Sans Tabou: affaire Yattabaré, laissez l’Imam se reposer en paix

Notre pays a été endeuillé, le samedi dernier, par l’assassinat barbare d’un imam à Bamako. Les Maliens, dans leur diversité, ont unanimement condamné cet acte ignoble dont rien ne saurait justifier. Au moment où l’assassin se trouve entre les mains des autorités compétentes, le porte-parole du président du Haut conseil islamique, dans un audio, accable le régime comme étant derrière cet assassinat. Ces accusations sans preuve n’augurent pas un climat apaisé en ces moments difficiles que traverse notre pays.

Ce 19 janvier 2019, la population bamakoise s’est réveillée avec la triste nouvelle de l’assassinat de l’imam Yattabaré, membre du Haut conseil islamique. La même matinée, la photo de l’auteur de son assassinat, qui s’est rendu au commissariat du 3e arrondissement, a fait le tour des réseaux sociaux. Le nommé Moussa Guindo, puisqu’il s’agit de lui, justifie avoir tué l’iman Yattabaré suite à un malentendu lié à la question de l’homosexualité.

Le même samedi, dans la journée, un communiqué du ministère de la Sécurité a confirmé la mort de l’imam et la détention de son assassin au commissariat du 3e arrondissement. Cette arrestation et cet aveu du criminel ne semblent pas calmer les ardeurs de certains pyromanes qui ont des visées inavouées.

En effet, au moment où les Maliens attendent la suite de l’enquête, un certain porte-parole du président du HCIM, à travers un audio sur les réseaux sociaux, ne manque pas de prétexte pour accuser le régime d’être le commanditaire de cet assassinat. Initiative personnelle ou guerre par procuration ?

Nous passons qu’il s’agit d’un sujet suffisamment sensible pour s’amuser avec les mots alors que le pays traverse un des moments les plus critiques de son histoire. Au fait, le pyromane, qui s’adonne à cette œuvre destructive pour le pays, se base sur de simples commentaires pour porter ses accusations sur le régime. Et pourtant, l’auteur de ces accusations farfelues est conscient que le pays a failli frôler la catastrophe, à cause de cette histoire d’homosexualité, il y a peu. Dans ledit audio, le porte-parole du président du HCIM explique ceci : « après l’assassinat de l’imam Yattabaré, le régime a fait un communiqué liant les raisons de son assassinat à l’homosexualité. Celui qui a été présenté comme l’assassin de l’imam, on nous dit qu’il s’est rendu personnellement à la police. Nous doutons fort de cette thèse. Car d’habitude, quand une personne commet un forfait, elle se fait toujours arrêter dans sa cabale. Mais dans ce cas, on nous dit que le criminel s’est rendu de son propre chef ».

Aussi, soutient-il, le fait que le ministère de la Sécurité ait ‘’publié sur sa page la version de l’assassin est une menace à tout leader religieux qui parlerait de l’homosexualité’’.

À propos d’un sujet aussi sensible, M. Djim devrait savoir raison garder et attendre les autorités judiciaires continuer leurs enquêtes pour faire la lumière sur cette affaire. En tout cas, la population malienne, dans son ensemble, a été choquée par cet assassinat et sera très attentive à la suite à donner à l’enquête pour donner des peines exemplaires à l’auteur ou aux auteurs.

Notre pays a besoin de paix et de stabilité et toute déclaration ou accusation incendiaire de cette nature doit être évitée compte tenu de l’état de fragilité, dont le nord et le centre sont déjà à feu.

PAR MODIBO KONE

Source : aBamako

aBamako

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