Le président Keïta lors de la sortie de promotion du SNJ: «Que nul ne vienne plus jamais nous surprendre»

Ce contingent compte 600 jeunes non fonctionnaires dont 110 personnels féminins. Après la formation militaire, ils en suivront d’autres à l’issue desquelles, chacun recevra un kit de démarrage pour l’insertion

Le chef de l’Etat a présidé la cérémonie de sortie du contingent
Le développement du capital humain et l’inclusion sociale occupent une place de choix dans le programme intitulé : «Notre Grand Mali avance» du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. De même, le chef de l’Etat, dont on connaît l’engagement pour la promotion des valeurs de citoyenneté et de civisme, a dédié son second mandat à la jeunesse. Toutes choses qui ont trouvé leurs véritables significations à la faveur de l’organisation, hier, de la cérémonie de présentation au drapeau des recrues de la cohorte 2018 du Service national des jeunes (SNJ).
Présidé par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, cet événement s’est déroulé à la Place d’armes du Génie militaire, en présence du Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, du président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé. Les membres du gouvernement, ceux du corps diplomatique, la hiérarchie militaire et de nombreux invités étaient aussi présents.
Cette cérémonie marquait la fin de la formation militaire des jeunes recrues de la cohorte 2018 du SNJ d’une part, d’autre part, la renaissance du même service institué par la loi n° 038 du 07 juillet 2016.
Cette loi, selon le directeur général du Service national des jeunes, le colonel-major Kéba Sangaré, traduit la vision du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, de parfaire l’éducation des jeunes et préparer leur mobilisation pour les besoins de la défense nationale. Et d’ajouter que par la renaissance du SNJ, l’Etat entend rehausser l’esprit de discipline et de patriotisme chez les jeunes.
La cohorte 2018 du SNJ, a détaillé le haut gradé, compte 600 jeunes non fonctionnaires dont 110 personnels féminins qui ont été partagés entre quatre compagnies de 150 personnes et ont reçu chacun un numéro matricule.
En outre, il ressort des explications du colonel-major Kéba Sangaré que le programme de formation dure 18 mois dont 6 de formation commune de base couplée avec une formation sur le civisme, 10 mois de formation professionnelle sur 12 filières porteuses dans huit langues vernaculaires, deux mois de prise en main.
A l’issue de la formation, a-t-il ajouté, chacun recevra un kit de démarrage pour l’insertion. Il a souligné que l’attestation délivrée à la fin de la formation assurera des points de bonification aux candidats postulant pour un emploi. Selon le directeur du SNJ, les jeunes qui auront validé leur cycle auront le statut de réservistes en cours d’élaboration.
«Le SNJ peut contribuer à fixer les jeunes tout en freinant l’exode rural et l’émigration dangereuse», a souligné le colonel-major Sangaré. Il précisera ensuite que la cérémonie de présentation au drapeau est un instant de recueillement et de confirmation de la vocation, symbolisant l’entrée de la promotion dans la communauté militaire. La présentation au drapeau, a-t-il expliqué, est une cérémonie d’échange entre la Nation et la promotion.
«La première reconnaît officiellement et publiquement l’aptitude des futurs soldats à se servir de leurs armes et à recevoir le mandat de la défendre ; la seconde s’engage à se placer au service du Mali, dans le respect des lois et traditions nationales», a déclaré le colonel-major Sangaré.

VOLONTÉ POLITIQUE – Au nom des autorités du pays, le patron du SNJ leur a adressé ses vives félicitations pour leur courage, leur sérieux et la compréhension dont ils ont fait montre tout le long de cette formation. En appui à ses propos, l’officier supérieur a signalé au compteur : zéro désertion, zéro évacuation sanitaire. «Il ne faudra jamais oublier que la discipline est une nécessité, l’obéissance un devoir et l’alignement une vertu», a conseillé Kéba Sangaré.
Dans son intervention, le ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne, Amadou Koïta, a indiqué que le Service national des jeunes est personnel et obligatoire pour tous les jeunes Maliens de 18 à 35 ans.
Il concerne, selon lui, les recrues des fonctions publiques de l’Etat, des collectivités territoriales et des autres statuts ainsi que les jeunes non fonctionnaires qu’ils soient urbains ou ruraux.
Pour M. Koïta, le rétablissement du SNJ, dans le contexte actuel participe d’une vision avant-gardiste, d’un projet de société novateur. De plus, le ministre Koïta a estimé qu’il faut louer la clairvoyance du président de la République pour avoir eu et avoir fait de la reprise du SNJ, un engagement personnel, une volonté politique affichée de promouvoir, dans une approche globale, la citoyenneté et le civisme.
Conformément à la lettre de mission du président de la République, a indiqué Amadou Koïta, le département en charge de la Jeunesse vient d’organiser un atelier national pour valider le Programme décennal de développement du SNJ. «L’objectif ultime est de doter le SNJ et, partant, le pays d’un outil de planification, largement partagé, en vue d’assurer la formation physique, civique et professionnelle des jeunes et contribuer significativement à l’essor du pays», a-t-il précisé.
Dans son intervention, le président de la République a, d’abord, dit que s’il fallait se convaincre de la pertinence du retour du Service national des jeunes, il aurait fallu assister à cette cérémonie. «Pour tout pays comme le Mali, qui est en guerre, il convient que nous conjuguions nos intelligences et que nous, à la direction du pays, comprenions que la défense est une affaire collective qui concerne tous les segments de la société et qui mobilise tous les efforts nationaux dans tous les domaines. Il ne s’agit pas d’une affaire purement et uniquement militaire», a affirmé le chef de l’Etat.
Pour le président Keïta, préparer la jeunesse à ce rôle civique, à cette mission ardente, mais combien noble de défense de la patrie, de servir la patrie est une tâche incontournable. Il a remercié tous ceux qui ont eu l’initiative première du SNJ, notamment l’ancien président, le général Moussa Traoré.
Aujourd’hui, a ajouté le chef de l’Etat, que cela ait été repensé, rafraîchi, dans les conditions nouvelles, était de mise pour qu’il soit dorénavant ouvert à toute la jeunesse du Mali ; toute celle-là en capacité de servir, d’être prête au service du pays.

Massa SIDIBÉ

«QUE NUL NE VIENNE PLUS JAMAIS NOUS SURPRENDRE»

Le chef de l’Etat a saisi l’occasion de cette cérémonie pour revenir longuement sur l’attaque survenue dimanche dernier à Dioura contre les Forces armées maliennes. «Le peuple malien est dans la douleur, mais est loin de désespérer», a indiqué Ibrahim Boubacar Keïta, ajoutant : «Dioura la torturée, Dioura l’agressée, Dioura la violentée, Dioura la surprise. Que non ! Que ça ne soit plus le cas ; que nous ne soyons plus surpris nulle part, messieurs les chefs militaires, je vous y engage instamment en le nom de la patrie. Nous sommes en guerre, aucune négligence ne saura plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérerai pas pour la vie de nos enfants, pour le service de la patrie… Que cela ne soit plus, ceci est un mot d’ordre aux forces armées», a martelé le chef suprême des Armées.
Pour Ibrahim Boubacar Keïta, «chacun doit savoir, en quelque lieu où il se trouve, que nous sommes sous des regards qui ne sont pas amicaux ; que nos moindres fautes, nos moindres failles seront exploitées pour nous faire un sort pas toujours le meilleur».
En outre, le chef de l’Etat a estimé que le civisme est un devoir rigoureux. «Notre pays n’est pas en paix, nous faisons face à une guerre asymétrique, une guerre traîtresse, il faut que chacun le sache et que nous soyons dans la posture d’une vigilance absolue, accrue», a-t-il insisté. «Que nul ne vienne plus jamais nous surprendre en train de faire du thé, ou en passivité à un check-point. Cela ne sera plus admis. Nous avons devoir et mission de qualifier nos forces armées, de les équiper, de les former, en retour, nous attendons un service impeccable en les temps que nous vivons».

Source : aBamako

aBamako

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