Chef du gouvernement: Un boubou ample pour Boubou Cissé

Nommé Premier ministre, le 23 avril, en remplacement de Soumeylou Boubèye Maïga, dont la tête avait été mise à prix par une frange des religieux et par la menace du vote d’une motion de censure par les députés, Boubou Cissé est loin d’être l’homme de la situation pour rassembler les Maliens autour de l’essentiel. A savoir l’intérêt général.
Le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en nommant Boubou Cissé n’a pas encore mesuré la profondeur de la crise socio-politio- sécuritaire dans laquelle notre pays est plongé depuis l’occupation des deux-tiers de son territoire par des bandits armés qui, à la faveur d’un accord dit d’Alger, sont de retour dans la République avec tous les honneurs aux dépens des autres fils du Mali. Mais il réalise quand même une de ses promesses : à savoir la promotion de la jeunesse durant son second mandat (2018-2023). On se souvient qu’il avait tenu cette déclaration lors de la cérémonie de sa prestation de serment, le 4 septembre 2018 au palais de la Culture Amadou Hampaté Ba.
Personne n’est contre la promotion des jeunes dans la mesure où ceux- ci aspirent à un changement générationnel depuis des années. Mais à condition qu’ils fassent l’unanimité au sein de l’opinion publique nationale. Tel ne semble pas être le cas du nouveau Premier ministre Boubou Cissé, âgé de 45 ans. Il ne semble pas bénéficier de tous les atouts nécessaires pour diriger un gouvernement d’un Mali en crise dont les contestations pourraient à tout moment emporter n’importe quel dirigeant. Le Tigre, Soumeylou Boubèye Maïga, en sait davantage. En temps de paix, il pouvait bien mener à bon port ce bateau et être un bon Premier ministre sans attirer sur lui les foudres de la contestation sociopolitique qui ont eu raison de son prédécesseur.
Mais dans ce contexte hostile, Boubou Cissé porte un habit ample pour relever les défis de la satisfaction des nombreuses attentes de ses compatriotes qui ne ressentent pas encore les fruits de la croissance économique annoncés par lui quand il dirigeait le département de l’Economie et des Finances et des réformes institutionnelles déjà rejetées par des partis de l’opposition et certaines associations de la société civile. Il est loin d’être l’homme de la situation. Et la formation d’un gouvernement dit de large ouverture ou de mission contribuera d’ailleurs à envenimer la situation et à braquer les projeteurs sur lui. Il n’a pas la carrure d’un rassembleur alors que le Mali a besoin aujourd’hui d’un homme de ce calibre pour baisser la tension et faire avancer le pays. Et politiquement, il ne connaît pas le paysage politique et les hommes qui l’animent depuis des années. Alors que tout se joue sur ce terrain. Il n’est pas évident qu’il bénéficie de l’état de grâce dont ses prédécesseurs ont bénéficié.
Ainsi il va directement au charbon, ce qui n’est pas un bon signe pour sa conduite des affaires. Mais s’il joue au boubou (singe) comme son nom l’indique, il pourra se tirer d’affaire au grand bonheur des Maliens.
Yoro SOW

Source : aBamako

aBamako

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