« Si je perds, ma mère meurt » : en colère, le fils de l’otage Sophie Pétronin accuse la France

Le fils de Sophie Pétronin, enlevée en 2016 par des djihadistes au Mali et seule otage française dans le monde, accuse les autorités de ne pas œuvrer pour sa libération. "On a pris la décision [...] de sacrifier ma mère", reproche-t-il.
Sophie Pétronin a été enlevée le 24 décembre 2016 au Mali.
Sophie Pétronin a été enlevée le 24 décembre 2016 au Mali. (liberons-sophie.fr)
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Pendant un peu plus de deux ans, il a remué ciel et terre pour faire libérer sa mère. Sophie Pétronin, 73 ans, enlevée le 24 décembre 2016 à Gao, dans le nord du Mali, et aujourd’hui seule otage française dans le monde. Dans un livre à paraître le 2 mai (Ma mère, ma bataille, Fayard, 226 pages, 19 euros), Sébastien Chadaud-Pétronin raconte… et accuse. Il livre les dessous des tractations qu’il a menées avec nombre d’intermédiaires en France, au Mali, au Niger ou en Mauritanie. Les autorités, qui ont souvent semblé accompagner ses efforts tout en freinant parfois ses ardeurs, lui ont surtout, estime-t-il auprès du JDD, mis des bâtons dans les roues. Il est convaincu qu’au sommet de l’État, il n’a jamais été question d’envisager une solution négociée. "Ma mère est sacrifiée car on ne veut pas discuter, voilà", lance-t-il.

Il explique qu'un intermédiaire malien lui a proposé en décembre d libérer sa mère moyennant une "somme à six chiffres", dix fois inférieure à ce qui se pratique. Il en veut au Quai d'Orsay. "On m’a demandé de m’écarter, et je m’aperçois que c’est parce qu’on a pris la décision à ma place, dénonce-t-il encore. La décision de sacrifier ma mère."

Le fils de l'otage garde un "tout petit espoir"
"En refusant cette offre, et en refusant surtout d’entamer une discussion - car c’est le principe même de la négociation qui a été rejeté -, les autorités ont montré clairement que la seule option retenue par le chef de l’Etat était l’option militaire", affirme encore Sébastien Chadaud-Pétronin.

Il raconte également la relation qu'il a eue avec les djihadistes : "Ils m’ont à plusieurs reprises et de manière assez insistante demandé de me convertir. Je ne me convertis pas, et je ne les aime pas. Je ne les excuse pas pour ce qu’ils ont fait, je suis lucide [...] Simplement, ils ne trichent pas, ils ne mentent pas. Je ne peux pas en dire autant des représentants du Quai d’Orsay."

Les djihadistes ne mentent pas. Je ne peux pas en dire autant des représentants du Quai d’Orsay.

Pour autant, Sébastien Chadaud-Pétronin garde espoir pour sa mère enlevée en 2016 : "Jusqu’à preuve du contraire, ma mère n’est pas morte." "Mais cet espoir est tout petit, ajoute-t-il. Et la sanction va être lourde. Si je perds, ma mère meurt."

De leur côté, les diplomates et les agents qui travaillent depuis trois ans à la libération de Sophie Pétronin se disent "écœurés" par les accusations de son fils. Une source haut placée assure que le fils de Sophie Pétronin n’a pas été "manipulé", comme il le prétend, par les services de l’État. Mais qu’il ne comprend pas à quel point les ravisseurs se servent de sa détresse et de sa détermination comme d’un bouclier.

Pour lire les confidences exclusives de Sébastien Chadaud-Pétronin, retrouvez le JDD en kiosques, en numérique ou sur abonnement.

Source : aBamako

aBamako

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