Après 4 années de tribulations : Qui pour diriger la Femafoot ?

Championnat national en régime de stagnation forcée et coupe du Mali irrégulière au point de jeter l’impasse sur la compétitivité des sélections nationales ainsi que sur la carrière de ses jeunes talents. S’y ajoute un couperet de disqualification sans cesse brandi en épouvantail contre un public désemparé devant une dramatique crise insoluble et perçu comme une fatalité. Ainsi peut se résumer le destin sordide qui affecte le football malien depuis une demi-décennie environ. Un tournant décisif s’annonce, néanmoins, après que le Comité de normalisation (CONOR), incarnation accomplie de ce noir tableau, a franchi une étape très déterminante dans le processus de sortie de crise, en fixant notamment les dates de l’assemblée générale ordinaire et des assises électives de la Fédération malienne de football. Déjà effective, la première échéance aura consacré la levée définitive de certaines équivoques, en accordant notamment les violons autour des règles du jeu électoral longtemps hypothéquées par la raideur des protagonistes. Avec l’assemblée générale statutaire de juin et juillet derniers, en effet, un pas de géant aura été effectué sur le terrain de la décrispation, en attendant toutefois de surmonter avec autant de brio l’épreuve suivante : la bataille pour le contrôle de l’instance dirigeante de la Femafoot.
À la mesure des enjeux qu’il renferme, le sujet polarise les efforts et stratagèmes et – à la différence du précédent épisode – se caractérise à tout le moins par l’immuabilité des positions et ambitions. En clair, près de deux années après la dernière tentative ratée de renouveler le Comité exécutif de la Femafoot, le chapitre s’ouvre à nouveau avec le même duel entre les principales tendances qui se disputent l’essentiel de la mise. Il s’agit de celles de Salaha Baby et de Mamoutou Touré «Bavieux», deux candidats qui se démarquent d’un autre lot de prétendants dans le rôle de trublions. Dans tous les cas, les candidatures fantaisistes risquent de ne point dépasser l’étape du dépôt des candidatures dont la date limite arrive à terme ce lundi après-midi. Car, faute de parrainages, elles seront frappées d’invalidation à coup sûr et déclarées inéligibles au starting-block de la course aux suffrages qui agite actuellement les démembrements de la Fédé. Ligues régionales et clubs d’élite, autres autres, sont en effet fortement mouvementés et subissent les bourrasques d’une adversité aveuglante au risque de laisser les sublimes enjeux à la merci de desseins futiles. Or, le meilleur parti qu’on puisse tirer du long passage à vide infligée au football malien, c’est de percevoir sa longue traversée du désert comme le recul qu’il fallait pour effectuer un bond curatif et conjurer le mauvais sort. Ses acteurs seraient en définitive mieux inspirés en tirant les enseignements les plus utiles des coups tordus de l’histoire et en se rachetant de leurs dérives par un choix fondé sur des critères plus objectifs et plus sublimes que les habituelles collusions d’intérêts claniques. Ainsi, avec une notoriété fortement affectée par la crise, l’habileté, l’expérience et la prestance constituent des qualités d’autant plus indispensables qu’elles répondent au besoin crucial de faire redorer le blason du foot malien par une personnalité d’envergure aux yeux des instances internationales du foot. Au demeurant, le Mali ayant toujours impressionné par l’exportation de grands talents en maîtrise des rouages internationaux dans ce domaine, on ne saurait raisonnablement déroger à la tradition par l’émergence de personnalités de moindre relief. La future équipe dirigeante de la Femafoot devrait tout aussi bien se distinguer par une perception de la crise dans la plénitude de ses mesure et dimensions, ainsi que par un sens de la responsabilité et d’ouverture assez prononcé pour transcender les différences. Au nom d’une dose de convivialité sans laquelle le spectre de la vendetta fera toujours obstacle à l’épanouissement de la discipline.

A KEÏTA

Présidence de la femafoot : Encore un duel Salah Baby-Mamoutou Touré en perspective

Voulez-vous briguer la présidence de la Fédération malienne de football ? Si oui, vous avez jusqu’à 16h pour déposer votre dossier de candidature. En effet, la date limite de dépôt des candidatures est fixée à aujourd’hui. L’appel à candidature a été lancé le 26 juin dernier et jusqu’à vendredi 26 juillet, le secrétariat général de la FEMAFOOT n’a enregistré aucune candidature. Si les deux poids lourds Mamoutou Touré « Bavieux » et Salah Baby, qui se sont affrontés lors de l’Assemblée générale avortée du 8 octobre 2017, sont encore candidats, ils déposeront certainement leurs dossiers aujourd’hui.

En octobre 2017, onze dossiers de candidatures ont été déposés sur lesquels neuf ont été rejetés pour défaut de parrainage. Si les textes n’exigent qu’un seul parrainage à l’époque, cette fois-ci, avec la relecture des textes, chaque liste de candidature doit être soutenue par au moins trois membres de la FEMAFOOT et doit obligatoirement inclure au moins une femme sous peine d’invalidation de la liste. Et chaque membre ne peut apporter son soutien qu’à une seule liste.

La montagne du parrainage va-t-elle refroidi les ardeurs de certains prétendants tels notre confrère de l’ORMT, Alassane Souleymane, l’ancien international des Aigles, Soumaïla Coulibaly ou encore Mamadou Makadji «La Voix», un supporter du Stade malien, lesquels ont annoncé leurs candidatures sans réunir les parrainages nécessaires. Selon nos informations, les camps Bavieux et Salah Baby vont officiellement déposer leurs dossiers aujourd’hui. Et tout porte à croire que l’élection du nouveau bureau de la FEMAFOOT sera disputée entre les deux hommes.

À noter que leur Bras de fer intervient dans un tournant décisif pour le football malien plongé dans une crise sans précédent depuis 2015 sur fond de dichotomie entretenue par les deux camps. Face à cette situation, la FIFA a nommé, en janvier 2018, un comité de normalisation à la tête de la Fédération malienne de football. Au bout de ses mandats successifs, les observateurs conviennent qu’une lueur de sortie de crise est amorcée avec l’organisation et la réussite des Assemblées générales de la fédération. Beaucoup estiment que le football malien sortira définitivement de la crise avec l’élection du nouveau comité exécutif, le 29 août prochain.

Le comité exécutif de la FEMAFOOT est composé de 18 membres dont un président, deux vice-présidents et 13 autres membres.

Ousmane CAMARA

Source : Le Débat

Source : aBamako

aBamako

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