Au Mali, le groupe djihadiste d’Amadou Koufa toujours actif malgré sa mort annoncée

Le Front de libération du Macina au Mali a revendiqué le rapt de Saidou Togo. L'enlèvement de cet enseignant a été commis par le groupe djihadiste d'Amadou Koufa, donné pour mort par les forces françaises et maliennes.

Pour Nicolas Normand, spécialiste des questions sécuritaires dans le Sahel, le cas d’Amadou Kouffa est identique à celui de Mokthar Belmokthar dont il est difficile de savoir s'il est encore en vie.

Nicolas Normand : Il ne suffit pas seulement de tuer quelques têtes. Il y a évidemment des causes profondes du djihadisme qui affectent notamment le Sahel, la Somalie, le nord du Nigeria.

Au Mali, par exemple, Abou Zeid a été tué en 2013, Abdelkrim al-Targui en 2015, et plus récemment Amadou Koufa.

DW : La mort d’Amadou Koufa, parlons en justement. La mort de ce prédicateur radical a été annoncée fin novembre par l’armée malienne et les forces françaises stationnées dans la région. Mais cette information a été récemment démentie par AQMI. Que peut-on en déduire ?

Nicolas Normand: D’après les informations non encore prouvées, il semblerait qu’Amadou Koufa ait été blessé grièvement lors d’un raid aérien de l’armée française, conjointement mené sans doute avec l’armée malienne.

Mais dans les contradictions, pour prétendre qu’il est vivant, il faudrait également donner une preuve mais il n’y a pas eu de preuves. Moi, je ne connais pas son sort définitif mais il est probable qu’il soit hors d’état de nuire.

Cela rappelle un peu l’affaire Mokhtar Ben Mokhtar parce que dans ce cas aussi il y a eu des démentis sur son assassinat, on n’a pas pu prouver qu’il était mort.

Et ce n’est pas la première fois que des chefs sont tués ou écartés, éliminés. Mais il faut savoir qu’ils ne sont pas seuls, ils ont des groupes avec eux, ils ont des adjoints.

Visiblement, l’action militaire a montré ses limites. Elle n’est pas suffisante contre une idéologie, elle n’est pas non plus suffisante contre l’absence de l’Etat, contre la misère, l’absence de développement, etc...

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Source : aBamako

aBamako

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