Polémique autour du projet « d’autorisation de l’homosexualité » au Mali : Le duo IBK-SBM échappe à une autre fronde déstabilisatrice

En bon stratège politique très au parfum des risques que peut courir la gouvernance en laissant se poursuivre cette réforme visant à introduire de nouvelles valeurs dites d’éducation sexuelle complètes » dans le système éducatif national, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, sur instruction du président de la République, a vite actionné un rétropédalage salutaire. Mais cette polémique ne laissera-t-elle pas des séquelles ?

Maliweb.net En vue d’ouvrir le système éducatif malien à des concepts plutôt barbares et suspects de dépravation des mœurs, le gouvernement, à travers le ministère de l’Education nationale, a initié un manuel prônant une certaine « tolérance sexuelle » à enseigner dans nos écoles. Et en droite ligne des travaux et échanges devant aboutir à l’élaboration définitive du texte, patatras ! Le président du Haut Conseil islamique, l’imam Mahmoud Dicko a brandi à l’opinion nationale et internationale l’aspect propension à l’autorisation de l’homosexualité. Les réseaux sociaux s’en sont suffisamment enflammés. Et la suite, c’est la rencontre du Premier ministre avec les leaders religieux et les notabilités coutumières pour en arriver à la suspension du processus. Cela a failli provoquer un meeting susceptible de secouer une nouvelle fois la gouvernance du pays, non encore exorcisé de la crise politique née de la dernière élection présidentielle.

Il faut souligner qu’avec la contestation électorale qui n’a pas encore connu son épilogue, suite à la réélection du président IBK, les mécontentements se sont exacerbés au niveau de certaines franges des populations. Ces frustrations se sont amplifiées surtout avec la méthode répressive utilisée par le pouvoir pour taire ou dissuader la colère des opposants et des autres contestataires de la gouvernance.

En effet, les mesures d’interdiction des marches et autres meetings des adversaires du pouvoir ont été abondamment dénoncées non seulement par l’opposition mais aussi par une bonne partie de la société civile, notamment les organisations de défense des droits de l’Homme. L’on cherchait donc une occasion favorable pour briser ce diktat du Premier ministre et du gouverneur de Bamako. C’est pourquoi, la dénonciation de l’imam Mahmoud Dicko est apparue comme une véritable bouée de sauvetage pour tous les mécontents, visiblement en quête d’une occasion de mobilisation et de défiance du pouvoir. Et le meeting annoncé par le leader religieux, qui est en froid avec le locataire du palais de Koulouba, devenait une menace sérieuse pour le régime, tant, comme le disait Karl Marx, « la religion est l’opium du peuple ».

En effet, nul ne doute de la capacité de mobilisation de l’imam Mahmoud Dicko, qui bénéficie du soutien sibyllin du chérif de Nioro, autre leader religieux dont les rapports avec IBK se sont sérieusement détériorés dans le sillage de la dernière élection présidentielle. Il s’en suit que Mahmoud Dicko et le Chérif Bouillé main dans la main dans « un combat de sauvegarde des valeurs religieuses », cela deviendrait ipso facto une véritable bombe capable de faire sauter la colline de Kouloubaa. C’est cette analyse pertinente que le duo IBK-SBM a rapidement faite pour en arriver à la décision de retrait ou de suspension du processus de cette réforme du système éducative. Il y est parvenu  avec tact en optant avec diligence pour la méthode du diviser pour régner ou pour affaiblir de l’organisation faitière des musulmans du Mali, le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM). Le pouvoir a ainsi pu avec célérité isoler un tant soit peu l’imam Mahmoud Dicko en créant un certain vide autour de lui. Et, en réunion extraordinaire du HCIM, le président Dicko s’est retrouvé en minorité par rapport à l’opportunité de la tenue du meeting d’information et de protestation. Conséquence : la majorité du bureau du HCIM décide de reporter ce meeting à une date ultérieure. Ce qui n’a pas empêché les fidèles de l’imam et de nombreux mécontentes et cadres politiques proches de l’opposition de se rassembler pour constater que IBK vient d’échapper à une initiative populaire de déstabilisation.

Mais la question se pose de savoir quelles seront les conséquences de cette situation de défiance. On assistera désormais à une plus grande division entre les leaders religieux du pays, en particulier entre les responsables du HCIM. Si le duo Dicko-Bouillé va piloter la branche des anti-IBK, accusé de négligences dans la protection des valeurs religieuses, les Ousmane Chérif Haïdara et les autres seront les probables soutiens du régime IBK contre tous les vents  à tendance insurrectionnelle qui ne manqueront pas de souffler. Surtout que les opposants sont aujourd’hui plus qu’hier en train de fourbir les armes pour bloquer à nouveau le projet de révision de la Constitution. Toute situation qui ne sera pas du pain béni pour IBK et son Premier ministre.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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