Scandale financier de 1,6 milliard FCFA à l’Aéroport du Mali

Des travailleurs déplorent la gestion de l’Agent Comptable Boubacar Mallé et du Directeur Commercial Mamadou Camara

L’audit financier effectué à la Direction Générale de l’Aéroport du Mali (ADM) sur les exercices 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017est édifiant : la gabegie du Directeur Financier Comptable, Boubacar Mallé et du Directeur Commercial, Mamadou Camara, a laissé un trou de 1,6 milliard de francs CFA (1.606.819.334F) dans la caisse.

« Nous avons honte, aujourd’hui, de dire que nous sommes des travailleurs de l’ADM ; car, la structure a perdu son prestige d’antan. Aux détournements des fonds, s’ajoute un désintéressement quasi-général pour le travail d’agent des aéroports du Mali. Sans compter les scandales, qui ne finissent pas de finir au sein de la Direction de l’Aéroport… »

Témoignages accablants

Les gestes hauts et forts, un travailleur de l’ADM résume, en ces termes, la situation désastreuse de sa structure. Et son collègue d’ajouter, ému : « tout ce que nous demandons, à nos autorités, c’est de traduire les auteurs de ces détournements devant la justice. Et à défaut, de nous débarrasser de nos encombrants responsables, le Directeur Financier Comptable, Boubacar Mallé et le Directeur Commercial, Mamadou Camara, qui ont précipité l’Aéroport du Mali dans l’abîme ».

En effet, selon nos sources, l’Aéroport du Mali est dans l’agonie. Détournements à la pelle, corruption, népotisme… seraient à l’origine de la mort prématurée de cette structure, pourtant promue à un bel avenir.

D’abord, la mauvaise gestion. À en croire nos sources, elle va de mal en pis. Et aujourd’hui, de pis en pire.

Pendant les exercices 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017, expliquent nos interlocuteurs, le sport favori du Directeur Financier Comptable, Boubacar Mallé et du Directeur Commercial, Mamadou Camara a été « l’indiscipline budgétaire » qui s’est traduit par la gabegie. Sur la base de documents en main, des travailleurs expliquent le dysfonctionnement du dispositif de contrôle interne de l’Aéroport du Mali. S’y ajoute, le paiement de contrats de travaux, à des personnes physique ou morale, dans des comptes bancaires, différents de ceux indiqués dans les contrats, conventions de nantissement ou actes de cession de créance.

En effet, le Directeur Financier et Comptable des ADM, Boubacar Mallé, n’a pas appliqué les pénalités de retard dues. Suite au retard de 53 jours constaté dans la livraison du contrat de 48,78 millions de FCFA, relatif à la fourniture et la pose de matériels informatiques, il n’a pas appliqué les pénalités correspondant à 1,03 million de FCFA. Il en est de même pour le contrat de fourniture des matériels et équipements de lutte contre le péril aviaire et animalier d’un montant de 84,63 millions de FCFA dont le délai d’exécution était fixé à 120 jours, mais qui a accusé un retard de 191 jours correspondant à 5,39 millions de FCFA. Enfin il n’a pas appliqué la pénalité suite au retard enregistré dans la livraison et la pose d’un groupe électrogène qui a accusé 12 jours de retard, correspondant à 1,81 million de FCFA. Le montant total des pénalités de retard non appliquées s’élève à 8,24 millions de FCFA.

D’embrouilles en magouilles

Autres gaffes relevées dans la gestion de l’Aéroport du Mali: le Directeur Commercial, Mamadou Camara, n’a pas facturé et recouvré l’exhaustivité des créances clients. En effet, le montant de la créance du client MATRIX au niveau de la comptabilité des ADM et du service client est de 336,66 millions de FCFA au 30 septembre 2017. Après reconstitution par les auditeurs, sur la base des conventions et des échéances non facturées, le montant réel de la créance de MATRIX s’est élevé à 891,66 millions de FCFA, soit un écart non facturé de 555 millions de FCFA. De plus, le Directeur commercial, Mamadou Camara, n’a pas facturé en 2017 d’autres clients pour un montant total de 27,37 millions de FCFA.

En raison de ces faiblesses, Mali Air Express (MAE), une société cliente de l’ADM, dont la convention avait été résiliée depuis 2013, a établi un contrat de location d’un espace aéroportuaire avec son partenaire CADG International SARL, qui lui a payé un montant indu de 550 Dollars américains par jour. Le non-respect des procédures de suivi des clients entraîne des retards dans le recouvrement des créances et des pertes de recettes.

Rien qu’au cours de ces différents hold-up financier, les caisses de l’Aéroport du Mali, ont saigné à hauteur de 1,6 milliard FCFA, précisent nos interlocuteurs. Pour qui, le comble de la « mangecratie » à l’ADM est, aussi, le résultat du népotisme érigé en mode de gestion par le Directeur Financier et Comptable, Boubacar Mallé et le Directeur Commercial, Mamadou Camara.

Outre, cette mauvaise gestion, les travailleurs révèlent que l’ADM est malade. Malade de son Directeur financier Comptable et de son Directeur Commercial, dont les magouilles sont de notoriété publique. Malade, aussi, de la corruption et du népotisme, érigés en mode de gestion. Les maux de l’ADM se résument en peu de mots : affairisme, détournements de fonds et gestion clanique des ressources humaines et financières de la boîte.

La preuve : 1,6 milliard de francs CFA manquent à l’appel de la caisse. D’où la recommandation des travailleurs de restituer les sous volés. C’était à l’issue d’une mission d’enquête financière du Vérificateur Général.

Donc affaire à suivre !

Cyrille Coulibaly

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here