354 Millions détournes à L’Office du Niger: le ministre Baber Gano sur le gril!

Trois structures de contrôle passent, en ce moment, au peigne fin, le détournement de près de 400 millions de F CFA opérés entre la Direction Générale de l’Office du Niger et le Cabinet de Maitre Baber Gano, nommé en début de mois Ministre de l’Intégration Africaine. Ce dernier risque gros, pour la suite de ce forfait, eu égard à l’Accord Politique signé entre le Premier Ministre, les partis politiques et la société civile.
Au départ, un contrat d’assistance judiciaire, entre le cabinet de Maitre Baber Gano et l’Office du Niger son client, pour 15 millions de F CFA l’an, s’est mué en 2016 et 2017 sur une importante opération de sortie d’argent au bénéfice de ce dernier, à concurrence de 354 865 622 F CFA, sans support de base ! Les caisses de l’entreprise au rouge, le Syndicat Autonome de l’Office du Niger, qui n’a pas eu une explication concrète de ce détournement de fonds, pendant que les allocations familiales des 700 agents étaient en souffrance, a saisi les structures de contrôle sur cette opération frauduleuse qui sent, d’ailleurs, un montage financier fictif et grotesque.
Au lieu de défendre l’Office du Niger, en proie à un redressement fiscal de 3, 5 milliards de F CFA, l’avocat Baber Gano qui gagnait déjà 15 millions de F CFA par an pour ses assistances judiciaires a transformé cette dette de l’Office du Niger comme si c’était une rentrée d’argent pour l’entreprise, parce qu’entre temps, le Ministère des Finances, dans le litige entre les Impôts et l’Office du Niger a décidé de le régler à l’amiable, en faisant une compensation (un simple jeu d’écriture comme les initiés fiscaux le savent). Et le boulimique avocat, ainsi que ses complices, se sont arrogés les 10 % de cette compensation en dérobant 354 865 622 F des comptes de l’entreprise. Et pour ne pas éveiller de soupçons sur la transaction financière, au bénéfice d’une seule personne, en l’occurrence Baber Gano, chez un des banquiers de l’Office du Niger, la sortie d’argent a été opérée, en moins de 3 mois, dans trois banques différentes (ECOBANK, BDM.SA et BNDA, respectivement de 145 millions, 109 millions et 100 millions). Une véritable saignée qu’il était d’ailleurs difficile de justifier, tant est que l’Office du Niger n’a pas bénéficié d’ailleurs de l’argent frais pour qu’un intermédiaire s’octroie 10 % du montant. Surtout encore, que cuisinés par les limiers des structures de contrôle, les financiers de l’Office du Niger avoueront bien que l’entreprise dispose déjà, sous contrat d’ailleurs, un conseiller fiscal à qui il revenait de faire ce genre d’opération. Et c’est là que les structures de contrôle (Autorité de Régulation des Marchés, Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite, Vérificateur Général) découvriront la supercherie qui a entouré ce montage financier, assez léger des auteurs. En effet, ils ont brandi une décision de compensation de redressement fiscal signée, pour ordre, par la Secrétaire Générale du Ministère des Finances à l’époque, Zamilatou Cissé, datée du 20 Décembre 2016, suite à une Lettre de demande du PDG Office du Niger datée du…..27 Décembre 2016 ! Et comme les factures de Baber Gano, ainsi que les lettres de virement bancaire de l’Office du Niger au compte bancaire de l’avocat datent elles aussi du 20 Décembre, on peut deviner, comment à la hâte, ces faussaires ont pu travailler leur opération.
La semaine dernière, les mis en cause (PDG Office du Niger, ses financiers et son service juridique) ont fait l’objet d’une audition chez l’Autorité de Régulation des Marchés où ils n’ont pu rien trouver comme justificatifs que l’opération étant frauduleuse, si elle s’ébruitait, amènerait les bailleurs de fonds à se désengager de l’entreprise ! Trop molle comme réponse, le Vérificateur Général est aussi au stade des auditions avec le Syndicat, pour la défense des intérêts des travailleurs, des travailleurs qui voient chaque jour l’entreprise tombée dans un précipice jamais vécu. Le Syndicat Autonome de l’Office du Niger vient d’ailleurs de saisir le Ministère de la Justice pour que la Direction Générale de l’Office du Niger respecte la Constitution Malienne, en résiliant le contrat d’assistance judiciaire de Baber Gano, au bénéfice de son Article 58 qui est très explicite : « Les fonctions de membres du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à l’échelle nationale ou locale, de tout emploi public ou de toute activité professionnelle et lucrative…
Lui-même Baber Gano, Ministre donc de l’Intégration Africaine, depuis le 5 Mai dernier, a conscience également des clauses de l’Accord politique que Boubou Cissé a signé avec l’ensemble des partis et regroupements politiques ainsi que la société civile. Cet accord, outre que parmi les missions assignées au nouveau gouvernement du Premier Ministre, Boubou Cissé se trouve « l’assainissement et la gestion rigoureuse des finances publiques, le tout soutenu par une lutte implacable contre la gabegie, la corruption et l’enrichissement illicite « (Article 3) précise, dans le dernier aliéna de l’Article 4 qu’en cas de faute professionnelle pouvant entacher la réputation du Gouvernement ou d’un crime ou délit flagrant, le Premier ministre et le regroupement dont est issu le ministre concerné, se concerteront pour proposer son remplacement au Président de la République.
Boubou Cissé, convaincra-t-il alors dans ce dossier ceux qui veillent sur cet accord comme du lait sur le feu ?
Nabila Issa (Source : Devoir de Vérité du Lundi 27 Mai 2019)

Source : aBamako

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