Yacouba Katilé SG de l’UNTM : «Nos revendications ne sont pas de la mer à boire ! »

La grève de 72h décrétée par l’union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) la semaine dernière a été un grand succès malgré la tentative de déstabilisation orchestrée par le Gouvernement. Elle découle de l’échec des négociations, entre le Gouvernement et la dite centrale. En prélude à ce débrayage, le SG de l’UNTM Yacouba Katilé a fait le point de la situation, dans une interview qu’il nous a accordée le mardi 08 Janvier 2019. Il affirme sans détours que les revendications de l’UNTM ne sont pas de la mer à boire pour le gouvernement.

Au regard de la conjoncture actuelle, le Gouvernement est-il en mesure de donner satisfaction ?

Katilé est affirmatif dans sa réponse : «Nous avons bien étudié et analysé la situation. Vous savez, l’UNTM est une structure bien organisée, une combinaison de beaucoup de syndicats, ce qui suppose beaucoup de compétences couvrant tous les secteurs d’activités».

Et de rappeler que le dernier cahier de doléances a été élaboré à la suite du dernier congrès. «Les doléances qui ont fait l’objet de résolutions au cours de ce congrès ont été transformées en cahier que nous avons déposé sur la table du gouvernement en début 2014. Pendant tout ce temps, nous étions dans la gestion de ces préoccupations. De 2014 à aujourd’hui, il y a eu de nouveaux problèmes, de nouvelles doléances, mais nous pensons qu’il ne faut pas chaque année déposer un nouveau cahier de doléances ; ce n’est pas nécessaire !

Lorsqu’on entend de part et d’autre que les clignotants de l’économie sont au vert, que le Mali est 2ème ou 3ème économie de l’espace UEMOA, alors nous ne pouvons comprendre qu’on ne puisse réaliser ce que nous avons soumis. La situation des compressés par exemple, est une situation vieille de plus de 10 ans. Si réellement, on voulait gérer la situation on n’en serait pas là aujourd’hui.

C’est également le cas des partants volontaires à la retraite. Les situations nouvelles comme l’équilibre des grilles indiciaires, constituent une question d’harmonisation et d’équité que nous avons demandée. Ce n’est pas de la mer à boire».

«S’agissant de l’âge du départ à la retraite, certains bénéficient de prolongation, d’autres non ! Mais ils sont dans les mêmes conditions. C’est là aussi une inégalité. Là également, c’est une question de justice sociale».

L’orateur affirme que l’augmentation de l’âge de la retraite arrange quelque part l’Etat. Et pour cause : «les caisses de l’Etat, au niveau des branches ‘’retraite’’ sont carrément déficitaires. L’attente pour 2 ans des nouveaux retraités va permettre à cette caisse de se renflouer, ne serait-ce qu’un bout de temps en termes de cotisations. Et pour ceux qui vont à la retraite, il n’est pas dit que systématiquement, le nombre de partants à est compensé automatiquement. Tel n’est pas le cas. Les gens sont en train de faire un amalgame entre départ à la retraite et problème d’emplois. Ce sont deux choses différentes».

Par rapport à la gestion de l’emploi, il indique qu’au Mali, c’est l’adéquation de la formation qui constitue le vrai problème. «Vous pouvez sortir d’une école avec un diplôme, mais si l’emploi n’existe pas au Mali, vous ne pourrez pas travailler. Sur ce point, c’est comme si en quelque sorte l’Etat se débarrassait de la question… D’ailleurs dans notre cahier de doléances, renchérit-il, l’emploi des jeunes figure en bonne place. De toute façon, une simple recherche au niveau de la fonction publique permettra de savoir que le nombre de partants à la retraite tourne aujourd’hui autour de 1300 à 1400 agents. Mais combien a-t-on intégré pour la même année à la Fonction publique ? C’est moins que 1000, donc une différence de plus de 300. Voilà pour dire simplement la réalité de la chose. Vraiment ce n’est pas de la mer à boire pour qui veut avoir une solution».

«Visiblement le Gouvernement ne veut pas d’un d’accord avec l’UNTM. Pendant 45 jours, nous avons échangé avec le Gouvernement (du 15 Octobre au 30 Novembre 2018), mais il n’y a pas eu de résultat positif. Nous avons ainsi mis fin aux discussions, toute chose qui nous a amené finalement à cette grève».

Un mouvement bien suivi avec à la clé une paralysie totale de l’administration. La centrale entend récidiver le 21 Janvier prochain.

Coulou

Source : aBamako

aBamako

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