’exécutif, un sondage Opinionway pour LCI publié dimanche faisait remonter la popularité d’Emmanuel Macron de deux points, à 31% de satisfaits.

Mais pas question de crier victoire. “Si la participation est moindre, les problèmes ne sont pas résolus pour autant”, a averti François Bayrou, patron du MoDem et allié de la majorité.

– “L’engagement sera tenu” –

Difficile de conclure à une quelconque défaite des “gilets jaunes” qui ont obtenu bien plus que les syndicats ou partis d’opposition avant eux.

Annulation de la hausse de la taxe carbone, gel des tarifs de l’électricité et du gaz, hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, heures supplémentaires défiscalisées, exemption de hausse de CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros… la liste des concessions arrachées au président Macron est spectaculairement longue.

L’exécutif a intérêt à tenir ses promesses. Son allié du MoDem François Bayrou a insisté sur BFMTV sur “la réalisation concrète de ce qui a été promis. C’est à partir de cela qu’on verra”.

“L’engagement du président sera tenu”, a assuré Richard Ferrand. Qui en appelle à “la responsabilité des parlementaires” pour valider jeudi à l’Assemblée et vendredi au Sénat les mesures, afin qu’elles soient applicables dès le 1er  janvier .

Au-delà des mesures, qui coûteront 10 milliards d’euros à l’État selon M. Ferrand, les “gilets jaunes” ont réussi à pousser le président Macron à modifier sa manière d’exercer le pouvoir.

Le président “sera désormais obligé d’avoir une attitude plus attentive avec les corps intermédiaires”, souligne Jean-Daniel Levy, de Harris Interactiv.

– “Complexe du plouc” –

Cette tentative de rapprochement doit se cristalliser lors de la “grande concertation nationale” que l’exécutif lance sur deux mois et demi, et dont les détails doivent être connus dans la semaine. Il doit s’appuyer fortement sur les maires et aborder quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l’État et démocratie et citoyenneté –où a été insérée l’immigration).

En préambule, l’Association des Maires ruraux de France a lancé un appel demandant à la France périphérique de se “débarrasser du +complexe du plouc +” pour “imposer” une parole commune face à la “cécité” de beaucoup de dirigeants.

Selon le président de cette association Vanik Berberian, l’ouverture de cahiers de doléances dans de nombreuses communes a rencontré “un très grand succès”.

Pour François Bayrou, ce débat va, si “on le fait bien”, “changer l’avenir du pays”. Jean-Luc Mélenchon en revanche, estime que ce ne sera qu’un “grand blabla”.

Après la taxe carbone, les revendications des “gilets jaunes” se sont rapidement élargies à d’autres thèmes. Samedi, ils étaient nombreux à réclamer l’organisation d’un “RIC”, un référendum d’initiative citoyenne.

Richard Ferrand s’est dit prêt à ouvrir ce débat “à condition que l’on fixe” certaines règles pour s’assurer “que l’expression populaire ne soit pas trahie par des minorités”.

Les revendications diverses et parfois contradictoires d’un mouvement aussi peu structuré rendent très difficile toute prédiction quant à ses éventuels débouchés politiques. “Qu’ils s’organisent et qu’ils aillent aux élections”, a suggéré M. Ferrand.

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(©AFP / (16 décembre 2018 19h42)

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Source : Maliweb

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