Mali: nouvel an meurtrier dans le Centre, 33 Peuls tués dans le Centre

1

Bamako - Le Mali a entamé l’année 2019 avec une attaque meurtrière dans le centre, où 33 habitants d’un village peul ont été tués mardi dans une attaque attribuée à des Dogons, dix jours après que les autorités ont promis de renforcer la sécurité dans la région.

"Il y a eu 33 morts, des civils, et des blessés" dans le village peul de Khoul Hogo Peul (centre), a déclaré à l’AFP Karim Keïta, le fils du chef d’Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta. Karim Keïta est député et président de la commission Défense de l’Assemblée nationale. Ce bilan a été confirmé par
une source de sécurité.

Selon cette source de sécurité et un témoin, l’attaque avait été menée par des chasseurs dogons. Les chasseurs traditionnels, dits "dozos", reconnaissables à leur tenue et à leurs fétiches, prétendent protéger les Dogons contre les Peuls, alors que le conflit entre les deux communautés s’est exacerbé.

"De nombreuses maisons (ont été) incendiées" dans le village de Khoul Hogo Peul, à 117 km de la ville de Bankass, dans la région de Mopti, principale ville dans le centre du Mali, a précisé la source de sécurité.

Cette attaque survient après la visite les 21 et 22 décembre du Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga à Mopti. M. Maïga avait ensuite annoncé que le gouvernement allait "renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans la région".

"Les assaillants sont des hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos. (Ils) ont attaqué le village aux environs de 05H00 (GMT et locale) ce mardi 1er janvier 2018. Il s’agitvraisemblablement d’un groupe armé dogon", a affirmé à l’AFP la même source de sécurité jointe à Mopti.

"C’est une milice dozo qui nous a attaqués tôt ce matin. Ils étaient tous armés, habillés en tenue dozo. Notre chef de village Moussa Diallo a trouvé la mort dans cette attaque, ainsi que des membres de sa famille, dont une fillette et des vieilles femmes", a confirmé à l’AFP Allaye Yattara, un éleveur peul du village.

"Nous avons eu la vie sauve parce que nous étions sortis très tôt pour conduire les animaux. Ce sont les coups de feu qui nous ont fait rebroussé chemin", a-t-il ajouté.

"Seule l’enquête nous permettra de connaître les raisons (de cette attaque). Nous condamnons cet acte criminel", a souligné Karim Keïta, qui a précisé avoir rendu visite mardi à des blessés dans un hôpital de Mopti, ville où il avait passé le réveillon en compagnie de militaires maliens.

- Violences intercommunautaires -

"C’est vraiment consternant de débuter l’année par une telle attaque. Nous sommes venus nous réjouir aux côtés de nos forces de défense et de sécurité et voilà que cet événement tragique survient ce matin", a dénoncé M. Keïta.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture.

Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l’ONU.

Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l’armée malienne, selon Paris et Bamako.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

kt/mrb/thm

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here