Projet de révision constitutionnelle : Des grains de sable dans l’engrenage de la machine ?

Pour plusieurs acteurs politiques et des observateurs de la scène nationale, l’initiative de la révision constitutionnelle est très mal emmanchée dans la mesure où le Comité d’experts est mis en route avant le dialogue politique auquel tous appellent…     

-Maliweb.net- « La charrue avant les bœufs » ! C’est la remarque générale qui fuse pour qualifier l’installation du Comité sur la révision constitutionnelle avant même l’amorce du dialogue politique nationale appelé de tous les vœux. Comment aller vers la révision constitutionnelle sans canevas de relecture ? « Sans que les grandes lignes de cette réforme majeure ne soient définies nulle part par les initiateurs ? », s’offusque un opposant. Comment envisager une nouvelle initiative de révision de la Constitution sans tenir des assises des forces vives du pays ?

En effet, selon plusieurs acteurs politiques, il ne sert à rien de mettre sur pied un Comité de relecture de la Loi fondamentale avant même de lancer des initiatives de décrispation politique. Avec les rencontres tous azimuts des leaders politiques avec le chef de l’Etat et même avec les anciens présidents…Ces consultations, qui se poursuivent du reste, visent à poser les jalons d’un « dialogue républicain refondateur » pour discuter de tous les grands problèmes qui assaillent le pays. Et l’on susurre la possibilité de formation d’une nouvelle équipe gouvernementale pouvant faciliter la réussite des réformes politiques à l’ordre du jour. On comprend que ces chantiers n’auront pas l’adhésion souhaitable s’ils ne sont pas issus de larges concertations. Donc, un Comité de révision constitutionnel aura beau sillonner le pays pour discuter de divers sujets de la nation, l’avant-projet de texte qui sortira peinera à recueillir l’onction de la majorité du peuple malien.

Or, pendant ce cafouillage, des partis politiques réfléchissent, tambour battant, au dispositif institutionnel et législatif à venir. Tel est le cas surtout des partis politiques de la majorité présidentielle, qui ne cessent de tenir des «assises » consacrées au projet de révision constitutionnelle, au projet de loi électorale, etc.

A grand renfort de tapage médiatique l’Alliance Ensemble Pour le Mali (EPM) mobilise ses bases sur l’initiative constitutionnelle, comme pour anticiper sur un bis repetita du front du refus «Anté A banna » en 2017 !

Le week-end dernier, c’est le parti du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, l’ASMA-CFP, qui a approuvé un « document consensuel »sur la révision constitutionnelle, le mode des scrutins et les circonscriptions électorales. Avant de promettre des échanges sur le découpage territorial.

Alors que sur le terrain, à l’intérieur du pays, la dégradation de la situation sécuritaire, notamment au centre du pays, ne plaide pas en faveur de simples discussions sur les retouches à apporter à l’architecture institutionnelle et constitutionnelle de la République. Celle-là qui est aussi fortement ébranlée par un front social incandescent.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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