Allocution de l’Ambassadeur Alexey Doulian, Doyen du Corps Diplomatique, à la cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An au Président de la République

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Excellence Monsieur le Président,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, présidents des institutions de la République du Mali,
Chers collègues du Corps Diplomatique,
Mesdames, Messieurs,
Au nom de l’ensemble des chefs de missions diplomatiques et consulaires, ainsi que des représentations des organisations internationales, accréditées à Bamako, j’ai l’honneur de vous présenter, Monsieur le Président et à travers vous au Gouvernement et à tout le peuple malien nos vœux les plus chaleureux pour l’année 2019! Cela m’honore d’autant plus en tant qu’Ambassadeur de la ‘Russie, partenaire historique du Mali, lié à ce pays par les décennies de rapports d’amitié et de coopération fructueuse.

L’année, qui vient de s’achever, a été marquée avant tout par l’élection présidentielle, qui vous a reconduit, Monsieur le Président, une nouvelle fois pour cinq ans à la magistrature suprême du Mali. Vous avez assigné au Gouvernement un ambitieux programme d’activités, inspiré du projet électoral «Ensemble pour la paix et le progrès» et sensé redresser le pays, stabiliser la situation, améliorer les conditions de vie des maliens. Nous vous souhaitons, bien évidemment bon succès dans la réalisation de ces projets vitaux dont l’importance ne saurait être sous-estimée. Il va de soi que nos vœux de réussite s’adressent à toute l’équipe gouvernementale conduite sous votre haute autorité par le Premier Ministre, S.E. Soumeylou Boubèye Maïga.

Les questions liées au processus de paix sont bien évidemment au centre des préoccupations. Vous l’avez souligné vous-même à juste titre a maintes occasions. Nous nous félicitons avec toute la communauté internationale des progrès notables enregistrés ces derniers temps dans la réalisation de l’accord de paix, en particulier dans le domaine de la démobilisation, du désarmement et de l’intégration des ex-combattants, de l’installation des autorités intérimaires dans les régions du Nord, dans la mise en place du mécanisme opérationnel de coordination, dans le lancement du patrouillage mixte etc.

Nous espérons que cette dynamique positive va continuer à inspirer l’action des parties maliennes concernées afin d’accélérer l’activité déployée pour une mise en œuvre intégrale de cet accord important. Bien entendu, avec l’appui continu de la MINUSMA et de toute la communauté internationale. Et, puisqu’il s’agit du problème touchant à la stabilité régionale et internationale, - sous l’œil vigilent et avec l’assistance du Conseil de sécurité de l’ONU.

D’autres défis de poids figurent à l’agenda du Mali dans l’année, qui commence. Parmi ceux-ci – les échéances électorales annoncées pour les mois de mars, de mai, de juillet et de novembre, la réforme administrative et institutionnelle, la réforme constitutionnelle, la réforme du secteur de sécurité, la loi sur l’entente nationale et j’en passe. Il va de soi, que, cela nécessitera beaucoup d’efforts de tous les acteurs de la société malienne. Il faut espérer aussi que l’unité de la classe politique du pays sera rapidement rétablie. Il y va de l’intérêt du pays. C’est simplement indispensable pour la réalisation réussie des multiples tâches à l’agenda des autorités et c’est ce que nous souhaitons en toute sincérité.

Au cours de l’année écoulée le Mali a su renforcer d’une façon notable sa place dans l’arène internationale. Et cela a été possible en bonne partie grâce à vous, Monsieur le Président, et aux efforts inlassables que vous personnellement continuez à déployer tant au Mali, qu’en dehors de ses frontières. Il est à souhaiter, que le Mali poursuive cette ligne cohérente, en s’appuyant comme il l’a toujours fait sur les principes de politique étrangère indépendente et les traditions du mouvement des non-alignés, dont il a été l’un des pays-fondateurs et membres actifs.

Monsieur le Président, les défis auxquels fait face le Mali en ce début de l’année nouvelle, sont nombreux. Certes, beaucoup reste à faire dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre la menace terroriste, le narcotrafic, la migration illégale, les changements climatiques, sans oublier les problèmes humanitaires, les réfugiées et les personnes déplacées.

Mes collègues et moi nous inclinons devant la mémoire des victimes, hélas nombreuses, militaires comme civils, à la suite des combats et de multiples attaques armées. Dans la lutte contre l’insécurité un rôle important revient aux efforts collectifs des pays de la région, et, en particulier, au «G5 Sahel» et à sa force conjointe, qui est en train de se mettre en place. Le succès dépend aussi en bonne partie de l’efficacité d’interaction des FAMA avec d’autres forces en présence, dont les «casques bleus» et l’opération «Barkhane». Ce n’est que par les efforts conjugués que le terrorisme peut être vaincu.

Par ailleurs, la bonne gouvernance, le domaine social, la justice, la lutte contre la criminalité, la corruption, la malnutrition, les inégalités, le respect des droits de l’homme et de nombreux autres sont autant de secteurs sur l’agenda des problèmes pressants du pays. On ne peut que saluer dans ce contexte l’intention, que vous venez de réaffirmer, de maintenir en vigueur le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales. Tout comme de réaliser le Programme Présidentiel de Rénovation Urbaine, appelé à changer le visage de Bamako et des capitales régionales.

La communauté diplomatique de Bamako partage sur le fond la vision de la sortie de la situation complexe du Mali, que vous avez une nouvelle fois décrite tout récemment: «Les solution à nos crises sécuritaires, - avez-vous dit, - ne peuvent pas être que militaires. Elles sont également économique et humanitaires.» Il est dès lors important que les aspects économiques soient dûment pris en compte dans l’action en vue de surmonter les difficultés actuelles.

En somme, en vous adressant aujourd’hui notre message de vœux, Monsieur le Président, nous tenons à vous assurer que le corps diplomatique de Bamako, représentant l’ensemble de la communauté internationale, - et j’espère que mes collègues ne me contrediront pas - demeurera très attentif et sensible à l’évolution de la situation au Mali, disponible pour l’assister efficacement en tant que de besoin et dans la mesure de nos possibilités pour que le pays puisse retrouver au plus vite la paix, la stabilité et la poursuite du développement harmonieux. «L’entente, - avez-vous déclaré dans le message à la nation le 31 décembre, - doit prévaloir partout au plus vite. La paix doit triompher sur la guerre. Telle est ma préoccupation et tel est l’objectif du gouvernement.» C’est également notre préoccupation, celle du corps diplomatique, et en même temps notre vœux le plus vif.

Monsieur le Président, je tiens à exprimer devant cette auguste assemblée la conviction, que sous votre conduite et autorité le Gouvernement malien sera à même de s’acquitter avec honneur des multiples défis et tâches auxquels le pays fait face. Puisse l’année 2019 marquer une étape nouvelle dans l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables au Mali et apporter des progrès significatifs ultérieurs dans l’amélioration des conditions de vie de la population malienne. Nous vous souhaitons, Monsieur le Président, à vous, à toute l’équipe gouvernementale et au peuple malien pleine réussite dans les efforts pour le bien du Mali et de la paix.

Bonne et heureuse année 2019, Monsieur le Président !
Merci de votre aimable attention.

Source : aBamako

aBamako

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