Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo à la session du comité du patrimoine mondial de l’UNESCO : Une invite à ne pas faire de l’amalgame par rapport à la crise au Centre

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« Les destructions et les dégradations observées dans les différents villages sont le résultat des manœuvres de déstabilisation des communautés Peul et Dogon par les groupes terroristes » tel était le cri de cœur de Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, en s’adressant à cette auguste assemblée

Saluant l’excellent travail abattu par le pays hôte dans l’organisation, le ministre de la Culture du Mali, a d’abord remercié et félicité son homologue azerbaïdjanais pour l’accueil chaleureux et fraternel réservé à sa délégation. « Je vous remercie de cette opportunité que vous donnez à ma délégation, afin de vous faire le point sur l’état de conservation des Falaises de Bandiagara » a avancé Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo.

Rappelant la genèse de la crise politico-sécuritaire que traverse notre pays, elle expliquera qu’elle remonte en 2012, avec des attaques répétitives des groupes rebelles. Celles-ci seront transformées en jihad par l’intervention les groupes terroristes, cherchant à instaurer la charia dans cette partie du Mali. Cette crise du Septentrion sera transportée dans le Centre où se trouve un important bien de notre patrimoine culturel
Aujourd’hui, le Centre du pays, est en grande partie en proie à des conflits qui, en plus des pertes en vie humaines sans précédent dans notre histoire contemporaine, ont des conséquences sur l'ensemble du patrimoine culturel qui caractérise ce site, qu'il s'agisse du patrimoine bâti, des objets culturels ou des pratiques et expressions culturelles. « Nous l’avons noté dans les villages de Koulongo, Ogosagou, Sobane Da, Yoro, etc., qui ont été attaqués, pour ne citer ces exemples. Hier encore, pendant que nous dînions, le village de Saran dans la Commune rurale de Ouenkoro dans le Cercle de Bankass, a été la cible des terroristes » a déploré Mme le ministre de la Culture.
En effet, a t-elle expliqué, tous les villages attaqués possédaient des greniers, des cases de femmes menstrues, des cases à palabre (toguna), des lieux de culte, qui ont été ou dégradés, ou entièrement détruits. Ces éléments sont non seulement des attributs importants de la valeur universelle exceptionnelle du bien, mais ils structurent le tissu social des communautés vivant en paix, malgré leur grande diversité culturelle et cultuelle.
Suite à un appel du gouvernement malien, le Conseil de sécurité s’est mobilisé pour apporter des réponses à ce nouveau cycle de violence en décidant, dans sa résolution 2480, d’étendre le mandat de la MINUSMA dans les nouvelles zones en proie à ces violences qui ne font pas honneur aux valeurs civilisationnelles du Mali s’est félicitée Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo.

Le cas malien est un cas d’école pour le Comité, comme l’a si bien dit le Président du Conseil exécutif, lors de l’ouverture officielle de cette session a t-elle estimé. « Le Mali est reconnaissant de votre appui à la reconstruction des mausolées de Tombouctou. Aussi mon pays est-il prêt à partager son expérience de réhabilitation du patrimoine culturel intentionnellement endommagé pour qu’elle serve de source d’inspiration dans un monde en crise où le Comité doit trouver de nouvelles réponses » a souligné Mme le ministre de la Culture.
« C’est dans l’adversité, dit-on chez moi, que l’on reconnait ses amis. Et je suis confiante, Monsieur le Président, chers membres du Comité, qu’aucun défi, quelque que soit sa taille, grand soit-il, n’est au-dessus de notre créativité, de notre intelligence collective et de notre capacité à faire triompher l’art et la culture sur la barbarie et l’obscurantisme » a conclu Mme NDiaye Ramatoulaye Diallo sous un tonnerre d’applaudissements.

Diakalia M Dembélé

Source : aBamako

aBamako

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