Violences faites aux femmes au Mali: un combat à géométrie variable !

Rien qu’au cours du seul mois de janvier et en espace d’une semaine, deux femmes ont été sauvagement assassinées. À cela, s’ajoutent celles qui souffrent dans l’anonymat total au cœur des foyers de crise au nord et au centre du pays. Tous ces forfaits ne se sont pas passés inaperçus, puisqu’ayant fait la Une des réseaux sociaux, notamment Facebook, et celle des journaux de faits divers, à travers le Mali. Mais apparemment, les associations et ONG de lutte contre les VBG sont restées silencieuses face à ces atrocités d’une rare gravité.

Les organisations qui militent pour le bien-être de la femme et de la jeune fille au Mali semblent disparues des radars, ces derniers temps. Du moins, si l’on s’en tient à leur silence face à des atrocités commises sur les femmes, ces dernières semaines, à travers le pays. En effet, le mercredi 9 janvier 2019, une fillette a été violée et assassinée dans le cercle de Barouéli par son oncle paternel, nous rapportent des sources. Le mardi 15 janvier 2019, une autre femme est sauvagement tuée par son mari à Kalana, dans la région de Sikasso, selon des sources concordantes. Comme le premier, les nouvelles de ces crimes se sont rependues comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux et les radios de la place.

Quelques semaines avant, deux filles de 3 ans et 6 ans avaient été violées par un quadragénaire à Niamakoro, en CVI du district de Bamako. Les médias et les réseaux sociaux en ont également fait leurs choux gras. Mieux, la mère d’une des victimes a témoigné sur ces drames. Malgré son cri de cœur pour une prise en charge médicale et justice pour sa fille, elle est restée presque seule dans son combat.

Aussi, plusieurs femmes et filles ont été arrêtées et jetées en prison à des dizaines de kilomètres de leur résidence, à Bafoulabé, suite aux événements tragiques de Kersingnané, commune rurale de Konsinga, cercle de Yélimané pour leur conviction politique, en fin décembre et n’ont recouvré leur liberté qu’en ce mois de janvier. À ces cas, s’ajoutent des viols et autres agressions contre des femmes qui vivent dans l’anonymat au nord et au centre du pays, en crise.

Malgré tout, les organisations qui doivent leur existence au nom de la défense des droits des femmes restent de marbres face à ces crimes. En tout cas, jusque-là, nous n’avons vu aucun communiqué de la part du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, de ces organisations. Cet Omerta des organisations de défense des droits des femmes et des enfants au Mali laisse croire que cette question de lutte contre la violence relève d’un combat à géométrie variable ! La preuve, toutes les organisations s’étaient mobilisées pour que justice soit faite suite au meurtre de Mme Mariam DIALLO, fille d’un ancien ministre, assassinée par son mari. Cette même mobilisation a été faite pour une nièce d’un ancien président de la république. Pourtant, des dizaines de femmes croupissent, depuis des mois sous le poids des violences conjugales et sociétales et personne ne lève le petit doigt.

En effet, les mots comme droits des femmes, émancipation des femmes, santé de la mère et des filles ne sont prononcés que pendant les célébrations des journées internationales, comme le 08 mars, le 31 juillet ou le 06 février, journée internationale de la lutte contre l’excision. À travers ces journées, les discours qui protègent les femmes sont prononcés à flop pour masquer la réalité du terrain.

À noter que le cas de la fille de Barouéli intervenu le 15 janvier dernier est la 6e femme violée avec le même mode opératoire dans les villages environnants en une année, sans qu’aucune sanction exemplaire ne soit prise contre les auteurs de ces crimes, dont certains courent toujours dans la nature. Pour ce cas précis, l’on apprend que les femmes des différents villages du cercle voulaient manifester pour montrer leur ras-le-bol. Mais, elles en ont été dissuadées par le maire qui leur avait promis de saisir les autorités compétentes pour mener avec toute la sérénité nécessaire les enquêtes afin de démasquer et de punir les auteurs du crime.

En tout état de cause, il est temps que les femmes leaders du Mali prennent l’exemple de certains pays voisins où leurs homologues se battent sincèrement pour le bonheur de leur nation. La grande marche des femmes du Burkina Faso, avec à leur tête la première dame du pays, pour trouver une solution face à la recrudescence des attaques terroristes et la mobilisation des femmes au Nigeria dans la marche mondiale intitulée ‘’apportez-nous nos filles’’, après le kidnapping des lycéennes de Chibouk en sont exemples illustratifs.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : aBamako

aBamako

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