IBK : « l’opposition croyait me tenir par la barbichette, c’est moi qui la tient désormais par la moustache »

C’est un IBK détendu, presque rajeuni de 30 ans, que nous avons rencontré, dimanche dernier, en milieu de journée, dans son Palais de Sébénikoro, pour la traditionnelle interviou hebdomadaire. Comme vous allez le constater, il n’a esquivé aucune question.
Bonjour, Mr le président…

Bonjour Le Mollah, voulez-vous prendre le petit- déjeuner avec moi ?

Non merci, je viens d’en faire autant.

Avec votre traditionnel plat de « tô » couché que ta femme te réchauffe tous les matins avec du beurre de karité ?

Oui, c’est bien cela, Mr le président.

Je comprends, maintenant, pourquoi tes questions sont, souvent, bizarres, voire bizarroïdes

C’est à dire ?

C’est à dire que vous ne pouvez pas me poser de bonnes questions, quand tous les matins vous vous enivrez de « tô » mariné avec du beurre de karité. C’est logique : quand on mange bien, on pose de bonnes questions. Et quand on mange mal, alors on pose des questions bizarres. Surtout, quand le « tô » et le beurre de karité te montent aux narines.

Mr le président, que répondez-vous à ceux qui jugent le gouvernement « Boubou Ardo Galo » pléthorique ?

Ce sont, surtout, ceux qui n’ont pas été appelés à la mangeoire qui parlent ainsi. S’ils y figuraient, ils n’auraient jamais eu un jugement aussi sévère contre ce gouvernement, issu d’un savant dosage. C’est un brassage de toutes les sensibilités politiques et sociales de notre pays.
On y trouve un peu de tout : opposition, majorité présidentielle, société servile, pardon civile… Et comme signe d’ouverture de mon régime, j’ai nommé mon pire opposant, Tiébilé Dramé, à la tête de la diplomatie malienne.

Est-ce que ce n’est pas un piège tendu à l’opposition ou, à tout le moins, à celui que vous appelé votre « pire opposant » ?

Bien sûr que c’en est un ! Ce n’est pas le même Tiébilé Dramé qui, à travers ses réseaux en France, vilipendait mon régime en le traitant de tous les noms d’oiseau, à cause, notamment, de la gestion faite de la crise ?
Maintenant qu’il est chef de la diplomatie malienne, on verra comment il va s’en sortir.

Donc, comme dirait l’autre, à malin, malin et demi ?

Vous avez très bien compris. En tout cas, l’opposition n’aura plus le toupet de qualifier mon régime d’incompétent. Elle y est jusqu’aux narines. Mon échec, c’est aussi son échec. Si, avant, mes opposants croyaient me tenir par la barbichette, aujourd’hui, c’est moi qui les tient par la moustache.

Comment cela ?

En me proposant un « accord politique », assorti d’une feuille de route, l’opposition croyait me mettre dos au mur. En bon politicien, j’ai modifié leur proposition en ma faveur, avant de la leur retourner pour voir leur réaction.
Car, je savais que, tout ce qu’ils souhaitaient, c’était d’être ministres. Ils parlaient trop, criaient trop fort, parce que la plupart d’entre eux étaient dans la galère. Certains faisaient comme toi, Le Mollah : leur petit-déjeuner n’est ni du café au beurre, ni du foie sauté aux champignons, encore des pâtées ; mais du « tô » couché, chauffé avec du beurre de karité.

Voilà pourquoi, mes opposants ont accepté l’accord politique remanié que je leur ai proposé. Tu connais la suite.
Mieux, désormais, ils m’obéiront au doigt et à l’œil. En un mot, ou en cent, je suis peinard. Comme vous pouvez le constater sur mon visage, qui a retrouvé son charme de mes 40 ans.

Et votre « Dôgô Fari », Soumi-champion, croyez-vous qu’il va se tenir à carreau comme ses compagnons d’infortune ?

Privé qu’il est de ses principaux lieutenants, comme Tiébilé Dramé et Amadou Thiam, il le fera. D’ailleurs, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, mes opposants sont grillés. Politiquement, s’entend. Personne ne prendra leurs déclarations au sérieux. Tout le monde dira que j’ai accepté leur « accord politique » dans le but évident de les associer à la gestion du pays.

Donc, tout me sourit, désormais. Tout ce que je touche devient de l’or. Merci à Allah Soubhana Watallah d’avoir exaucé mes vœux, en clouant le bec à mes opposants, qui s’apprêtaient à me rendre la vie infernale.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

Source : Canarddechaine.com

Source : aBamako

aBamako

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