L’Office du Niger célèbre « Une Femme Particulière »

L’Office du Niger, lors de la traditionnelle cérémonie annuelle de vœux de nouvel an au Président directeur général présentée par la section syndicale des travailleurs, a tenu à remercier ses travailleurs qui ont eu la chance de faire valoir leurs droits à la retraite. Chaque année étant spécifique, les cérémonies ne revêtent pas les mêmes couleurs et n’observent pas le même format.

L’évènement de cette année 2019, correspondant au 87ème anniversaire de l’Office du Niger fêté le 17 janvier, a enregistré un fait marquant : sur la liste des partants à la retraite figure une femme qui, comme le dit le poète, a blanchi sous le harnais : elle s’appelle Mme Kouriba Djénéba Diarra, respectueusement et affectueusement appelée Ba Djénèba. La seule et l’unique femme, jusque-là, à occuper le poste stratégique de Directeur de zone depuis 2007 à N’Débougou

Munie du célèbre Diplôme d’ingénieur d’agriculture et du génie civil, Ba Djènèba prend service à l’Office du Niger en …, ouvrant la voie à des contingents d’autres femmes qui démontrent par leurs aptitudes intellectuelles et physiques que ce talent n’est pas une exclusivité masculine. Ce n’est pas chose évidente, surtout dans le secteur du développement rural où il faut abandonner les escarpins pour chausser les bottes, troquer le pagne, le boubou ou la taille basse pour le pantalon. C’est ce qui fit Ba Djénèba durant ses … ans de carrière bien remplis. Elle a parcouru presque toutes les zones de production de l’Office du Niger de Ké-Macina au Kouroumari (Diabaly) en passant Kolongo, M’Bewani, Niono, Molodo, N’Debougou, affrontant les intempéries et bien d’autres risques, concentrée sur sa mission de booster la productivité et la production.

Ba Djénèba a magnifiquement joué sa partition à l’exemple d’illustres devancières comme :

– Nyéléni Coulibaly de Siradjan : seule enfant de ses parents paysans, elle se distingua par son excellence dans toutes les activités rurales tant féminines que masculines au point de mériter le trophée du Tjiwara dans sa société bamanan.

– Momo Traoré de Sikasso : l’Amazone tombée sous les balles de l’envahisseur un 1er mai 1898 à la porte de la fortification qui protège sa ville. Elle a mérité les hommages de son frère Babemba Traoré qui ne lui survivra pas.

– Flakoro Diarra de Koumi dans le Bélédougou : fille de Bandiougou Diarra de Ouéssébougou, devenue la femme de Diossé Kandia Traoré à la capitulation de son village. Elle voue fidélité et loyauté à son mari auprès duquel, elle donna sa vie la première dans les douloureux événements de la prise de Koumi lors de la révolte du Bélédougou contre l’envahisseur. Elle avait eu l’opportunité de se sauver mais elle dit à son mari assiégé : «ensemble nous avons bu du miel, ensemble nous boirons jusqu’à la lie la coupe amère. »

Ba Djénèba a bien mérité les hommages de l’Office du Niger dans son ensemble (administration, conseil rural, exploitants…) pour ses bons et loyaux services. Ces hommages succèdent à ceux de la Nation toute entière en 2011 avec sa décoration au titre de Chevalier du Mérite Agricole.

Ba Djénèba, savoure ta paisible retraite dans une longévité débordante de santé. Que ton exemple inspire la génération montante.

Source: Zoumana KANE

Source : aBamako

aBamako

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