Edito : 2019, année de tous les risques ?

L’année 2019 s’annonce mal pour les tenants du pouvoir actuel. Après la ferveur de la victoire d’IBK, jusque-là contestée par une frange importante de l’Opposition incarnée par Soumaila Cissé, l’heure est maintenant à la gestion du pays. Ainsi, de la turbulence des ex rebelles au nord qui refusent tout compromis autour de l’Etat unitaire du Mali et semblent déterminé à s’affranchir de la tutelle de Bamako, se sont greffées deux crises majeures l’une communautaire au centre et l’autre sociale.

En effet, s’il faut reconnaitre qu’après la signature de l’Accord pour la paix, les armes n’ont plus crépité entre les Fama et les groupes armés rebelles, il n’en demeure pas moins que Kidal et une bonne partie du septentrion malien échappent toujours au contrôle de l’Etat central. Le seul espoir que les ex rebelles nourrissent aujourd’hui est celui de voir appliquer intégralement et diligemment le fameux accord qui scellerait pour certains la partition du Mali.

Nombreux sont les observateurs de la scène politique malienne qui s’accordent à dire qu’il y a un machiavélique plan en marche, consistant à endormir les Maliens avec la crise du centre et prouver à la face du monde que les autorités de Bamako sont incapables de gouverner un territoire deux fois plus vaste que France. Alors, il faut encourager l’autonomie de toutes les régions.

Aujourd’hui, pour des intérêts géopolitiques inavoués de certaines puissances extérieures, en complicité avec certaines autorités nationales, on a créé de toutes pièces un conflit au centre entre deux communautaires qui ont vécu en parfaite symbiose pendant des siècles. Les dogons et les peulhs, bien qu’exerçant des activités souvent antinomiques, à savoir l’agriculture et l’élevage, ont su trouver un élément fédérateur et ont transformé leur différence en complémentarité.

Le conflit communautaire au centre est une manière de nous détourner du nord. Il est une pure création des puissances qui veulent nous diviser pour atteindre leurs objectifs, qui sont entre autres permettre à la minorité touareg de s’affranchir de la domination noire, de s’accaparer de l’immense richesse du septentrion malien et de réaliser le vieux projet colonial au sahel.

Comme si cette gravissime et récurrente crise sécuritaire ne suffisait pas, nous voici enliser dans une autre tout aussi grave qui est la crise sociale. Cette dernière est sans précédent parce qu’elle touche tous les secteurs et a poussé les travailleurs à agir ; d’où l’appel à la grève de la principale centrale syndicale des travailleurs du Mali, UNTM. Cette grève qui a duré 72 heures et qui a paralysé totalement le pays, a été précédée par d’autres, comme celles des enseignants, des magistrats, des banques et des sociétés de transports.

En tirant les leçons de toutes ces crises, le Président de la République a désormais deux options : convier toutes les intelligences de quelques bords sociopolitiques qu’elles soient, autour du Mali, ou laisser la situation se dégrader davantage avec le risque d’une noyade collective. Qu’à Dieu ne plaise.

Youssouf Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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