Sécurité alimentaire: plus de 3 millions de personnes menacées de faim en 2019

En dépit d’une campagne agricole 2018-2019 jugée globalement ‘’bonne dans l’ensemble du pays’’, des poches d’insécurité alimentaire persistent par endroit. Ainsi, plus de trois millions de personnes seront en phase de crise. Face à cette situation préoccupante et les difficultés que le Dispositif national de sécurité alimentaire rencontre, depuis 2018, le ministre Commissaire à la Sécurité alimentaire a profité de la tribune de la 14e session ordinaire du Comité de coordination et de suivi des politiques et programmes de sécurité alimentaire pour appeler, ce 13 février 2019, les PTF et les ONG à se mobiliser au chevet du Mali.

L’ouverture des travaux de cette 14e session qui a eu lieu à l’Escale Gourmande, était présidée par le ministre commissaire en présence du chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de la sécurité alimentaire, Mme Silvia Caruso.

Les PTF, par la voix de leur porte-parole, se sont surtout réjouis de l’attention particulière accordée par les autorités au secteur de la sécurité alimentaire avant d’exprimer leur disponibilité à accompagner le gouvernement dans l’atteinte des objectifs.

« L’efficacité du dispositif national de sécurité alimentaire est au cœur de nos préoccupations pour qu’il puisse répondre de façon efficace, efficiente et transparente à l’ampleur des besoins identifiés par le cadre harmonisé et assurer un suivi de la sécurité alimentaire dans le pays. Nous avons pu constater les grandes difficultés rencontrées par la DNSA en 2018 », a-t-elle fait le constat.

Toutefois, les PTF ont salué les efforts de mise en œuvre de la réforme du Dispositif national de sécurité alimentaire et nutritionnelle, tels que la prise en compte de la gestion axée sur les résultats dans l’élaboration du plan opérationnel et du plan national de réponse permettant de suivre les résultats de mise en œuvre ; la volonté de renforcer le système de suivi évaluation du DNSA avec l’arrivée d’une assistance technique en 2019 ; la dynamisation des échanges avec les homologues du gouvernement dans un effort de coordination et de synergie des différentes réponses ou la finalisation des termes de référence du plan de contingence, a martelé Mme Silvia Caruso.

La responsable du PAM n’a pas passé sous silence « la volonté du ministre de dynamiser les structures déconcentrées du dispositif national : comités régionaux, communaux de sécurité alimentaire, afin de mieux responsabiliser les acteurs locaux, mieux cibler les ressources allouées et accélérer à terme les réponses aux crises ».

La vulnérabilité de certaines zones de notre pays en dépit d’une campagne agricole appréciable en 2019, ne laisse pas indifférent les PTF : « si la situation 2019 parait bonne, on ne peut pas éluder la vulnérabilité de certaines zones critiques abritant plus de 400 mille personnes en phase de crise et plus de 3 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim ».

Cette 14e session ordinaire du Comité de coordination et de suivi des politiques et programmes de sécurité alimentaire, a fait savoir le ministre Commissaire à la Sécurité alimentaire, Kassim DENON, sera un espace de partage et d’échange entre parties prenantes aux activités de sécurité alimentaire pour examiner : l’état de mise en œuvre des recommandations de la précédente session du comité ; l’évaluation provisoire de la situation alimentaire faite par le système d’alerte précoce, à travers le Cadre harmonisé ; le bilan du plan d’opération 2018, sa programmation 2019 et son budget d’exécution axés sur les résultats du dispositif national de sécurité alimentaire ; enfin, le partage avant la tenue du Conseil national de sécurité alimentaire 2018 et son planning provisoire d’atténuation des difficultés identifiées auprès des couches vulnérables.

« Comme vous le savez, la campagne agricole 2018-2019 a été marquée par une situation jugée globalement bonne dans l’ensemble du pays, excepté par endroit. Selon les résultats de l’évaluation provisoire du Cadre harmonisé en novembre 2018, le nombre de personnes en phase de crise et plus est estimé à environ 185 003 personnes. Celui en phase 2 est estimé à 2 315 796 personnes », a dépeint le ministre.

En situation projetée de juin à août 2019, ces chiffres évolueront respectivement de 415 838 personnes en phases crise et urgence. Et les phases 2 seront de 3 030 035 personnes dans le pays, a-t-il expliqué.

Les opérations d’intervention du DNSA, a dit M. DENON, seront orientées principalement vers ces personnes pour des actions d’atténuation d’urgence de relèvement précoce et de renforcement de la résilience.

Au regard de la situation particulièrement difficile du DNSA, le ministre a renouvelé son appel à l’endroit des PTF et des ONG, afin d’apporter ensemble les réponses adéquates aux populations vulnérables et au cheptel dans le besoin.

Par Sidi DAO

Source : aBamako

aBamako

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