Démission de Soumeylou Boubèye Maïga : quid de son bilan

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Nommé le 31 décembre 2017, le Premier ministre, sous la pression de la motion de censure, a été contraint de rendre le tablier le jeudi 18 avril dans la soirée. Le bilan du passage de Soumeylou Boubèye Maïga à la tête du gouvernement reste tout de même mitigé.

-Maliweb.net- Soumeylou Boubèye Maïga est passé de héros en zéro aux yeux d’une partie de l’opinion publique malienne, qui ne gardera pas un bon souvenir de son passage à primature. La faute à un bilan jugé très peu satisfaisant par plusieurs observateurs.

À sa nomination en décembre 2017 qui a suscité beaucoup d’espoirs, Soumeylou Boubèye Maïga s’était donné quatre objectifs. À savoir : l’organisation d’élection crédible et à bonne date, accélérer la mise en œuvre de l’accord pour la Paix, le retour de la sécurité et favoriser le dialogue social.

Soumeylou Boubèye Maïga n’aura reçu que l’organisation de l’élection présidentielle. Ce qui est à son actif. Cependant, elle a été émaillée par des accusations de fraudes et de bourrage d’urne. D’ailleurs une partie de l’opposition n’a jusqu’à présent pas reconnue la victoire du Chef de l’État.

Son fameux « Plan de sécurisation intégrée des régions du Centre (PSIRC) », s’est révélé être une véritable fumisterie

La mise en œuvre de l’accord pour la Paix et le dialogue social n’a connu aucun progrès. Son plus gros échec se situe au niveau de la sécurité. Réputé être un « Securocrate », le désormais ex-Premier ministre était considéré comme celui qui allait favoriser le retour de la sécurité au Mali.

Ce qui ne fut pas le cas. Au contraire l’insécurité s’est beaucoup exacerbée. Son centre de gravité s’est déplacé du Nord au Centre. Les attaques et des massacres de villages entiers comme ce fut le cas à Ogossagou le 23 mars, qui a fait plus de cent soixante morts, se sont multipliés sans aucune raison acceptable ne soit avancée. L’ONU annonce la mort de plus cinq cents personnes depuis janvier. Son fameux « Plan de sécurisation intégrée des régions du Centre (PSIRC) », s’est révélé être une véritable fumisterie.

Critiqué de toute part, Soumeylou Boubeye Maïga paie le manque de résultats de son gouvernement. « Quand le gouvernement est inactif et immobile, il va sans dire qu’on s’attaque au chef de l’exécutif. Parce que c’est lui la locomotive et la cheville ouvrière» analyse le député Maître Zoumana N’Tji Doumbia, président de la commission des Lois au micro de nos confrères de TV5 Afrique.

Après près de seize mois passé à la tête de l’exécutif, Soumeylou Boubèye Maïga laisse derrière lui  un pays profondément divisé. Il appartient désormais à son successeur de rassembler les Maliens.

Abdrahamane Sissoko/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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