Faire face à l’urgence sociale

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Le Monde du travail a commémoré ce mercredi la 133ème journée internationale du Travail. Instant symbolique de communion avec les masses laborieuse, mais aussi timing convenu pour mettre à jour le logiciel des doléances syndicales, dans univers pluriel syndical où le dialogue social intervient toujours une épreuve de force. Conséquences les engagements arrachés s’embourbent dans une réalité économique et financière qui n’est toujours à la bombance…

Comme si le discrédit ne doit couvrir que la vache laitière, l’embellie revendicatrice plonge le pays dans une spirale vertigineuse de crises sociales qui, même si on le dit pas assez, impactent gravement la trajectoire des progrès en chantier vers l’émergence.

Des écoles fermées pour cause d’insécurité ou de grève d’enseignant, une administration paralysée par des débrayages quasi-hebdomadaire, des centres de santé et des tribunaux fermés… une angoissante insécurité qui pose une chape de plomb sur la volonté et le désir d’investir ; par-dessus tout cacophonie et une chienlit politique qui prend otage depuis une dizaine de jours le processus institutionnel de mise en place du gouvernement.

C’est dans ces conditions que les travailleurs du Mali ont fêté le 1er mai 2019, avec pour certains plusieurs mois de grève au compteur.

Le monde du travail est en crise. C’est peu de dire que le Mali est en crise social. Plus qu’une crise, notre pays est dans une situation d’urgence sociale. Cette urgence social préoccupe, inquiète et devrait interpeller les partenaires sociaux au premier chef, chaque Malien autant que nous sommes. Elle n’est pas sans rappel et sans rapport avec celles autres que le pays traverse : crise sécuritaire, crise financière et crise politique. Ensemble conjuguées elles ôtent à notre pays toute perspective heureuse en terme de stabilité, de développement et de progrès.

Il est donc urgence de reconstituer l’équipage du Bateau-Mali afin que le capitaine ne soit plus le seul à ramer. Mieux pour qu’il paraît à cette urgence à travers des assises du social plus ouvertes, plus attentives et plus inclusives. Déjà l’objectif du nouveau Premier de parvenir à un nouveau Pacte social est une bonne feuille de route. Reste sa mise en œuvre.

L’erreur serait de répondre aux doléances des travailleurs par le mépris et l’arrogance, comme beaucoup de syndicalistes grévistes ont dénoncé. La faute serait de prendre tous les syndicalistes comme des affamés promptes à trahir leurs bases pour un strapontin ministériel ou administratif. Il conviendra de poser les problèmes à leur vrai niveau et de tâcher de trouver des solutions idoines, en toute responsabilité et en dans un langage de vérité.

Au regard de ses premières déclarations, le challenge n’est pas impossible pour le nouveau chef du gouvernement qui inscrit son action dans le cadre de l’écoute du peuple quant à ses attentes et aspiration et à la diligence à y apporter des solutions dans le cadre du possible.

Par Bertin DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

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