Mali : l’avenir du Premier ministre en pointillé : La rupture est -elle désormais consommée ?

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Les jours de Soumeylou Boubeye Maïga sont désormais comptés à la tête de l’Exécutif. Le gouvernement qu’il dirige est visé par deux motions de censure dont l’une portée par le parti au pouvoir, le Rassemblement pour le Mali (RPM).

Maliweb.net – La rupture est désormais consommée entre le Premier ministre et les députés. Les élus de la Nation veulent abréger son séjour à la Primature, à travers le vote d’une motion de censure contre son gouvernement.

Selon le site www.wikipédia.com, la motion de censure  est le principal moyen dont dispose un Parlement pour montrer sa désapprobation envers la politique du gouvernement et le forcer à démissionner, autrement dit pour témoigner de sa défiance envers le gouvernement en place. Depuis l’arrivée d’Ibrahim Boubacar Kéita au pouvoir en 2013, c’est la troisième fois que les députés déposent une motion de censure contre le gouvernement. Les deux premières fois ont été déposées par l’opposition.

Elle est cette fois-ci soutenue ou même portée par le parti au pouvoir, le Rassemblement pour le Mali (Rpm). Le Bureau politique de la formation dirigée par Dr BocariTréta, selon plusieurs sources concordantes, a donné quitus aux députés du parti de voter la motion de censure. Ce qui n’est pas surprenant pour qui connait la position du Rpm. La sortie de deux députés du parti du Tisserand la semaine écoulée est assez illustrative.

Le mal est déjà est fait

La pression s’accroit sur les épaules des députés, qui sont désormais devant leur responsabilité historique. Ils sont, pour l’une des rares fois soutenus, ouvertement par une partie de la population, qui les enjoigne à faire tomber le gouvernement. Il faut à ce niveau souligner que les élus de la Nation aussi jouent une partie de leur avenir politique. Déjà une campagne se prépare contre tout député qui votera contre la motion. Ce qui est sûr, le vote de la motion de censure par les députés de la majorité sera une première dans notre pays. En réussissant à faire partir le Tigre de Badalabougou, le parti du Tisserand veut contraindre le Chef de l’Etat à nommer un de leurs cadres à la Primature.

Que cette motion prospère ou pas, le mal est déjà est fait. Le  Premier ministre même s’il échappe à la motion de censure sera très affaibli. Surtout que celui-ci a eu la prouesse de se mettre tout le monde à dos.

Pour éviter une crise politique aux conséquences incalculables, le président de la République doit prendre le devant en négociant le départ de Soumeylou Boubeye Maïga. La dissolution de l’Assemblée Nationale comme on entend dans les coulisses n’est pas la mesure appropriée. Car les députés seront désormais perçus aux yeux d’une partie de l’opinion nationale comme des victimes.  Ce qui grossira sans nul doute le rang de l’opposition.

Par cette motion de censure, la formation dirigée par Dr BocariTréta veut s’affranchir de la tutelle du président de la République. Sinon comment comprendre la fronde du parti contre le Premier ministre ? A moins qu’Ibrahim Boubacar Kéita lui-même ne soutienne la démarche. Ce qui serait très curieux.  Elle s’explique aussi par la volonté des  cadres du parti de prendre leur destin en main.

Abdrahamane Sissoko/Maliweb.net

 

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Source : Maliweb

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