Situation générale au Mali : Le secrétaire général de l’ONU dresse un tableau contraste

Antonio Guterres a souligné, dans son dernier rapport, des avancées dans l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation dans un contexte marqué par la montée des attaques complexes

Le chef de l’Etat saluant Antonio Guterres lors de sa visite au Mali
Sur les faits politiques importants, le rapport signale que des mesures ont été prises par les parties signataires en vue de mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation, y compris le lancement d’un processus accéléré de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration, et la mise en place de 10 administrations intérimaires au niveau des cercles, réparties dans les régions de Kidal, de Ménaka, de Tombouctou et de Taoudenni (qui en compte deux). En revanche, tempère le document, il n’y a eu aucun progrès dans la mise en place des autorités intérimaires et aucun accord n’a été conclu concernant les quotas d’intégration dans les forces terrestres. Le Pacte pour la paix signé le 15 octobre entre le gouvernement et l’Organisation des Nations unies a engagé les parties maliennes à poursuivre et à accélérer le processus de paix de manière plus inclusive.
Au chapitre des mesures politiques et institutionnelles, le patron de l’ONU indique qu’au cours de la période considérée, le pourcentage d’administrateurs civils présents sur leurs lieux d’affectation dans le Nord et le Centre du Mali a légèrement augmenté par rapport à la période précédente, passant de 31 % à 34 %. Depuis son précédent rapport, reconnaît-il, le nombre de fonctionnaires des administrations judiciaire et pénitentiaire en poste dans le Nord et le Centre du Mali a légèrement augmenté, bien que l’insécurité ait continué de contribuer à l’absentéisme ou à la réinstallation de certains d’entre eux.
Par ailleurs, le texte nous informe que le gouvernement a alloué 6 millions de dollars supplémentaires pour permettre aux autorités intérimaires régionales de financer les projets énoncés dans leurs plans d’action prioritaires, notamment l’alimentation en eau de la ville de Kidal, la construction de six écoles et l’équipement de six points d’eau dans la région de Ménaka, et la création de trois usines de traitement de viande et de lait de chameau dans la région de Taoudenni.
Sur un autre plan, rappelle le rapport du Secrétaire général de l’ONU, tout au long de cette période, le débat politique national a été dominé par des discussions sur la restructuration administrative et territoriale et le report des élections législatives, qui devaient se tenir au dernier trimestre de 2018 dont les préparatifs ont pu commencer avec notamment l’appui de la MINUSMA. Le rapport fait également cas de l’appui de la MINUSMA aux forces de défense et de sécurité maliennes (évacuations sanitaires, appui à la lutte contre le terrorisme, formation au stockage des armes et des munitions, etc). A titre illustratif, la Mission a continué de mener des activités de renforcement des capacités à l’intention des forces de défense et de sécurité maliennes : à Bamako, à Gao et à Tombouctou, elle a formé 1067 membres des forces de sécurité maliennes.

ACTES D’INTIMIDATION – S’agissant de l’évolution de la situation régionale, le rapport note que les acteurs régionaux, notamment la Force conjointe du groupe de cinq pays du Sahel, ont continué d’apporter leur soutien aux solutions visant à remédier aux causes profondes de l’instabilité dans le Sahel. Toutefois, déplore Antonio Guterres, la situation en matière de sécurité est restée très préoccupante au cours de la période considérée et a été marquée par plusieurs attaques complexes perpétrées par des groupes extrémistes violents dans les régions du Centre et du Nord. Et de préciser que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a revendiqué certaines des attaques ayant ciblé la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes et les forces internationales dans le Centre et le Nord du Mali, en particulier dans les régions de Tombouctou et de Mopti. En outre, insiste le document, le nombre d’actes d’intimidation, d’enlèvements et d’assassinats ciblés de civils et de membres de groupes armés signataires ont augmenté, surtout dans le centre du pays, où, de surcroît, les actes de violence et les affrontements intercommunautaires se sont multipliés.
Dans le Centre du pays, peut-on lire dans ledit document, bien que le nombre d’attaques (109) ait baissé par rapport à la période précédente, les civils ont continué d’être les victimes d’attaques ciblées et d’affrontements intercommunautaires impliquant des groupes armés d’autodéfense et des groupes extrémistes violents armés.
De même, le rapport souligne que la situation est restée très préoccupante sur le plan des droits de l’homme, en particulier dans le centre du pays et le long des frontières des régions de Tombouctou, Gao et Ménaka avec les autres pays, où de graves violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits ont de nouveau été signalées.
La MINUSMA en a recensé 90 cas, qui ont fait au moins 163 victimes, dont 12 femmes et 18 enfants, contre 129 cas et 518 victimes déplorés au cours de la période précédente. Selon M. Guterres, la situation humanitaire demeure précaire en raison de l’intensification des conflits armés, de la criminalité et des graves inondations. Dans le plan de réponse humanitaire pour 2019, précise-t-il, il était estimé que 7,2 millions de personnes seraient touchées dans l’année, dont 3,2 millions auraient besoin d’assistance, contre 4,1 millions au début de 2018.
Enfin, sur le plan du développement économique, le rapport rappelle que le 19 septembre, le Conseil des ministres a adopté le projet de budget pour 2019, qui prévoit l’affectation de fonds à l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation, à la réforme des forces armées et de la sécurité, à l’opérationnalisation des nouvelles régions et à l’amélioration des conditions de travail des fonctionnaires.
Massa SIDIBÉ

Source : aBamako

aBamako

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