Mahamane Sangaré, président de l’association littéraire ”lecture vivante” : “Nous ne pouvons que nous réjouir du bilan de Lecture Vivante depuis sa création”

L’Association littéraire “Lecture Vivante” s’est forgée aujourd’hui une bonne réputation à travers son combat pour la promotion de la culture et du livre au Mali. Créée en 2013 à Tomboutou, “Lecture Vivante” s’affiche aujourd’hui comme une référence dans la valorisation du patrimoine culturel des régions du Nord en particulier et du Mali en général. Pour en savoir plus sur cette fervente défenseuse de la culture, nous nous sommes entretenus avec son président, Mahamane Sangaré, un volontaire à la Mission Culturelle de Tombouctou évoluant dans différentes organisations éducatives et culturelles du Mali.

Aujourd’hui-Mali : Bonjour, pouvez-vous nous présenter votre association “Lecture Vivante” ?

Mahamane Sangaré : L’association Lecture Vivante est une organisation de jeunes créée en août 2013 à Tombouctou où elle a son siège. C’est une association à but non lucratif constituée entièrement de jeunes hommes et femmes amoureux de la lecture, de la culture, du livre et de l’écriture. Lecture Vivante a comme objectif la promotion d’une éducation de qualité pour tous, de la lecture, de l’écriture, la valorisation du patrimoine culturel et immatériel et aussi créer des outils de sensibilisation, promouvoir l’égalité des chances et du genre. Elle a comme valeur : le respect de la parole donnée comme acte de civisme, le partage de la connaissance comme meilleure manière de conserver une culture, la dignité de l’homme comme force le mettant en équilibre avec la société, le pardon comme qualité conduisant à l’union et à la construction d’une relation sincère. Elle a comme vision d’être la principale association dans le monde de la lecture et de l’écriture au Mali et particulièrement à Tombouctou. La mission de Lecture Vivante est d’apporter un accompagnement pertinent aux jeunes en leur fournissant des outils nécessaires pour poser des actions à succès.

Comment vous est venue l’idée de sa création ?

Nous avons constaté une faible participation des jeunes dans les affaires de leurs localités et du pays. Cela est dû à une carence de lecture et d’information. L’embryon de la création de cette association vient de là. Elle a pour but de faciliter l’accès à la bonne information et inciter les jeunes à la lecture.

Quel bilan faites-vous des 6 ans d’existence de l’association ?

De sa création en 2013 et après l’obtention du statut juridique à nos jours, l’association a multiplié les activités en vue de l’atteinte de ses objectifs. Je peux citer, entre autres, des activités comme le café littéraire et la dune littéraire. Les dunes sont d’habitude utilisées à Tombouctou pour des causeries sans grande valeur. Alors, nous avons montré à la population que ces dunes peuvent être des espaces d’échange, de partage de savoir et d’information. Sur une dune, nous invitons un conteur, une personne ressource pour parler d’un sujet. En outre, il y a également comme activités les causeries-débats, les ateliers de culture, les cours de rattrapage, les séances d’alphabétisation, les séances de conte et de lecture et aussi les projets éducatifs. Nous avons aussi “la bibliothèque hors des murs” qui est un programme de lectures vivantes au cours duquel nous amenons des livres dans les familles, dans les rues, afin que les livres rencontrent les enfants. Le slogan de ce programme est “Si les enfants ne viennent pas vers les livres, les livres iront voir les enfants”.

Ces activités ont fait de l’Association une des plus actives qui soient remarquées par la population de Tombouctou qui la sollicite et lui confie de plus en plus des responsabilités. Pour assurer son bon fonctionnement et mener à bien ses prochaines actions, l’Association a su comprendre qu’il faudrait former les jeunes. On a formé les enfants. On se recentre plus sur les enfants puisque nous savons que les adultes eux-mêmes peuvent aussi apprendre, mais à travers les enfants, cette connaissance sera transmise à travers le temps puisque c’est eux qui seront appelés à former les générations futures. Nous avons créé dans plusieurs écoles des programmes appelés “clubs littéraires”. Comme autres activités, nous avons la journée mondiale du livre et du droit d’auteur organisé en collaboration avec le mouvement Malivaleurs en plus d’une journée porte ouverte et d’une visite guidée à Tombouctou avec 120 jeunes, en vue de leur montrer la culture, les patrimoines culturels de la ville de Tombouctou. Une activité financée par l’ONG Savama DCI. La semaine culturelle et éducative avec le projet Jeunesse et pouvoir d’Agir (JPA) n’est également pas à oublier. Nous organisons chaque année à Tombouctou la rentrée littéraire. En début janvier 2019, nous avons également inauguré le Centre de Lecture de Tombouctou construit par Lecture Vivante en partenariat avec l’ONG Savana DCI. Le Centre est un espace d’orientation de jeunes, non scolaires et scolarisés. Franchement nous ne pouvons que nous réjouir du bilan de Lecture Vivante depuis sa création.

Nous remarquons que Lecture Vivante est plus basée à Tombouctou et Bamako, pourquoi ?

Nous ne sommes présents que seulement à Tombouctou et Bamako. L’association a aujourd’hui créé des cellules à Goundam, Tonka, Gourma Rharous et Bamako. Elle est sur le point d’entamer la mise en place des cellules de Diré et Niafunké. Nous ambitionnons à l’avenir d’avoir une Nation gagnante comme l’avaient voulu beaucoup de défenseurs africains pour l’éducation de qualité en Afrique.

Pensez-vous couvrir un jour l’ensemble du territoire malien ?

Nous sommes déjà dans cette dynamique de promouvoir nos activités pour que d’autres jeunes en profitent. On envisage d’implanter cette organisation sur toute l’étendue du territoire malien et partout où besoin se fait sentir. C’est avec nos maigres moyens que nous avançons petit à petit.

Lecture Vivante a-t-elle des partenaires qui l’accompagnent dans ses activités ?

Notre association est une organisation qui est accompagnée par la population de Tombouctou qui a confiance en elle et qui s’investit pleinement. Le soutien de la Mairie de Tombouctou, la Mission culturelle de Tombouctou et la contribution de ses membres ne fait pas défaut. Par exemple, la construction du centre de Lecture de Tombouctou a été en partie prise en charge par la Mission culturelle et la Savama-DCI. Nous avions aussi lancé un appel à contribution auprès des personnes qui nous ont toujours accompagnés.

Quelles sont les ambitions de Lecture Vivante ?

Nous sommes animés par cette même valeur de transmission et d’une ambition de réussir cette mission qui est nôtre. Tout en promouvant la culture de l’excellence à travers la lecture, l’écriture, la fréquentation des bibliothèques, nous ambitionnons de renforcer l’amour du patrimoine et semer la graine de sa défense et de sa protection chez les Maliens et les Africains.

Quels sont les rapports de Lecture Vivante avec les autres associations culturelles ?

Lecture Vivante entretient de très bonnes relations avec les organisations culturelles, que ça soit celles présentes à Tombouctou ou d’ailleurs. L’association collabore avec plusieurs organisations afin de mettre en œuvre des initiatives dans le domaine de l’éducation et de la culture, notamment PEN-Mali/Malivaleurs, La Voix du Mali, Savama-DCI, la Mission Culturelle, le club de Lecture IFM, Le collectif Cram-cram, Jeunes Citoyens, l’association “Lire pour exister”.

Quel est votre dernier mot ?

J’invite les autorités et les populations à accompagner les jeunes qui s’investissent dans les domaines de l’éducation et de la culture. Et à la jeunesse de prendre en main l’avenir de notre Mali tout en préservant nos valeurs culturelles.

Réalisé par Youssouf KONE

Source : aBamako

aBamako

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