Manif contre le QG du G5 Sahel à Bamako: la détermination des femmes du camp de Kati

C’est hier après-midi que les femmes de militaires, accompagnées des jeunes, ont levé leur sit-in devant le Quartier général (QG) de la Force conjointe du G5 sahel au Mali. Une manifestation qui a précédé celle des jeunes de Badalabougou qui, non plus, ne veulent pas de cette base chez eux. A l’issue de deux jours de sit-in, les femmes ont menacé de retourner tout casser, si la Force du G5 sahel persistait dans sa décision de garder son QG à Bamako, ou dans n’importe autre ville, loin du front de guerre.

Pendant deux jours, les manifestants ont barré la route menant au pied de la colline et installé un campement de fortune devant l’entrée. On pouvait lire sur les banderoles : ‘’allez au front’’, ‘’les bureaux climatisés ne sont pas votre place’’, ‘’vive l’armée malienne’’, ‘’Bamako dit non au siège du G5 sahel’’, ‘’Refus catégorique’’.

Pour Mme Djénéba KEITA, présidente des femmes de militaires maliens et l’une des organisatrices du sit-in, la protestation ne finira pas tant que le QG de la Force régionale restera à Bamako. « Nous ne voulons pas du G5 ici. Leur objectif est de lutter contre les terroristes. Ils n’ont qu’à prendre la direction du nord du Mali, et non venir rester à Bamako », a-t-elle déclaré.

Comme pour enfoncer le clou, Maïmouna KANTE, une veuve de militaire, a affirmé de son côté qu’aucun militaire de cette force n’a sa place à Bamako. « Il faut que les militaires du G5 partent au front. Ils ne doivent pas rester ici. Nous ne voulons pas du G5 Sahel ici, j’insiste. Leur objectif est de lutter contre les terroristes. Ils n’ont qu’à prendre la direction du nord du Mali, et non venir rester à Bamako ».

La présidente des femmes de camp de Kati, à cet effet, a indiqué qu’elles ont des raisons spécifiques pour chasser la Force du G5 Sahel de Bamako. « Nous avons quatre raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas laisser cette force et ses militaires chez nous ici à Bamako. La première raison, c’est que c’est la Mauritanie qui préside cette force n’abrite pas son QG. Pourquoi ne pas aller en Mauritanie, si c’est un Mauritanien qui préside le G5 Sahel ? Avez-vous déjà appris que la Mauritanie a une fois subi une attaque terroriste ? Si cette réponse est négative.

La deuxième raison de cette manif, c’est que la plus grande université du Mali se trouve dans les parages où ils veulent installer leur QG. « C’est pour attirer les terroristes pour tuer nos enfants et pourquoi pas détruire définitivement cette université ? Cette décision de déménager à 0 mètre de cette université qui a formé la plupart de nos cadres valables aujourd’hui dévoile la face cachée des forces étrangères chez nous au Mali. Donc qu’ils débarrassent ces lieux qui sont stratégiques pour notre pays », a-t-elle ordonné.

La troisième raison, poursuit-elle, c’est que cette force est là pour affaiblir notre armée. « L’État malien a débloqué à 16 milliards de FCFA pour le G5 Sahel. Les soldats maliens sont traités comme des orphelins au front. En tant qu’enfants, épouses et mères de militaires, on ne cautionne pas que ces gens viennent vivre chez nous comme des rois pendant que nos progénitures sont dans la misère au front. Si on donnait ces 16 milliards aux soldats maliens, ils allaient libérer le Mali. Nous voulons que les Maliens sachent que cette histoire de G5 Sahel n’est autre chose que de soutirer l’argent au Mali au profit des gens qui ne sont pas venus pour nous aider. Je le dis haut et fort, ils ne sont pas là pour nous aider. Sinon, pourquoi ne pas aller se baser au Centre ou au Nord ? S’ils sont venus pour la guerre, qu’ils aillent sur le terrain, pas dans les chambres climatisées à Bamako », a-t-elle martelé.

« La quatrième raison est que nous sommes des femmes et on veut la paix chez nous. Tant que ces forces du mal sont chez nous, la paix sera un rêve chez nous. Notre motivation n’est rien d’autre que la paix. Que ces gens-là nous aident sincèrement ou qu’ils partent », a-t-elle dit, avant d’avertir les plus hautes autorités et leurs partenaires qu’elles ne baisseront pas le bras avant le déploiement total de la Force du G5 Sahel sur les différents fronts de guerre au Mali. « Nous sommes là. Ce n’est pas une menace, nous allons mettre le GQ de la Force à sac, si toutefois elle insistant à s’installer dans la capitale. D’ailleurs, nous allons les poursuivre où ils vont se baser si ce n’est pas un front de guerre », a-t-elle pourtant menacé !

Signalons que, le Quartier général de cette Force qui a été lancée en 2017, à Sévaré, dans le centre du Mali, a été frappé le 29 juin 2018 par une attaque jihadiste et a déménagé par la suite à Badalabougou.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : aBamako

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