8 mars : les aides ménagères disent « non à l’appellation péjorative bonnes »

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« Ces braves filles sont maltraitées et violentées en longueur de journée par leurs employeurs ». Le requisitoire est du Mouvement des travailleurs du Mali et l'Association des aides ménagères du Mali. C'était à la faveur du 8 mars au cours d'une rencontre tenue à Bamako sur "les violences faites aux travailleuses domestiques". Selon les initiateurs de la rencontre débats, "les violations répétitives des droits des aides ménagères doivent cesser en ce 21ème siècle".

Une cinquantaine d’aides ménagères sont venues de l’intérieur et des différents quartiers de la capitale pour célébrer le 08 mars dans la joie et la gaieté. Selon elles, cette journée est l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés en faveur de l’épanouissement et de l’émergence des aides ménagères et d’appeler à des changements.
Selon une des aides ménagères, en associant les aides ménagères aux festivités du 08 mars, ça leur donne l’envie de vivre. A ses dires, beaucoup de personnes oublient les aides ménagères. « Pour certains, nous ne sommes que des esclaves. Ils ne voient que la force de l’argent, eux, ils payent et nous, nous travaillons. Nous ne bénéficions d’aucune considération, même si nous tombons malades », a-t-elle dit. Et d’ajouter que cette journée donne de l’espoir à toutes les aides ménagères qui viennent de comprendre qu’elles peuvent désormais compter sur des personnes.
Selon Mme Sanou Hortense Dembélé, présidente du Mouvement des travailleurs croyants du Mali, il faut lutter contre la discrimination et les violences dont sont victimes les femmes, particulièrement les aides ménagères qui sont manipulées au gré par les patrons, et astreintes à une multitude de travaux sans repos. « Cette rencontre a pour but de faire connaitre aux filles qu’elles sont aussi des femmes et que cette fête est aussi la leur, que le 8 mars les concerne aussi. Aujourd’hui, elles sont exclues et marginalisées », a indiqué Sanou Hortense Dembélé.
Elle a invité tous à lutter contre des appellations péjoratives ou dégradantes comme « bonne ».
« Nous voulons que ces travailleuses soient valorisées dans tout ce qu’elles font et qu’on leur appelle simplement travailleuses domestiques ou aides ménagères », a-t-elle dit. Cette journée devrait devenir un temps de réflexion sur les conditions de vie des femmes à travers le monde. Il ne faudrait pas que le 8 Mars se limite à du folklore et que les femmes rurales, les femmes de conditions modestes, les aide-ménagères, et tant d’autres soient oubliées dans le combat.

Source : aBamako

aBamako

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