Mali: La Banque africaine de développement annule le financement d’un projet d’assainissement de la ville de Bamako.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) vient d’annuler une importante ligne de financement allouée au gouvernement malien pour un projet d’assainissement de la ville de Bamako. Selon des documents exclusifs en possession de Confidentiel Afrique, ce projet d’assainissement, approuvé depuis le 11 janvier 2017, a été annulé par la Direction Générale du Bureau Régional de Développement et de Prestations de Services pour l’Afrique de l’Ouest (une division stratégique du Groupe de la Banque africaine de développement basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire). L’institution invoque le non respect du délai des décaissements qui est de 90 jours, par les autorités maliennes sur les ressources mises à sa disposition. Dessous d’une affaire d’État, sur fonds de batailles entre ministères et qui a mal tourné pour Bamako. Exclusif

Selon un document administratif parvenu en exclusivité à Confidentiel Afrique, un important financement en faveur d’un projet d’assainissement de la ville de Bamako-dont le montant n’a pas été révélé dans ce document- file décidément entre les doigts de l’État malien.

Que s’est-il réellement passé ? Dans une correspondance  en date du 15 février 2019 avec Numéro de Référence: RDGW/LTR/ML/2019/02/029, adressée au ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur Boubou CISSÉ, la Banque africaine de développement via sa Direction Générale en charge du développement, des prestations et des services, basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire et sous la signature du Chef du Département, Madame Marie-Laure AKIN-OLUGBADE, a bien voulu notifier au gouvernement malien, l’annulation du financement du projet d’assainissement de la ville de Bamako. Explications de la Banque africaine de développement: << 25 mois après l’approbation du projet de financement, nos services en charge de cette ligne, ont constaté aucun décaissement effectué sur les ressources y allouées. Les règles et procédures de la Banque africaine de développement en matière de prêts et dons, exigent que les décaissements doivent être effectués dans un délai de 90 jours avec une période cumulative de plus de 180 jours>>

Cette annulation se justifie du côté de la BAD du fait que  le gouvernement malien n’a pas effectué jusque là le moindre décaissement sur les ressources mises à sa disposition par la BAD, après l’approbation du projet qui remonte au 11 février 2017. Cette lenteur administrative de passer à la vitesse supérieure de la part des officiels maliens habilités à gérer ce dossier, a poussé la Directrice Générale du Bureau Régional de Développement et de Prestataires de Services pour l’Afrique de l’Ouest, Marie-Laure AKIN-OLUGBADE, à saisir par voie épistolaire le ministre de l’Économie et des Finances du Mali, Monsieur Boubou CISSÉ, pour lui notifier l’annulation de cette ligne de financement. En clair, Bamako n’est plus dans les normes de recevabilité de ce prêt auprès des guichets du Fonds Africain de Développement (FAD). La Lettre officielle de la BAD adressée à l’argentier de l’État du Mali, est aussi en ampliations aux Ministres Mme Aïda M’BOKEÏTA, Ministre de l’Environnement, de l’Artisanat et du Développement Durable, Monsieur Sambou WAGUE, Ministre de l’Énergie et de l’Eau, au Directeur Général de la Dette Publique, Monsieur Elly Prosper ARAMA, à la DGA de la Dette Publique, Madame Fatima TAPO et au Directeur Général de SOMAPEP SA, Monsieur Yenisanga KONÉ. Qu’est-ce qui n’a pas donc bien fonctionné pour perdre cette importante ligne de prêt en faveur de la ville de Bamako ?

Selon des sources crédibles bien recoupées, ce non décaissement par l’État, après l’approbation du projet depuis 2 ans, est la résultante d’une guerre de tranchées entre ministères interposés intervenant dans toute la chaîne de l’écosystème de financement. Selon nos informations, le ministre de l’Économie et des Finances, Boubou CISSÉ a manqué de flexibilité dans la gestion de cette ligne de financement. On lui reprocherait une intransigeance poussée et de vouloir faire passer sous son parapluie tout le dispositif qui avait au départ un caractère transversal. Ce flottement s’est accentué avec le processus d’organisation de la présidentielle de 2018 très tendu. En dépit de l’annulation du financement de cet important projet d’assainissement de la capitale par la Banque africaine de développement, le gouvernement malien peut disposer selon les termes du cahier de charges de 70% du montant du financement annulé. Confidentiel Afrique publie çi dessous l’intégralité du DOCUMENT DE LA BAD envoyé au gouvernement malien

 Par Ismael AIDARA

Confidentiel Afrique

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Source : Maliweb

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