Echec des négociations sur la grève des enseignants : Le dépit des médiateurs, la gêne de l’Etat, l’indifférence des grévistes…

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Le cinquième round des négociations avec les syndicats d’enseignants, débuté le vendredi dernier, a été conclu sur un constat d’échec, comme tous les précédents. La faute ? Une certaine intransigeance syndicale, dénoncée par les médiateurs qui n’ont pas hésité d’exprimer leur dépit face à des syndicalistes ayant obtenu six des dix points de revendications, mais qui refusent obstinément de lever leur mot d’ordre de grève.

Très tard, dans la soirée de vendredi dernier, plus exactement aux environs de 21 h, les négociations entre la partie gouvernementale et les syndicats d’enseignants, sous le regard bienveillant des médiateurs, débutées le matin, se sont achevées sur un constat d’échec, après plus de huit heures d’horloge d’interminables discussions.

Le ministre du Travail, Racky Talla Diarra, au charbon, depuis le début des conciliabules, et le ministre de l’Education nationale, Abinou Témé, venu à la rescousse, ont tout tenté, avec l’équipe de négociateurs qui les accompagnait, pour désamorcer la crise.

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En vain ! Quelque part, il était écrit que les syndicalistes n’allaient pas infléchir leur position, devenue de plus en plus tranchée sur les trois points de désaccord. Un maximalisme syndical que n’a pas compris l’équipe des médiateurs qui a elle-aussi tout tenté auprès des syndicats grévistes pour les ramener à de meilleurs sentiments, dès lors qu’ils pouvaient se frotter les mains avec au moins six points d’accord et un point d’accord partiel sur le nombre total de dix initialement soumis à l’appréciation du gouvernement.

Rien n’en fit : les syndicats d’enseignants ne veulent pas lâcher sur la prime de logement. Pourtant, ils avaient bien décidé d’abandonner ce point s’ils obtenaient la prime de document de l’Etat. Ce qui ne fut pas le cas, une fois l’ayant gagné. Le gouvernement a expliqué que la prime de logement n’était pas compatible avec l’indemnité de résidence et que les difficultés financières actuelles ne pouvaient pas supporter une généralisation dans ce sens.

Qu’à cela ne tienne ! La partie gouvernementale a donné droit à une proposition des médiateurs, consistant à rechercher des facilités d’acquisition de parcelles d’habitation ainsi qu’aux logements sociaux. L’Etat s’est dit disposé à examiner ces questions avec un grand intérêt. Les syndicalistes, eux, ne l’entendaient pas de cette oreille, préoccupés qu’ils sont à ne recevoir que des propositions financières.

Face aux points d’acquis, s’agissant de l’école, où se joue l’avenir des enfants, les médiateurs n’ont pas compris pourquoi les représentants des syndicats d’enseignants n’adoptaient pas une position conciliante, étant donné que les deux parties affichaient une nette volonté pour le dialogue, dans le cadre partenarial qui les unit.

La partie gouvernementale, elle, n’a pas pu cacher la gêne qu’elle avait, en constatant que les représentants syndicaux n’ont pas respecté leurs propres engagements, liés à leur promesse d’abandonner la prime de logement si celle de la documentation leur avait été octroyée. Il s’agit là d’ailleurs d’un accord historique d’autant que cette prime venait d’être allouée pour la première fois aux enseignants, abstraction faite à ceux du supérieur.

Comment les syndicalistes vont-ils signer le PV d’échec de conciliation avec autant de points gagnés sans pour autant pu lever le mot d’ordre de grève, ne serait-ce que pour donner plus de chance au cadre partenarial de produire ses effets ?

K. I. L.

Le Focus du lundi 11 Mars 2019

Source : aBamako

aBamako

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