Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies « Je demeure extrêmement préoccupé par les conditions de sécurité au Mali, en particulier dans le centre du pays »

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Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a publié, le 28 décembre 2018, son rapport trimestriel sur la situation au Mali. Ce rapport de 18 pages décortique sans complaisance la situation sécuritaire, humanitaire, politique et juridique qui prévaut au Mali. Le rapport évoque également le processus de paix au Mali à travers la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Le rapport de Antonio Guterres révèle qu’il y’ a eu 192 attaques à l’engin explosif improvisé. En outre, dans le centre du pays, le rapport précise qu’il y a eu 109 attaques faisant 108 morts et 43 blessés au cours des trois derniers mois.« Je demeure extrêmement préoccupé par les conditions de sécurité au Mali, en particulier dans le centre du pays. Il faut remédier de toute urgence à cette situation en adoptant une stratégie plus intégrée et globale sous peine de la voir se détériorer davantage», a déclaré le secrétaire général des Nations Unies.
« Au total, 48 attaques à l’engin explosif improvisé ont été enregistrées au cours de la période considérée. Le nombre d’attaques de ce type n’a cessé d’augmenter depuis janvier 2018, pour atteindre 192, alors qu’il n’y en avait eu que 124 pendant la même période en 2017 », a souligné le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres dans son rapport trimestriel sur la situation au Mali. Avant d’ajouter que les groupes armés auraient mené 64 attaques, dont 35 contre les Forces de défense et de sécurité maliennes, 7 contre la MINUSMA, 2 contre des sous-traitants de la Mission, 16 contre les groupes armés signataires et 1 contre les soldats de l’opération Barkhane. Les plus touchées, dit-il, ont été les régions de Mopti (24 attaques), de Tombouctou (13 attaques), de Gao (12 attaques), de Kidal (7 attaques), de Ménaka (4 attaques), de Ségou (3 attaques) et de Kayes (1 attaque). Il a fait savoir que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a revendiqué deux attaques asymétriques au cours de la période considérée. «Dans le centre du pays, bien que le nombre d’attaques (109) ait baissé par rapport à la période précédente, les civils ont continué d’être les victimes d’attaques ciblées et d’affrontements intercommunautaires impliquant des groupes armés d’autodéfense et des groupes extrémistes violents armés : au cours de la période considérée, 108 ont été tués (dont un enfant) et 43 blessés (dont cinq enfants et une femme)», a déclaré le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres. Selon lui, la présence limitée de l’autorité de l’État dans certaines parties du centre et du nord du Mali a continué de laisser la voie libre aux groupes extrémistes violents qui ont pu y étendre leur influence. Pour lui, la situation est restée très préoccupante sur le plan des droits de l’homme, en particulier dans le centre du pays et le long des frontières des régions de Tombouctou, Gao et Ménaka avec les autres pays, où de graves violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits ont de nouveau été signalées. Et d’ajouter que la MINUSMA (Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation du Mali) en a recensé 90 cas, qui ont fait au moins 163 victimes, dont 12 femmes et 18 enfants. Idem pour la situation humanitaire demeurée précaire en raison de l’intensification des conflits armés, de la criminalité et des graves inondations. Dans le plan de réponse humanitaire pour 2019, Antonio Guterres a indiqué qu’il était estimé que 7,2 millions de personnes seraient touchées dans l’année, dont 3,2 millions auraient besoin d’assistance. Dans ses observations, le secrétaire général des Nations Unies a fait savoir que le lancement du processus accéléré de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration dans les régions de Gao, de Kidal et de Tombouctou est un pas encourageant vers la formation d’une armée malienne reconstituée et réformée. « Je demeure extrêmement préoccupé par les conditions de sécurité au Mali, en particulier dans le centre du pays. Il faut remédier de toute urgence à cette situation en adoptant une stratégie plus intégrée et globale sous peine de la voir se détériorer davantage. J’appelle le Gouvernement à redoubler d’efforts afin de trouver une solution aux causes profondes du conflit et de régler les problèmes de sécurité dans les zones concernées. La présence des Nations Unies dans le centre est en passe d’être renforcée afin de soutenir le programme de stabilisation multidimensionnel du Gouvernement, l’accent étant mis sur les efforts de réconciliation et de médiation locale », a dit Antonio Guterres. Il exhorta le Gouvernement à redoubler d’efforts pour enquêter sur les infractions qui risquent de déstabiliser le processus de paix, y compris les infractions liées au terrorisme, et à en traduire les auteurs en justice. Enfin, il s’est réjoui du fait que les promesses de financement de la première phase du programme d’investissements prioritaires du Groupe de cinq pays du Sahel pour la période 2019-2021 aient atteint le montant de 2,4 milliards d’euros.
Aguibou Sogodogo

Source : aBamako

aBamako

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