Sans Tabou: station d’eau potable de Kabala, un rendez-vous manqué

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Pour son approvisionnement en eau potable, les populations de la capitale doivent encore prendre leur mal en patience. Et pour cause, la station de pompage, tant annoncée à grand renfort de publicité, accusera un retard de trois mois. Pourtant, le nouvel équipement de pompage à partir de Kabala, prévu pour la mi-décembre, était censé apporter enfin une solution au déficit chronique d’eau de la capitale. Dans la conduite et les livraisons, transports et acheminement des équipements, il y a eu quelques retards dus surtout à la longueur des frets maritimes, se justifie-t-on au ministère de l’Énergie et de l’eau.

Le ministre de l’Énergie et de l’eau, Sambou Wagué, était le vendredi 14 décembre 2018 (à 24 heures donc du délai contractuel initial) sur le chantier de la station d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako et environs, à partir de Kabala. Sambou Wagué a saisi cette occasion pour annoncer, sans réelle surprise la nouvelle de ce nouveau retard : la mise en fonctionnement de la station de Kabala n’est plus possible pour ce mois de décembre, comme précédemment annoncé, mais plutôt reportée au… 15 mars 2019. En effet, en fin octobre, comme pour préparer les esprits à ce retard, un incendie avait éclaté sur le chantier : ‘’un des deux décanteurs du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de Kabala a pris feu aux environs de 11 h. Pas de perte en vies humaines, mais les dégâts matériels sont estimés à plusieurs centaines de millions de francs CFA’’, avait-il été annoncé. Cet incendie survenait alors que la fin des travaux du projet de pompage de Kabala était prévue pour cette fin de décembre. Dès lors, l’échéance arrêtée de la mi-décembre était du coup compromise et la satisfaction des demandes pressantes des populations en eau devrait accuser un retard de 3 à 4 mois. En annonçant ainsi ce vendredi, le report de l’opérationnalisation du réseau d’eau de Kabala pour le 15 mars prochain, le ministre Wagué n’a fait que répéter une chanson déjà entendue des Bamakois.

Pour justifier ce retard, qui n’était prévu nulle part dans ce gigantesque projet, la mission de contrôle a indiqué que dans la conduite et les parties ‘’livraisons, transports et acheminement des équipements’’, il y a eu quelques retards dus surtout à la longueur des frets maritimes.

Si les entreprises peuvent se permettre de couvrir leurs lacunes avec ces arguties, du côté des consommateurs, dont les robinets sont à sec et qui perdent tout espoir à cause du manque d’eau, l’argument est trop léger, s’il n’est pas jugé fallacieux. Aujourd’hui, le manque d’eau frôle l’intolérable pour des milliers de familles des quartiers périphériques de la capitale. Des familles passent des journées, voire des semaines sans eau dans leur robinet. L’engagement pour mi-décembre de la fin de leur calvaire constituait pour ces familles un espoir, qui vient être déçu. Si l’on ne peut parler, pour le moment, de faux bond des autorités, un rendez-vous important vient d’être manqué sur lequel les habitants de la capitale misaient pour l’amélioration de leur cadre de vie, à travers la fin de la corvée d’eau.

En effet, Kabala est la principale station de pompage, après la première construite en 1956. Il participe au renforcement de la production pour que toutes les populations, qui sont aujourd’hui raccordées au réseau SOMAGEP, puissent disposer de l’eau courante 24 h/24 h dans leurs familles et de procéder à une extension du réseau afin de raccorder les familles qui ne le sont pas encore.

Avec l’explosion démographique, la demande en eau de la ville de Bamako dépasse la production. Depuis 2009, aucune augmentation de capacité n’a été réalisée et pendant la même période, le nombre d’abonnés a augmenté de 40 %. Pour faire face à cette situation, il faut créer une nouvelle capacité de production d’eau de 140.000 m3/jour.

Le projet permettra la construction d’une station de traitement d’eau d’une capacité de 144.000 mètres cubes par jour, la réalisation de 20.000 mètres cubes de stockage, 300 kilomètres de conduites, 70.000 branchements et 400 bornes fontaines.

Par Sidi Dao

Source : aBamako

aBamako

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