Recrudescence de la violence: sacré Salif patauge !

Face à la recrudescence de la violence dans la capitale, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Salif TRAORE, a réuni hier lundi, 28 janvier 2019, l’ensemble des responsables sécuritaires en vue d’apporter une réponse énergique. Mais ne s’agit-il pas d’un effet d’annonce ?

Étaient présents, les Chefs d’unité (Garde nationale, Police, Gendarmerie) ; les Directeurs généraux des différents services de sécurité ; les Commandants de Brigade ; les Commissaires de Police…

Face à ces responsables de la sécurité interpellés au plus haut chef par la situation sécuritaire effroyable, le général Salif TRAORE a invité à s’impliquer davantage et à redoubler de vigilance ; à intensifier les patrouilles.

Concrètement, a-t-on appris, le ministre TRAORE demande l’application rigoureuse du dispositif de sécurisation de Bamako déjà en vigueur.

Pour lui, la riposte doit être énergique, à en croire nos sources. Pour cela, a-t-il instruit, il s’agira d’aller chercher les bandits armés jusque dans leur dernier retranchement.

A priori, le discours est rassurant, lorsqu’on sait que la situation dans la capitale est devenue anxiogène du fait du terrorisme des bandits armés qui assassinent, volent, bref, coupent le sommeil aux citoyens qui n’ont rien fait pour mériter un tel sort.

Mais, il est également à craindre que ce discours galvaniseur dans sa forme, ne relève d’un effet d’annonce. Ce, d’autant plus que c’est en pleine application du dispositif sécuritaire qui vaut d’abord pour les attentats terroristes que des individus, sans foi ni loi de tout acabit, ont proliféré dans la capitale et commettent les pires atrocités dans la recherche du gain facile. Ce dispositif, à l’aune du pourrissement de la situation sécuritaire, ne peut être qualifié autrement que d’échec, donc à revoir.

Les actes de violence se sont multipliés ces derniers temps : braquage au super marché Mini prix à l’Hippodrome au cours duquel un client aurait reçu une balle, une vieille dame a été soulagée de son sac ; un passager tranche la gorge d’un apprenti de Sotrama, au tournant de Niamakoro, non loin d’Africable ; un ingénieur informaticien qui reçoit la visite d’hommes armés qui emportent les bijoux en or de sa femme ; Abdoulaye Aziz YATTABARE, fils de feu l’imam YATTABARE, se rendant à la mosquée a été agressé et poignardé à mort ; un commerçant travaillant aux Halles de Bamako est tué, d’autres personnes blessées au cours d’un braquage d’un bureau de transfert d’agent qui a mal tourné.

Il est clair que l’insécurité a atteint des proportions qui se passent de tout commentaire.

Les attaques se passent désormais à tout moment et en tout lieu, créant une psychose générale chez les populations qui en réalité ne savent plus à quel saint se vouer.

Pourtant, le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, affirmait, le 4 septembre 2013, dans son discours de prestation de serment : ‘’la vie du Malien vaudra désormais son prix inestimable. Aussi voudrais-je ici, solennellement, engager tous ceux qui ont mission et vocation à protéger et sauvegarder notre peuple, à s’acquitter très consciencieusement de leurs missions’’. Au regard des crimes odieux qui sont perpétrés, que vaut désormais la vie du Malien ? Ceux qui ont mission et vocation à protéger et à sauvegarder notre peuple, que font-ils de leur serment ? À ce stade, il n’y a plus à fignoler ; il faut des mesures dissuasives, sonner le glas du laxisme. Pour cela, il faut bien plus qu’une causette aux chefs d’unité et directeurs des services de sécurité.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

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