Centre du Mali: 5.000 combattants participent au processus de désarmement

Bamako, - Cinq mille combattants, dont des jihadistes
présumés, se sont inscrits dans le processus de désarmement lancé dans le
centre du Mali, où les violences intercommunautaires ont fait plus de 500
morts depuis début 2018, a-t-on appris mercredi de source officielle.

Fin décembre, Bamako avait annoncé un renforcement de sa présence militaire
dans le centre, voisin du Burkina Faso, accompagné d'un programme de
désarmement des milices d'autodéfense communautaires à dominante peule ou dozo
et des combattants jihadistes.

Le gouvernement malien, toujours confronté à la menace jihadiste malgré
plusieurs années d'interventions militaires internationales, entend reprendre
pied dans cette partie du pays en tirant profit de l'élimination, lors d'une
opération menée par l'armée française en novembre, du chef jihadiste Amadou
Koufa, prédicateur peul à la tête d'un groupe lié à Al-Qaïda.
"A la date butoir du 31 janvier fixée par le Premier ministre (Soumeylou
Boubeye Maïga), 5.000 combattants ont été enregistrés comme détenant des armes
de guerre, dont 600 ont déjà déposé une arme", a déclaré à l'AFP le président
de la Commission nationale Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR),
Zahabi Ould Sidy Mohamed.
"Parmi eux, il y a d'anciens jihadistes et des miliciens de groupes armés",
a-t-il ajouté, en précisant que parmi les armes déclarées figurent des "armes
de guerre" et des "grenades". Dans la mesure où les affrontements
intercommunautaires impliquent régulièrement des groupes de chasseurs
traditionnels, "nous allons aussi récupérer les fusils de chasse", a expliqué
Zahabi Ould Sidy Mohamed.
Au cours des deux prochaines semaines, ces 5.000 hommes seront cantonnés
dans le centre du pays, afin de "déterminer le corps (de l'Etat, y compris les
forces armées et de sécurité) dans lequel ils pourraient être mutés", selon le
président de la Commission DDR.
Il a précisé qu'avec l'aide d'ONG, les auteurs de violations des droits de
l'homme seront identifiés et "ne pourront en aucun cas être intégrés dans
l'armée malienne".
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes
jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés
par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à
l'initiative de la France, qui se poursuit.
Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces
maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la
signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement
les jihadistes, dont l'application accumule les retards.
Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et
le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et
le Niger, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.
sd/siu/jpc

Source : aBamako

aBamako

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