L’accord sur le Brexit rejeté une troisième fois, Donald Tusk convoque un sommet européen le 10 avril

BREXIT Les députés britanniques ont recalé vendredi pour la troisième fois le Traité de retrait de l’UE de la Première ministre Theresa May, laissant un Royaume-Uni en crise face à deux options: un Brexit sans accord le 12 avril ou un long report du divorce.

Destiné à mettre en oeuvre en douceur un Brexit décidé par référendum en juin 2016, le Traité a été rejeté par 344 voix contre 286, dans le droit-fil d’une séquence législative chaotique, qui a vu la Chambre des Communes le retoquer le 15 janvier puis le 12 mars.

Ce vote est un cinglant désaveu pour la Première ministre conservatrice, qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois avec Bruxelles, et pose la question de sa survie à la tête de l’exécutif.

Pas de sortie de crise
L’adoption de l’accord était censée permettre au Royaume-Uni de quitter le giron de l’UE le 22 mai, avec une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, afin d’éviter une rupture trop brutale de liens tissés pendant 46 ans.

Elle aurait offert aux Britanniques une sortie de crise après des mois d’incertitude et de disputes quant à la forme que prendra le Brexit.

Ironie de l’histoire, ce vote a eu lieu le jour-même où le Royaume-Uni aurait théoriquement dû quitter l’UE, ce vendredi 29 mars. Mais Londres avait obtenu des dirigeants européens un report pour sortir de l’impasse au parlement.

Un conseil européen extraordinaire le 10 avril, le no deal est probable
Le gouvernement britannique a désormais jusqu’au 12 avril pour proposer un plan B aux dirigeants de l’Union européenne. Sinon, le Royaume-Uni quittera ses partenaires européens sans accord (“no-deal”), et sans transition, un scénario cauchemar pour les milieux économiques.

Un “no-deal” est désormais un scénario probable, a affirmé la Commission européenne. La Commission répète être “entièrement préparée” à ce scénario.

Donald Tusk, président du Conseil européen, convoque un sommet européen extraordinaire le 10 avril, deux jours avant la fin de la courte extension accordée au Royaume-Uni.

Theresa May sur la sellette
Dans une ultime tentative pour sauver ce traité, Theresa May avait promis mercredi qu’elle quitterait ses fonctions si son texte était approuvé, cédant aux appels d’élus de son camp qui conditionnaient leur soutien à sa démission.

Et bien que cette condition ne soit pas remplie, la cheffe de l’exécutif, cible d’incessantes critiques ces derniers mois, est désormais plus que jamais sur la sellette.

Où va le Brexit? Les différents scénarios possibles

Brexit sans accord le 12 avril
Londres a jusqu’au 12 avril pour proposer une solution de rechange à l’UE. Sinon, le Royaume-Uni sortira de l’Union sans accord à cette date.

Le pays mettrait ainsi fin, sans période de transition ni plan pour la suite de leur relation, à 46 ans d’appartenance à l’UE, quittant du jour au lendemain le marché unique et l’union douanière. Le scénario est redouté par les milieux économiques.

Les deux parties ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité. Mais les députés ont une deuxième fois voté contre ce scénario mercredi et Theresa May y est hostile.

Long report du Brexit
Les dirigeants de l’UE ont ouvert la possibilité d’un long report, si l’accord de retrait était rejeté, à condition qu’un changement significatif intervienne entre-temps.

Theresa May a dit mercredi qu’elle ne serait plus à son poste pour mener de nouvelles négociations. Cela pourrait constituer le changement réclamé par l’UE puisqu’un nouveau gouvernement conservateur, avec d’autres postulats (“lignes rouges”), serait alors en mesure de rouvrir les négociations avec Bruxelles.

Un long report devrait courir au moins jusqu’à fin 2019, a prévenu la Commission européenne, et être approuvé par les 27. Il implique que le Royaume-Uni prenne part aux élections européennes en mai.

Elections générales
Autre scénario amenant à un changement de gouvernement: la tenue d’élections générales. Elles peuvent être convoquées si le Parlement et le gouvernement ne parviennent pas à s’entendre sur une solution pour mettre en oeuvre le Brexit.

Le Parlement doit voter lundi une nouvelle fois sur plusieurs options possibles pour le Brexit mais ce vote n’est pas contraignant et Theresa May peut alors décider de convoquer des élections générales pour sortir de l’impasse. Un tel scrutin peut aussi être organisé à la suite du vote d’une motion de censure contre le gouvernement.

Pas de Brexit
Ce scénario, que Mme May refuse, ne peut être exclu au vu du chaos ambiant au Royaume-Uni. Selon la Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni peut décider seul de renoncer à quitter l’UE, sans avoir besoin de l’aval des autres États membres.

Mais un tel revirement, soutenu par une minorité de députés, implique l’organisation de nouvelles élections ou d’un nouveau référendum qui renverserait le résultat de la première consultation, en juin 2016, dont le résultat avait été acquis par 52% des voix.


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Source : Maliweb

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