Développement économique: comment la Minusma roule contre le Mali

Tout en dénonçant le peu de dividendes de la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée, des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) sur l’économie nationale, des opérateurs économiques s’accordent également à indexer son option préférentielle pour les multinationales pour des marchés pouvant être exécutés par des opérateurs maliens.

La MINUSMA a été créée le 25 avril 2013 par la résolution 2100 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il i y stipulé : ‘’encourageant la communauté internationale à apporter un vaste soutien au règlement de la crise malienne en coordonnant son action pour répondre aux besoins immédiats et à long terme, dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement et de l’action humanitaire, attendant avec intérêt la conférence internationale de haut niveau des donateurs qui se tiendra à Bruxelles le 15 mai 2013 en vue d’accompagner le Mali dans son développement, se félicitant des contributions déjà versées au titre de l’appel global pour le Mali (2013) et engageant les États Membres et autres donateurs à contribuer généreusement aux opérations humanitaires’’.

Pour un bon effet d’entraînement, il était attendu de la Mission onusienne de donner l’exemple, à travers l’octroi de ses marchés à des opérateurs économiques nationaux qualifiés qui ne manquent pas. Toute chose qui contribuerait à la stabilisation économique du Mali. Ce, d’autant plus que la crise de 2012 a sérieusement impacté la plupart de nos entreprises nationales.

Au lieu de cela, la MINUSMA a jeté son dévolu sur Ecolog International, comme son nom l’indique, une multinationale. Comme toute société en quête de nouveaux marchés, cette dernière étale fièrement ses performances au Mali. Ses prestations en matière d’infrastructures se présentent ainsi : ‘’Ecolog a établi 20 bases20 bases, à travers le Mali, avec notre siège à Bamako. Nous avons construit des routes, des camps et des entrepôts climatisés; nous avons mis en place une chaîne d’approvisionnement, et construit des installations pour la restauration, l’entretien des véhicules, et des usines d’incinération des déchets, auxquelles les déchets sont amenés par nos véhicules de collecte. C’est ainsi qu’Ecolog assure le soutien de plus de 30,000 soldats des missions de maintien de la paix des Nations Unies et de l‘Armée néerlandaise avec la restauration, la nourriture et l’eau au Mali et dans d’autres pays africains’’.

Selon nos sources, cette société est la principale bénéficiaire des marchés de la Mission onusienne dans notre pays, en matière de services d’infrastructures. La nature des travaux donne une idée des devises qui sortent d’un pays pourtant en reconstruction.

Il est évident que la construction de routes, des camps et entrepôts ; l’entretien des véhicules ; l’approvisionnement qui est un fourre-tout peuvent bel et bien être assurés par des prestataires nationaux.

Il est vrai que des marchés mineurs sont attribués à des opérateurs économiques nationaux, qu’il y a quelques projets à impact rapide géographiquement limités sur fond de manipulation des dividendes de la paix.

Il n’en demeure pas moins comme on peut le voir avec l’exemple des infrastructures que d’importantes devises sortent du pays au grand dam de nos acteurs économiques.

In fine, l’on est fondé à croire ce qui se dit : on donne avec la main droite et on récupère avec la main gauche. Parce que, quoi qu’on dise, les multinationales qui viennent braconner sur nos terres ne sont que les bras armés économiques des bailleurs de la MINUSMA. Alors ? Est-on dans un marché de dupe ? Que fait-on de la mission de stabilisation du Mali ? La MINUSMA pourrait toujours revoir sa copie.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here