Répartition de structures entre les différents ministères : Entre chevauchements et risque d’inefficacité de l’action gouvernementale

Après la formation du gouvernement Boubou Cissé, l’un des faits majeurs qui a retenu l’attention des observateurs les plus avertis de la scène politique est la répartition des services centraux, des services rattachés et des organismes personnalisés entre les différents départements ministériels parce que certains ont été complètements dépouillés de plusieurs de leurs structures traditionnelles tandis que d’autres ont été renforcés par des structures dont la gestion engendrera certainement des difficultés. S’y ajoutent d’éventuels chevauchements entre les différents ministères surtout avec l’éclatement de ceux-ci.

Parmi les départements ministériels qui ont été presque vidés de leur substance, nous pouvons citer par exemple, le ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté. Celui-ci avait traditionnellement la gestion des certaines structures comme l’Institut national de la prévoyance sociale (INPS), la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS), la Caisse nationale d’assurance maladie (Canam) et l’Agence nationale d’assistance médicale (Anam).

Contre toute attente, ces structures ont été rattachées au ministère de la Santé et des Affaires sociales en plus de ses structures traditionnelles. De l’avis des observateurs, le ministre de la Santé pourra-t-il s’occuper réellement de la gestion de ces services de trop quand on sait que la gestion de la santé des Maliens à travers notamment celle des hôpitaux a toujours été un véritable casse-tête pour les ministres qui se sont succédé à la tête du département de la Santé.

Ensuite, avec l’éclatement du ministère de l’Economie numérique et de la Communication en deux département notamment le ministère de l’Economie numérique et de la Prospective et le ministère de la Communication, il existe déjà des chevauchements. En effet, dans la répartition des services rattachés, la gestion des deux opérateurs privés de téléphonie (Orange et Telecel) a été confiée au département de l’Economie numérique. Tandis que celle de l’opération historique (Sotelma) revient au ministère de la Communication. Alors que ces trois structures évoluent dans le même secteur d’activité. Quelle gymnastique a permis de faire une telle répartition ? Quel est l’objectif visé à travers celle-ci ? Déjà nous pouvons dire sans risque de nous tromper que le chevauchement entre ces deux départements est d’une évidence qui crèverait les yeux.

Un autre fait a retenu beaucoup l’attention de plus d’un, c’est le fait de rattacher l’Office malien de l’habitat (OMH) au ministère de l’Economie et des Finances alors qu’il existe tout un département dédié à la question de l’habitat. Le patron de l’hôtel des Finances qui se trouve être le Premier ministre aura-t-il le temps nécessaire de coordonner l’action gouvernementale, d’assurer l’exécution correcte du budget et s’occuper en même temps de la gestion de ces structures qui pouvaient en principe revenir à leur département d’origine. Cela permettra une gestion efficiente et rationnelle de celles-ci.

Pourquoi tout ce chamboulement au niveau de la répartition des services entre les départements ministériels ? Existe-t-il une crise de confiance au sein de l’équipe de Dr. Boubou Cissé ? Seuls le Premier ministre et le président IBK pourront édifier les Maliens sur les réelles raisons de ce jeu de chaises musicales. Car, nos compatriotes ont réellement besoin des explications sur la pertinence de cette gymnastique.

Boubacar Païtao

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Source : Maliweb

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