RPM-URD: compromis ou complot ?

Pour une première, depuis 2013, la rencontre entre l’Union pour la République Démocratie (URD, principal Parti de l’Opposition, et le Rassemblement Pour le Mali (RPM, principal Parti de la Majorité, fait grand bruit dans le landerneau politique.

Rapprochement alimentaire contre nature entre deux Partis politiques qui se regardaient en chiens de faïence jusqu’à ce jeudi 17 janvier 2019 pour tenter de déstabiliser, voire d’éjecter le Premier ministre en vue d’un partage du gâteau gouvernemental, à l’occasion de la «toute prochaine mise en place du gouvernement d’union nationale » ? Rencontre logique et normale entre deux Partis souverains, aujourd’hui les principaux aux deux pôles de l’échiquier, pour échanger sur la situation politique en vue de trouver un consensus, à défaut un compromis, sur les grands problèmes auxquels la Nation est confrontée, notamment dans la perspective des réformes envisagées ?

Loin du QG de l’URD qui a servi de cadre à cette rencontre historique, les discussions restent très polarisées dans les salons feutrés de Bamako. Au-delà de leurs postures respectives de chefs de file de la Majorité et de l’Opposition, la rencontre du jeudi était bilatérale et donc n’engageait que l’URD et le RPM. Ce n’était pas le chef de file de la Majorité qui rencontrait le chef de file de l’Opposition, mais le RPM et l’URD, en tant que Partis politiques issus du même limon Adémistes.

Placée dans la cadre de la décrispation du climat politique et de la relance du dialogue politique, la rencontre procède de l’agenda du Parti présidentiel de prendre langue avec l’ensemble de la classe politique, notamment en vue des reformes majeurs préconisées par le Gouvernement dont il est le principal soutien politique.

De sources proches de la rencontre, si les deux Partis ont évoqué largement la crise politique née de la présidentielle et les approches idoines pour tourner la page, ils n’ont jamais évoqué la question du remaniement ou de l’entrée de l’Opposition dans un Gouvernement, fut-il d’union nationale. Raison : aucune partie n’avait mandat pour ce faire.

Selon les mêmes sources, la rencontre a permis de faire bouger les lignes sur un certain nombre de points.

D’une part, l’impérieuse nécessité d’ouvrir illico presto un dialogue politique, afin de parvenir à la décrispation du climat socio-politique et économique du pays.

D’autre part, la nécessité d’impliquer, dans ce dialogue inclusif, tous les acteurs politiques, de la société civile et des groupes signataires, pour aboutir à un consensus politique indispensable à la réussite des réformes envisagées pour sortir le pays de la crise.

Une Commission paritaire a été convenue entre les deux Partis pour faire des propositions permettant de définir un cadre dans lequel les deux Partis travailleront ensemble, afin d’atteindre ces objectifs et non pour travailler à la mise en place d’un Gouvernement RPM-URD.

Qu’à cela ne tiennent ! Le parti de Soumaïla CISSE et celui de Bocary TRETA, chefs de file respectifs de L4Opposition et de la Majorité, devraient discuter sans intégrer les autres des questions aussi essentielles que les reformes ? Interdire toute rencontre bilatérale entre Partis politiques, reviendrait à réduire drastiquement l’action politique et à prendre le risque de la plomber totalement. Au demeurant, le RPM a rencontré le Parti ASMA du Premier ministre SBM, la veille, mercredi 16 janvier, sans que cela ne donne lieu à des suspicions de complot contre les autres membres de la Majorité.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

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