Ousmane Sy : « Le dialogue doit être à la hauteur de nos problèmes »

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Pour l’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le processus de dialogue politique inclusif en cours est une bonne chose. «Je fais partie de ceux qui pensaient qu’avant même d’aller à l’élection présidentielle de 2018, il fallait faire le dialogue. Notre pays est dans une crise très complexe et profonde. Quand un pays arrive à un tel niveau de rupture, il n’y a pas d’autres voies que le dialogue», soutient-il, se réjouissant du fait que beaucoup d’acteurs politiques ont compris que le dialogue est le chemin incontournable pour maîtriser cette crise et donner des réponses maliennes.
Ousmane Sy rappelle que ce n’est pas la première expérience de dialogue au Mali. Il y a eu la Conférence nationale qui était une modalité de dialogue ayant permis au Mali de trouver sa voie. Il a aussi rappelé que dans le parcours de la IIIè République, le Mali a connu plusieurs modalités de dialogue. Compte tenu de la profondeur de la crise actuelle, l’ancien ministre pense qu’il faut de préalables pour le dialogue envisagé par les autorités. A ce propos, il suggère de prendre le temps de réfléchir pour déterminer le type de dialogue qu’il faut.
Par ailleurs, notre interlocuteur estime que les acteurs politiques doivent faire de cette crise, une opportunité pour changer les choses, comme souhaité par les Maliens. «Il faut que ce dialogue soit un vrai dialogue à la hauteur des problèmes », insiste Ousmane Sy qui pense que le dialogue commence au niveau des communes à travers des concertations citoyennes pour laisser s’exprimer l’ensemble de la diversité du pays, de Kayes à Ménaka, de Kadiolo à Taoudénit. « Il faut que tous ceux qui constituent la population malienne se fassent entendre…», préconise-t-il, ajoutant qu’à l’issue de ce processus à la base, il faut aller aux niveaux cercle et région pour faire des écoutes qui vont finir par une synthèse nationale.
Les décisions qui vont être prises à l’issue du dialogue doivent être les plus consensuelles possibles afin qu’elles durent dans le temps, souligne Ousmane Sy pour qui, la crise que traverse le Mali n’est pas que politique, elle est aussi institutionnelle, économique et sociale.
Autre avantage du dialogue, dit-il, les solutions pourraient être présentées aux partenaires comme étant celles des Maliens. Cela permettra aussi aux dirigeants d’être forts face aux partenaires extérieurs et d’avoir des arguments pour défendre les décisions et reformes qu’ils comptent entreprendre.
Ousmane Sy se réjouit en outre du fait que le président de la République ait confié ce processus à des personnes apolitiques et qui ne sont pas mêlées à des querelles partisanes. Pour lui, cela met beaucoup de sérénité dans le processus car le dialogue a besoin de médiateurs qui ne sont pas partie prenante du jeu politique.
A propos de la prorogation du mandat des députés, M. Sy trouve cela dommage car elle enlève du crédit aux institutions. D’après lui, le grand problème que la démocratie malienne rencontre est la faible légitimité des institutions. Devant l’obligation de proroger le mandat des députés, l’ancien ministre pense que le gouvernement devrait s’y prendre à l’avance, arguant que depuis trois à quatre mois, tout le monde savait qu’il serait difficile d’organiser des élections.

Source : aBamako

aBamako

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