Décrispation politique : Le conflit de leadership entre Modibo Sidibé et Soumaïla Cissé renaît

Après que le chef de file de l’opposition malienne eût bénéficié d’un concours de circonstances le propulsant au-devant de la scène pour diverses concertations  en vue de décrisper l’atmosphère politique nationale, le leader des FARE Anka Wuli, Modibo Sidibé, a semblé reprendre du poil de la bête. Histoire de contrecarrer cette prééminence de Soumaïla Cissé ?

Après ses entrevues avec le président IBK, les présidents Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, des échanges téléphoniques avec le président ATT, Soumaïla Cissé est apparu comme un acteur de premier plan de la décrispation en cours et unanimement saluée par l’opinion nationale et internationale. Bien évidemment avec IBK, le capitaine du Bateau Mali, quelque peu secoué par les vagues et la tempête de la crise politico-sécuritaire…

Et certaines chancelleries occidentales, des partenaires du Mali et les observateurs politiques n’ont de cesse d’adresser des messages de félicitations au leader de l’URD, non moins ancien président de la Commission de l’UEMOA pour cette « ouverture d’esprit et cette disponibilité » à dialoguer avec le pouvoir. Ce qui a rehaussé de façon significative la côte de popularité de « Soumi champion » au sein de l’opinion. Cela-t-il suffi pour réveiller le zèle de Modibo Sidibé des FARE, dont la rivalité avec M. Cissé n’a jamais pu être démentie ? L’on a vu brusquement Modibo Sidibé prendre vigoureusement son…bâton de dialogue pour claironner son « dialogue républicain refondateur » après qu’il eût été reçu par le chef de l’Etat. Il sera reçu à la CODEM, au MPR, à l’ADEMA-PASJ, au CNID… pour proposer son « document » de renaissance du Mali ! Comme si, visiblement, le patron des FARE est en réveil de leadership pour devancer Soumaïla Cissé dans l’arène politique.

Modibo Sidibé sera, dans la foulée, annoncé à la une de journaux comme potentiel Premier ministre devant remplacer Soumeylou Bouèye Maïga. Et, comme si cela ne suffisait pas, le leader du parti du baobab crachera dans la démarche de recherche de consensus vers un gouvernement de rassemblement de la nation. « Un gouvernement d’union nationale sera catastrophique pour le Mali », crache-t-il, comme s’il a une autre recette, (magique, celle-là), que l’appel d’IBK aux fils du pays à venir par leurs mains boucher la jarre nationale trouée… En référence au Roi Guézo ! Modibo est-il plus sage que ce  célèbre Roi Dahoméyen (Béninois) auquel IBk ne cesse de se référer ces derniers mois ? Quelle mouche a-t-elle piqué Modibo Sidibé dans le contexte actuel d’extrême difficulté pour le pays ? La question se pose.

Il faut rappeler que depuis le vote de la loi sur le statut suivi de l’installation, pour la première fois au Mali, d’un « cabinet du chef de file de l’opposition politique », le leader des FARE, l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé n’a jamais pu cacher sa gêne devant ce dispositif institutionnel de renforcement de la démocratie. L’homme n’hésitait à pourfendre le concept de « chef de l’opposition », pourtant défini clairement par la loi. Modibo Sidibé finira par se faire le chantre de la théorie de « l’opposition plurielle », ayant, lui aussi, opté pour animer le contre-pouvoir à l’avènement d’IBK. Malgré sa proximité d’analyses et de perceptions d’avec le challenger d’IBk à la présidentielle de 2013 (comme de 2018) des questions brûlantes de la nation, le président des FARE AnkaWuli ne parvenait même pas à venir facilement au Cabinet du chef de file pour des rencontres politiques. L »homme trouvait souvent des excuses pour se faire représenter aux réunions de l’opposition par le vice-président des FARE, Souleymane Koné. Il fera même un faux bond retentissant à un meeting unitaire de cette opposition, dont Soumaïla Cissé est le leader, du fait la relative bonne représentativité de son parti, l’URD à l’Assemblée Nationale.

La rivalité ainsi apparente entre Modibo et Soumi n’a pu se cacher à aucun observateur de la vie politique nationale de 2013 jusqu’à la présidentielle de l’année dernière. A cette échéance, si Souleymane Koné a gardé ses bons rapports avec l’opposant en chef, leader de l’URD, Modibo Sidibé a dû penser, confient certains de ses proches, qu’un soutien à IBK vaut mieux qu’un ralliement au président de l’URD. Ce qui a ému certains cadres du parti FARE. Et certains Maliens !

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

Commentaires via Facebook :



Source : Maliweb

Maliweb

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here