Création d’un troisième syndicat de la magistrature: la division du SAM consommée!

L’assemblé ordinaire de création du 3e syndicat de la magistrature, dénommée Référence Syndicale des magistrats (RFSYMA), s’est tenue ce lundi 17 décembre, à la cour suprême, sous la présidence de Cheick Mohamed Cherif KONE, anciennement président du Syndicat Autonome de la Magistrature, SAM, en présence de Dramane Diarra et de plusieurs magistrats.

Pour M. Koné, le SAM, dont il avait été exclu et remplacé par une direction provisoire, qui était hier le plus grand syndicat de la magistrature, est devenu méconnaissable de par les agissements de ses dirigeants actuels. La majorité silencieuse des maliens et même des militants n’apprécient plus ce syndicat qui passe aujourd’hui, sur le plan international, comme le pire modèle de syndicalisme parmi les associations membres de l’Union Internationale de la Magistrature, UIM. Son ancien président juge que le SAM est aujourd’hui composé d’opportunistes sans conviction, ni éducation judiciaire et qui ont une conception négative de l’indépendance du magistrat. Cheick Mohamed Cherif KONE stigmatise sévèrement ses anciens camarades qu’il condamne comme des opportunistes qui ne sont même pas à jour dans le paiement de leurs cotisations et que d’ailleurs, les 4/5ème sont incapables de justifier leur appartenance à ce syndicat. Juste pour dire, estime-t-il, que ce n’est pas le nombre qui fait la force d’un syndicat, mais plutôt la qualité et le niveau de compréhension de ses membres. Selon Chérif KONE, il faut trouver une solution pour réhabiliter le SAM, à défaut envisager une autre formule pour permettre aux magistrats de retrouver très rapidement la considération et le respect qu’ils sont en droit de mériter. L’ancien président du SAM regrette de voir les membres du bureau se livrer à des comportements honteux contraires à la déontologie, pour la sauvegarde d’intérêts personnels. Dans une situation normale, un seul syndicat serait suffisant pour représenter les magistrats du Mali, mais la question est de savoir comment concilier deux options contradictoires au sein d’un seul syndicat, souligne Chérif KONE. La seule option viable est de créer une tendance dans laquelle se reconnaîtra l’ensemble de la famille judiciaire, manifeste de leur attachement à la légalité des actions syndicales et une tendance qui sera rigoureuse sur les principes de l’IUM et respectueuse de la déontologie judiciaire, est convaincu M.KONE. Or, ce qui se passe aujourd’hui, c’est que le SAM est animé par une tendance par trop indisciplinée, qui n’a que faire de la loi ou des principes de l’IUM dont le Mali est membre et pour laquelle tendance les droits et libertés des citoyens constituent le dernier souci. Chérif KONE affirme que dans ces circonstances, laisser un syndicat comme le SAM entre des mains aussi incertaines que destructrices, serait synonyme de fuite de responsabilité. Selon lui, c’est en prenant en compte tous ces aspects, que lui et ses camarades ont décidé de la création d’un troisième syndicat, la RFSYMA, à travers lequel ils entendent s’assumer. Ce troisième syndicat dispose de tous les moyens humains pour ce faire, et assure être déjà sollicité et encouragé par des collègues des deux syndicats existants, et bénéficierait également du soutien de collègues qui, du fait de leur statut ou position, ne peuvent pas jouer un rôle actif sur le plan syndical. Pour conclure, Chérif KONE souligne que c’est la méconnaissance des obligations et des devoirs syndicaux qui sont à la base de la division du SAM. Le patron du nouveau syndicat de la magistrature et ses camarades se disent loin d’abdiquer en abandonnant le syndicalisme au sein de la magistrature entre des mains aussi incertaines. Les animateurs de la nouvelle mouvance syndicale se disent déterminés et acceptent d’assumer les responsabilités qui sont les leurs, en tant que magistrats dignes de ce nom. «Pour cela, nous n’avions d’autre choix que de créer le cadre approprié permettant de poursuivre le syndicalisme dans le respect de la loi et conformément aux principes de l’IUM. Il en va du bonheur de la magistrature», se justifie le Président de la RFSYMA, le nouveau syndicat.

Almamy Malicki Sylla (Stagiaire).

Source : aBamako

aBamako

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