Mali : « Les présidents Sékou Touré et Félix Houphouët-Boigny avaient commencé à travailler sur le projet de la création de la monnaie africaine pour se déconnecter du franc CFA … en 1984 », Oumar Mariko, président du parti SADI

Député élu à l’Assemblée nationale 2013 – 2018, Oumar Mariko, 61 ans, est un candidat malheureux à la dernière élection présidentielle de 2018. Celui qui qualifie son courant politique de « progressiste et d’orientation socialiste », suit la crise dans laquelle se trouve le Mali de très près. Selon lui, elle est due aux dirigeants politiques « affairistes », au pouvoir, qui ne proposent pas de solutions de sortie de crise. Pour Nord Sud journal, Oumar Mariko revient sur les débats sur la monnaie africaine, la politique et l’économie au Mali mais aussi la sécurité.

Nord sud journal : Il y a des discussions en ce moment entre majorité et opposition dans le cadre d’une ouverture du gouvernement. Avez-vous été contacté ?

Oumar Mariko : Non, nous n’avons pas été concertés au sujet d’un gouvernement d’union nationale ou d’ouverture du gouvernement à l’opposition.

On a vu le Président du RPM, Bocari Treta, rencontrer Soumaila Cissé, puis, quelques jours plus tard, le PM Boubeye a rencontré l’Adema de Tiemoko Sangaré. Y a-t-il une rivalité entre les deux hommes ?

Ce sont des enfantillages. Quand je vois ces petits calculs politiques, je me demande quelle classe politique nous sommes? Des gens qui prétendent diriger un pays et qui se comportent de la sorte. C’est pour cela que rien n’est résolu.

Le mandat des députés a pris fin le 31 décembre dernier, mais le gouvernement et la Cour constitutionnelle ont trouvé une formule pour maintenir les députés en poste pour au moins 6 mois. Vous sentez-vous aujourd’hui toujours député ?

J’étais élu pour 5 ans et je suis mal à l’aise de dire que je suis toujours député. À moins que je ne m’autoproclame, comme l’a fait le Président de l’Assemblée vénézuélienne, qui s’est autoproclamé Président. S’autoproclamer député sans mandat de qui que ce soit est un coup d’État contre la démocratie.

Au lieu d’ouvrir un véritable dialogue politique, ils ont fait de petits arrangements qui créent des petits problèmes incommensurables. Nous sommes dans ça. IBK a dit qu’il ne voulait pas diriger par ordonnances et demandé qu’on lui trouve une Assemblée nationale, quelle qu’elle soit. C’est pour cela que la Cour constitutionnelle a prolongé le mandat des députés. Ce n’est pas la démocratie ça.

Est-ce que vous avez écrit au Président de l’Assemblée nationale pour lui notifier que vous n’étiez plus député ?

Pour l’instant, nous avons suspendu nos activités au sein de l’Assemblée nationale et au niveau du parti nous menons en ce moment d’intenses réflexions pour choisir la meilleure méthode pour poursuivre notre combat. C’est après consultation avec la base du parti que nous prendrons la décision définitive.

Selon vous quelle est la solution ?

La seule dynamique qu’il faut pour sortir de cette crise est d’accepter un débat ouvert et d’accepter ses conclusions. L’Assemblée nationale pouvait appeler à une Constituante, c’est-à-dire toutes les forces du pays, le secteur économique, la société civile, la classe politique. Tout le monde allait se retrouver dans une constituante et revoir le fichier électoral, poser la problématique de la paix, de la sécurité, de la fronde sociale et prendre en compte les revendications des travailleurs. Cela pouvait se faire dans une démarche solidaire, d’ensemble. C’est le Président de la République qui aurait dû donner le ton.

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Vous êtes opposant, pourtant vous n’êtes dans aucune coalition de l’opposition. Cela ne va-t-il pas vous affaiblir dans les débats à l’Assemblée nationale ?

Source : aBamako

aBamako

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