Gestion de la crise de l’école : Une commission de conciliation bientôt à pied d’œuvre

Le groupe de bons offices sera mis en place par le Médiateur de la République afin de trouver une solution à la grève des enseignants. C’est une nécessité impérieuse comme l’a souligné le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, à l’ouverture de la rencontre de haut niveau sur la crise scolaire

La mise en place d’une commission de conciliation pour mettre fin à la grève des enseignants dans les plus brefs délais est l’une des recommandations fortes de la rencontre de haut niveau sur la gestion de la crise de l’école présidée par le Premier ministre Dr Boubou Cissé, le samedi dernier dans la salle de réunion de la Primature. Cette rencontre intervient alors que, depuis plusieurs mois, les enseignants sont en grève et le spectre d’une année blanche a commencé à planer. Face à cette situation, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a instruit le Premier ministre de trouver une solution rapide afin de sauver l’année scolaire en cours et au-delà, sauver l’école malienne. D’où l’organisation de cette rencontre de haut niveau qui a réuni le gouvernement, les partenaires sociaux de l’école, les notabilités, les religieux et la société civile.

Le chef du gouvernement avait ses côtés Dr Témoré Tioulenta, ministre de l’Education nationale, Oumar Hamadoun Dicko, ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Pr Mahamadou Famanta, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Yaya Sangaré, ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du gouvernement et Baba Hakib Haïdara, Médiateur de la République.

Dans son discours introductif, Dr Boubou Cissé a remercié les participants qui ont répondu à son appel afin de trouver des solutions pertinentes pour sauver l’école malienne. Il a fait appel aux ressorts culturels de la nation malienne et à la conscience collective de l’ensemble des acteurs. « Je pense que chacun ici est conscient que notre pays, notre cher Mali traverse une zone de turbulence.

C’est une période pendant laquelle certains faits et gestes pourraient faire douter de la solidité du Mali en tant qu’Etat, même en tant qu’Etat-Nation. C’est un doute que nous devons chasser, en puisant dans le fond de nous-mêmes, pour faire vibrer le sentiment d’appartenance au Mali, ce sens patriotique qui a permis à nos ancêtres de créer l’Empire du Mali, aux pères de l’indépendance de nous délivrer de l’emprise du colonialisme et d’acquérir notre indépendance, et aujourd’hui à nos vaillants soldats de protéger l’intégrité de notre territoire au risque de leur vie », a développé le Premier ministre.

Pour lui, permettre aux enfants maliens de retrouver le chemin de l’école est une impérieuse nécessité afin de donner une nouvelle impulsion à l’école malienne. «Chacun ici sait que ce qui est important, ce n’est pas de sauver l’année scolaire mais bien de sauver l’école malienne. Mais, il est difficile de sauver l’école malienne si les élèves ne sont pas en classe. Donc, il est important de permettre à nos enfants de reprendre le chemin de l’école pour que la discussion sur l’impulsion du système éducatif et le sauvetage de l’école malienne s’articulent sur le réel», a ajouté Dr Boubou Cissé.

PARTICIPANTS OPTIMISTES – A l’issue de près de quatre heures de discussions, les participants ont affiché leur optimisme pour la résolution de la crise dans les plus brefs délais. Pour le ministre de l’Éducation nationale, cette rencontre a été conviée afin que les Maliens, dans une configuration élargie, comprenant des notabilités, des légitimités, les partenaires sociaux de l’école et de la société civile, se concertent autour de la grève des syndicats qui est de nature à perturber l’année scolaire et à la menacer. « Les propos des uns et des autres sont allés dans le sens de l’inquiétude et de l’espoir ; l’inquiétude dans la mesure où cette grève a duré, perturbé les esprits et semé l’inquiétude ; l’espoir dans la mesure où c’est reconnu que chaque fois que les Maliens discutent, se concertent et décident d’agir ensemble, le Mali est honoré », a expliqué le ministre Tioulenta.

Le Médiateur de la République a indiqué qu’il ne sera pas étonné de voir les élèves reprendre le chemin de l’école et avec eux, les enseignants. Son optimisme est fondé sur la nature des débats, des propositions, des engagements des uns et des autres. « Les entretiens que j’ai eus avec les syndicats après une visite de courtoisie le vendredi dernier me donnent bon espoir qu’ils vont adhérer aux propositions qui seront faites parce qu’à l’évidence, j’ai rencontré des collègues enseignants qui étaient de bonne foi, qui, autant que nous, ont souci du devenir du Mali à travers sa jeunesse. Je crois que très bientôt, de très bonnes nouvelles vont parvenir à la République », a-t-il laissé entendre. Pour Baba Akhib Haïdara, « il n’y a plus de blocage, il y a des pistes de solutions qu’il faut affiner pour que ce qui va être proposé soit accepté par les enseignants et soutenable par le budget d’Etat ».

Boureïma Allaye Touré, président du Conseil national de la société civile, a estimé que toutes les propositions faites lors de cette rencontre sont excellentes. Parmi celles-ci, la mise en place immédiate d’une commission de conciliation. « C’est une grande avancée. Cette commission va être mise en place par le Médiateur de la République pour utiliser nos valeurs sociétales et éviter la crise de confiance qui s’installe entre l’Etat et les composantes de la société. Nous sortons confiants que dès la semaine prochaine, l’école malienne va reprendre. C’est le Mali entier qui souhaite que les enseignants reprennent le chemin de l’école », a précisé M. Touré.

Le ministre Yaya Sangaré, quant à lui, a assuré que les points de blocage sont en train d’être levés car le gouvernement a montré sa volonté d’aller au dialogue, mais également à des négociations dans le seul cadre de la loi et dans les possibilités budgétaires de l’Etat. «Chacun doit comprendre aujourd’hui que l’Etat fait face à beaucoup de priorités liées à l’état même dans lequel le pays se trouve.

Nous sommes un pays en guerre et le budget de l’Armée a été relevé à plus de 20%. Nous versons ces revendications des enseignants dans un ensemble de crises auxquelles, le pays fait face », a déclaré le ministre Porte-parole du gouvernement. Il s’est dit convaincu qu’avec l’implication de tous les acteurs, y compris l’AEEM, l’AMS-UNEEM, les leaders religieux, les familles fondatrices de Bamako, la société civile, une entente se dessine pour sauver l’année en cours et même l’école malienne. Car pour lui, il ne s’agit pas seulement de sauver l’année en cours mais de sauver l’école malienne. «Les mesures sont en train d’être prises et tous les acteurs sont d’accord qu’il faut aller vers cela. Il s’agit de mettre en place une commission de conciliation pour que l’école puisse reprendre rapidement et une commission de bons offices, pour que nous revenions à nos fondamentaux, aux valeurs qui ont fondé ce pays, accepter de concéder au nom du Mali, au nom des enfants parce que le spectre de l’année blanche qui plane est très dangereux pour le Mali tant au plan pédagogique qu’économique », a souligné le ministre Yaya Sangaré.

Il a également insisté sur le fait qu’une année blanche causerait énormément de dégâts sur le plan économique puisque l’Etat ne pourrait pas faire face à la rentrée scolaire 2019-2020. Sur le plan politique, préviendra, une année blanche jouerait aussi sur l’image du Mali dans la sous-région et auprès de ses partenaires. « Je crois que nous nous acheminons vers une sortie de crise puisque des prédispositions existent de part et d’autre et ce serait mieux pour le pays, pour les enfants et pour l’ensemble des partenaires », a-t-il indiqué.

Le secrétaire général de l’AMS-UNEEM, El Hadj Seydou Patrice Dembélé, s’est également dit convaincu que la crise va prendre fin cette semaine et que les enfants vont reprendre le chemin de l’école.

Dieudonné DIAMA

Source : aBamako

aBamako

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