’Sans Détour’’ / Mali : Boubou dans la boue !

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Nommé ce 22 avril 2019 en qualité de Premier ministre, Dr. Boubou Cissé n’aura certainement pas un temps de relaxe. Il prend la tête de la Primature au moment où le pouvoir n’a pas une bonne presse auprès de son peuple. Mais en tant que membre de l’ancienne équipe et surtout après avoir dirigé un département stratégique comme le ministère de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé devrait être au fait des défis qui l’attendent.

Il s’agit principalement de la poursuite du processus de la réforme constitutionnelle qui est un élément essentiel dans la mise en œuvre effective de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation dans notre pays. Ce processus se déroule dans une période où le tissu social est encore fragile, même très fragile. Cela, à cause d’une grogne sociale plus ou moins généralisée qui met le régime dans une situation pas vraiment favorable. Les grèves des syndicats, les manifestations contre l’insécurité entre autres, tels sont les maux auxquels il faut rapidement remédier pour permettre aux populations de vivre en toute quiétude.

C’est aussi la seule clé de réussite de cette révision constitutionnelle afin d’asseoir une vraie politique de sécurisation et de développement du pays. Certes, la nécessité est là, mais il faut forcément réunir les conditions minimales pour que les populations se sentent concernées. L’une de ces conditions est la sécurisation des personnes et leurs biens, grâce au contrôle effectif par l’Etat de l’ensemble du territoire national, à travers la présence partout des forces armées et de sécurité. En plus, il s’agira de rendre toujours le processus inclusif.

Il est certain que le ton a été déjà donné par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, après avoir reçu l’avant-projet de révision constitutionnelle, le 1er avril 2019, du comité d’experts. Mieux, le 16 avril 2019, il a annoncé, dans son adresse à la nation, la tenue d’un cadre de concertation nationale regroupant les représentants de toutes les forces politiques et sociales du pays. Cette rencontre de six jours devrait en principe démarrer hier 23 jusqu’au 28 avril 2019.

Mais, ces consultations doivent être menées dans les meilleurs cadres et les préoccupations formulées par chacune des couches politiques et sociales doivent être également minutieusement étudiées sans prendre en compte ni leur appartenance politique, ni leur provenance sociale. Déjà, il y a une semaine, Ibrahim Boubacar Kéïta a rencontré des leaders politiques et des acteurs de la société civile auxquels il a remis des copies de l’avant-projet pour d’éventuels amendements ou propositions. L’objectif de ces rencontres doit toujours être de privilégier l’inclusivité du processus et non d’être juste une formalité politique pour tenter de berner les citoyens.

Au-delà de Bamako, ce processus, au bon moment, doit impliquer toutes les forces vives de l’ensemble du pays. Il s’agira de descendre sur le terrain pour expliquer aux populations de l’intérieur le contenu du projet et connaître, en retour, leurs préoccupations. Pour ce faire, il est nécessaire de donner le temps au temps pour mieux faire comprendre et mieux impliquer la majorité des Maliens.

En aucun cas, ces concertations ne doivent amputer le dialogue national tant souhaité par la classe politique et la plupart des organisations de la société civile comme le seul moyen pour un nouveau départ que doit désormais incarner le tout nouveau Premier ministre. Donc, il serait bien que chacun y trouve son compte et que soient faites de vraies propositions capables de restaurer la paix et la cohésion nationale dans notre pays. Voilà une responsabilité qui incombe, dorénavant, au Dr. Boubou Cissé. Nous espérons vivement que l’homme saura prendre toute la mesure de cette charge et qu’il fera attention à chacun de ses pas dans le marécage politique malien plein de boue !

Ousmane BALLO

Source : Ziré-hebdo

Source : aBamako

aBamako

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