Sauvegarde du fleuve Niger par l’ABFN: la subvention de l’Etat jugée insuffisante

L’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) a tenu, hier mercredi, la 16e session de son Conseil d’administration, à son siège à Baco Djicoroni ACI. La cérémonie d’ouverture était présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, Abdoulaye BERTHE, représentant madame la ministre, présidente du conseil d’administration. C’était en présence du directeur de l’ABFN, Abdourahamane Oumarou TOURE et les membres du conseil d’administration.

Pour la réalisation de son programme d’activités 2019, le budget prévisionnel de l’Agence est estimé à 4 948 419 985 FCFA, soit une augmentation de 75,74% par rapport à 2018. En dépit de l’effort du gouvernement, à travers une provision de l’ordre de 1,342 millions de FCFA, le conseil d’administration juge insuffisantes les subventions allouées par le budget d’Etat par rapport aux investissements souhaités.

A l’entame de son intervention, le secrétaire général du ministère de tutelle, Abdoulaye BERTHE, a souligné que le présent conseil d’administration se tient dans un contexte économique difficile caractérisé par une tension de trésorerie qui n’a pas permis la mobilisation de l’ensemble des ressources budgétaires allouées à l’Agence. Néanmoins, informe-t-il que l’ABFN a pu exécuter 16 activités sur les 21 prévues, soit un taux d’exécution de 76,19%.

Comme activités techniques réalisées, M. BERTHE a cité, entre autres, le nettoyage d’une superficie de 15 ha d’ilots végétalisés dans le fleuve Niger en face de la cité administrative ; la reprise des travaux d’aménagement des berges du fleuve Niger à Diafarabé interrompus pour raison d’insécurité ; les travaux de renforcement de la tannerie artisanale de N’golonina ; la réalisation des missions de constatation d’occupation des servitudes du fleuve Niger à Bamako et dans les communes environnantes ; la signature et la mise en vigueur de l’Accord de financement du Projet de réhabilitation économique et environnementale du fleuve Niger (PREEFN); le développement du partenariat avec la signature de protocoles d’accord…

Aux dires du secrétaire général, pour la réalisation des différentes activités, l’ABFN a mobilisé auprès des services financiers, sur son budget approuvé, la somme 1 660 191 306 FCFA, soit 41,04%. Il a souligné que le taux d’exécution du budget mis à disposition est de 93,19%, à la date du 31 décembre 2018, soit une liquidation de 1 547 295 200 FCFA. Il a rappelé que le budget 2018 approuvé de l’Agence était de 2 815 731 998 FCFA.

Pour le président de séance, la sauvegarde du fleuve Niger se fera à travers la mise en œuvre effective du PREEFN, à travers une opération de démonstration (dragage, curage de chenaux, construction/réhabilitation de quais…) sur le tronçon Macina-Diafarabé ; la poursuite de l’extension du projet de collecte et de partage continus des données sur la qualité de l’eau du fleuve ; la poursuite de la mobilisation sociale autour des enjeux de la sauvegarde du fleuve et de ses ressources, à travers des actions de communication, de sensibilisation et de renforcement des capacités.

Il a par ailleurs appelé à la poursuite de la recherche de financement pour la mise en œuvre des projets-programmes, tels que la restauration des berges et la valorisation des plantes aquatiques nuisibles dans le Niger supérieur ; le mécanisme de maitrise des pollutions et nuisances issues de l’activité artisanale de teinture ; les contraintes d’écoulement de la composante malienne du fleuve Niger ; l’aménagement des têtes de sous-bassins versants.

Le secrétaire général a évoqué les difficultés qui sont relatives à la faiblesse des subventions allouées par le budget d’Etat par rapport aux investissements souhaités ; l’absence de siège propre ; l’absence de ressources propres ; le retard dans l’adoption d’instrument législatif consacrant la contribution aux actions de sauvegarde ou de restauration du fleuve Niger des usagers, notamment les organismes préleveurs et pollueurs.

Les activités phares prévues pour l’année 2019 sont : le démarrage des activités du PREEFN ; la validation et la publication des premiers résultats du projet de collecte et le partage continus de données sur la qualité de l’eau du fleuve ; l’élaboration du rapport sur l’état du fleuve Niger au Mali…

PAR MODIBO KONE

Source : aBamako

aBamako

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