PMR: le projet de rupture

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Œuvrer à la tenue d’un dialogue national refondateur ; construire une force politique solide, alternative et s’inscrivant dans la durée ; promouvoir le renouveau citoyen ; réconcilier les Maliens, sont entre autres objectifs du Pacte Malien pour la Refondation (PMR), lancé samedi dernier à la Maison des Aînés.

Composé de Partis politiques, de Mouvements, le PMR était représenté à la conférence de presse de lancement par Modibo KADJOKE du Directoire de APM-Maliko ; Modibo SIDIBE, président des FARE An Ka Wuli ; Oumar M.C. KONE du Parti pour la Solidarité ; Mamadou dit Mohamed COULIBALY du BRDM.

La naissance de ce Pacte, a justifié M. KADJOKE dans sa déclaration liminaire, repose sur un certain nombre de préoccupations. Il s’agit de la détérioration progressive de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire nationale, les conflits intercommunautaires fratricides, l’activité des groupes extrémistes violents, la dissémination des armes et la prolifération des trafics en tous genres ; la crise de l’Etat, l’absence des services sociaux de base dans de vestes étendues du territoire en raison de l’insécurité ; la grave qui crise morale, la perte de confiance des Maliens à l’égard des institutions de la République, la défiance de plus en plus prononcée à l’égard de la classe politique et de ses mauvaises pratiques, l’absence de vision porteuse pour le pays ; l’insuffisance de réponses de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Face à tant de défis, le PMR se fixe comme objectifs : œuvrer la tenue d’un dialogue national refondateur qui permettra aux Malien de revisiter les institutions de la République et les pratiques démocratiques en cours, afin de proposer les réformes institutionnelles et de gouvernance indispensables, ainsi que les réponses endogènes adaptées ; construire une force politique solide, alternative et s’inscrivant dans la durée, afin d’engager résolument le peuple dans la reprise par lui-même de son destin national en promouvant un véritable consensus de sortie de la crise multidimensionnelle dans laquelle le Mali est plongé depuis près d’une décennie ; promouvoir le nouveau citoyen dont notre pays a tant besoin ; réconcilier les Maliens avec la politique en redonnant à cette dernière sa vocation première qui est de servir le peuple et de défendre l’intérêt général par des pratiques politiques nouvelles fondées sur les valeurs d’altruisme, de travail, d’honnêteté, de justice, de redevabilité, d’exemplarité et de patriotisme ; placer le processus de sortie de la crise malienne dans sa dimension sahélienne et africaine.

Pour l’atteinte de ces objectifs, le Pacte Malien pour la Refondation prend les engagements suivants : mobiliser pour le Mali demeure cette Nation débout qui a fait la fierté de plusieurs générations de patriotes ; porter une nouvelle gouvernance des Partis et regroupements politiques ; mutualiser les efforts de ses membres pour la formation civique et l’éducation politique de la jeunesse, afin qu’à tous les niveaux de responsabilité, la créativité des jeunes soit mise au service de la Patrie.

Ce Pacte qui prône un Dialogue National Refondateur est-il une réponse à la main tendue du Président Ibrahim Boubacar KEITA ? Modibo SIDIBE balaie toute personnalisation. Il répond : « il s’agit du Mali. Nous devons avoir aujourd’hui une dynamique de redressement. Tout tous ceux qui pensent Mali, réfléchissent Mali, sont les bienvenus au sein du PMR. Les Maliens ont besoin de se retrouver ».

M. SIDIBE se défend par ailleurs d’avoir une vocation électoraliste. « Nous n’avons pas une vocation électoraliste. Il s’agit de parler de la citoyenneté. Nous voyons des alliances qui se font et se défont. Pour nous, il faut s’inscrire dans la durée, parce que la sortie de crise est dans la durée. Dans cette démarche, la question de l’Etat est importante ».

Modibo KADJOKE a présenté le Pacte comme une force de rupture.

M. KONE y voit un moyen d’appuyer l’État qui est tenu de rôle son rôle, alors que alors que M. COULIBALY souligne la dimension de contrat social entre l’État et les citoyens.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

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