Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence : Comment la montagne a accouché d’une souris !

La transformation de la DNCC en DGCC vise à alléger le fonctionnement du service, à davantage responsabiliser les cadres dans la gestion de leur structure et dans la prise des décisions concernant le service, à créer un environnement propice à l’exercice des activités de commerce et de la concurrence. Last not least il s’agit également d’assurer la prise en charge effective des attributions spécifiques dans le fonctionnement du service telles que la protection des consommateurs, la surveillance des marchés …Mais par la faute d’un seul homme, la mise en œuvre de cette importante réforme dans une structure aussi sensible de notre économie, est vouée à l’échec.

L’érection de la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence (DNCC) en Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) a été un parcours de combattant.

Lancé à partir de 2005, le processus a été piloté par plusieurs ministres chargés du commerce sans pour autant aboutir, soit par manque de vision des autorités compétentes de l’époque, soit pour des raisons purement subjectives. Ce n’est finalement qu’en 2017 que la DGCC a été créée grâce au grand talent de manager et de négociateur du ministre chargé du commerce d’alors.

Il a fallu, pour ce faire, revoir l’Ordonnance n°07-025 P-RM du 18 juillet 2007 portant organisation de la concurrence. Ce texte fourre- tout servant de base juridique à l’ancienne DNCC pour réguler les activités commerciales et économiques a été alors disséqué et éclaté en plusieurs textes pour mieux appréhender, préciser et recentrer les actions du service. Ainsi ont été adoptées :

– la loi portant protection du consommateur en 2015;

– la loi portant organisation de la concurrence en 2016;

– la loi relative aux pratiques commerciales frauduleuses en 2018.

Dans la même dynamique, l’Agence Malienne de la Métrologie (AMAM) a été créée en 2017. Elle a été précédée par la création de l’Agence pour la Promotion des Exportations du Mali (APEX-MALI) en 2011.

Les objectifs visés à travers la création de la DGCC sont entre autres :

– l’allègement du fonctionnement du service ;

– une plus grande responsabilisation des cadres dans la gestion de leur structure et dans la prise des décisions concernant le service ;

– la création d’un environnement propice à l’exercice des activités de commerce et de la concurrence ;

– La prise en charge effective des attributions spécifiques dans le fonctionnement du service telles que la protection des consommateurs, la surveillance des marchés …

La stupéfaction de nombreux cadres et usagers

En clair, contrairement à la Direction nationale, la Direction générale devrait désormais apporter plus de clarté, plus de professionnalisme et moins de lourdeur dans l’accomplissement des missions de ce service stratégique non seulement dans l’encadrement du commerce et de la concurrence dans notre pays, mais également dans la cohérence et la complémentarité de l’ensemble des structures impliquées dans la gestion du commerce et des activités économiques.

Or, force est de craindre que c’est plutôt tout le contraire qui s’y passe actuellement. Cela à la grande stupéfaction de nombreux cadres et usagers de cette importante structure de notre administration. En effet l’analyse du fonctionnement actuel de la DGCC montre une gestion autocratique de la Direction générale. Se croyant désormais omnipotent, le directeur général a déjà oublié comment il est arrivé à ce poste.

Au lieu de se concentrer sur ses fonctions de conception, de coordination et de contrôle, c’est curieusement l’opérationnel qui l’intéresse. C’est lui qui décide de tout : depuis la délivrance des titres du commerce extérieur jusqu’aux petits achats pour l’approvisionnement du service, en passant par les ordres pour les investigations économiques, la fixation des montants des amendes transactionnelles. Les avis des chefs de division et même des sous-directeurs et directeurs régionaux ne comptent pas. Ceux-ci sont réduits à des simples exécutants et confinés dans la pratique routinière. Le cadre organique du service est superbement piétiné.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de constater la baisse de performance du service. Plus de travail intellectuel. Les quelques rares dossiers émanant du service sont ceux qui ont été initiés avant son arrivée. Il est préoccupé par les mutations intempestives de tout agent qui pourrait le contrarier, même à raison. Il entretient la formation des clans au sein du service, cultive la promotion des médiocres autour de lui et éloigne les cadres doués et expérimentés qui ne sont pas de même bord que lui. Il préfère la collaboration des inspecteurs au rabais, complaisants et béni oui-oui, aux cadres sérieux et compétents qui font la preuve de la maitrise de leurs dossiers. Un sentiment de découragement, d’injustice, d’angoisse et même de hantise gagne de plus en plus les agents, ce qui pousse certains à quitter le service pour d’autres horizons.

La gestion de la concurrence

à la traine

La gestion de la concurrence, qui devrait être mise en exergue avec la nouvelle dénomination du département, dont découle d’ailleurs la sienne propre, reste à la traine. Ce qui favorise la concurrence déloyale au grand dam des opérateurs économiques travaillant dans la transparence en s’acquittant correctement de leurs charges fiscales.

C’est pourquoi il urge plus que jamais de rendre fonctionnelle la Commission nationale de la concurrence pour mieux cerner les questions relatives à la concurrence et sortir aujourd’hui de la grande confusion qui existe encore (même au niveau de certains pratiquants) entre les notions de commerce et de concurrence .

La formation des ressources humaines reste parmi les derniers soucis de la direction. Tant pis pour le service et la bonne gestion du commerce ! Tout ce spectacle désolant se passe sous l’œil passif voire complaisant du syndicat caressé dans le sens des poils par le directeur. Attitude tout de même surprenante pour un syndicat hyper actif il n’y a guère longtemps ! Ou alors, faut-il accorder du crédit à certaines complicités ?

En tout état de cause, l’histoire retiendra que la restructuration de la DNCC en DGCC est loin de produire les effets escomptés et tout va au contraire à vau l’eau. Cela, en raison du mauvais management et même de l’incurie de l’actuel directeur. Celui-ci rame manifestement à contre – courant du progrès malgré tout l’arsenal juridique mis à sa disposition.

Faut-il laisser ce service dans l’impasse, si nous voulons réellement que le commerce, avec toutes ses potentialités et son importance dans le PIB, joue davantage sa partition dans le développement économique du Mali ?

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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